‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 180 sur 214 · L'HOTEL DES COMMISSAIRES-PRISEUHS · texte numérisé non relu

L'HOTEL DES COMMISSAIRES-PRISEUHS

P«r tarifs Bolluri.

Hjbiluei de l'Holel des Couuniuaireji-i'riteurv — Origine du genre — f.«ni|> d'u-il »ur l'édifice • — Oiielqur» chiffre». — Droit» perçu*. — IV l'éloquence do comniwairr-priteiir . — Katcination dangereuse de von regard. — l*» rouerie» de l'affiche — D'à». in et r*a — \a-. fameux M. K.. Lr>

' "t/jfurt. — Dit Moniteur décore — l-a lulle j'engage. — Bell ta maiKTUTre* du fameux M. K. . — Défaite du père (irimoud — M-ilheureu>e destinée d'un cbeval *r.ibe — fit vu ilUrd :i lete Itljncbe — Le pelit bomu et V«itnm*«r. — Le trotvnlrur. — \* rr.t<it»r — I.V/a/eur. — |.r raptmvr. — La femm* <lr mrnn°r. — \jr* .hikiioih-* de l'eiieau — Succursale de l.i rue de» Jeùneurv — I on. luvion

Le jour où le gouvernement fit fermer les maisons de jeu, il jela sur le pavé plusieurs centaines d'individus qui ne surent plus où trouver un gîte de midi à minuit. Je ne' parle pas ici des tailleurs, croupiers, employés de la chambre, et autres, qui vivaient d'un salaire connu, régulier, légitime; je parle de ces misérables hères, sans état, sans famille, sans avenir, âgés de quarante à soixante ans, qui, — après avoir humé chaque matin l'atmosphère poudreuse du Palais-Royal, avoir lu les papiers publics, avoir flâné une heure ou deux sous les tilleuls, en dissertant gravement des erreurs du pouvoir, s'être reposés quelque temps sur les bancs de pierre qui bordent les galeries, avoir assisté, les jours de soleil, à la détonation du canon, — s'en allaient, au dernier coup de midi, prendre place autour d'un tapis vert, et là, une pelote et un carton devant eux, une épingle à la main, se mettaient à p'upier douze heures de suite sans boire ni manger.

Pour ceux-là, la maison de jeu était littéralement une salle d'asile, un hospice, un réfuge. Depuis qu'on leur en a fermé les portes, que sont-ils devenus? Hélas! ils ont abandonné le Palais-Royal, ils se sont dispersés, disséminés. Chacun d'eux s'est mis en quête d'un toit qui put abriter de nouveau son oisiveté, sa vieillesse, ses infirmités, et

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sa misère. Ceux-ci, émigrant vers le Palais de Justice, sont allés demander à la cour d'assise ou à la police correctionnelle, un poêle, «les distractions et l'amitié du greffier, autant de bienfaits que n'eussent pu leur accorder les dieux ! Ceux-là sont allés grossir la galerie de certains estaminets, donner leur avis sur un carambolage, et par réminiscence du bon temps, risquer à de rares intervalles, un modique enjeu sur une bille ; d'autres enfin, et ce sont les artistes, les gens comme il faut de la bande, se sont dirigés place de la Bourse, vers l'hôtel des ventes mobilières ; t'est là que nous les retrouverons, assidus à l'encan comme ils Tétaient au trente et quarante, occupant les meilleures places, appelant les garçons de salle par leur nom, familiers avec le crieur, connaissant chaque commissaire, chaque clerc, chaque amateur, chaque marchand ; donnant leur avis à tout propos, faisant des réflexions, des plaisanteries, et quelles plaisanteries! Approuvant, blâmant, mais, règle générale, se gardant bien d'enchérir, encore moins d'acheter. Ce ne sont m des compères, ni des connaisseurs, ni «les curieux, ce sont tout bonnement des habitués, des amis de la maison, souvent incommodes pour le public , mais dont la présence a le mérite de faire nombre et de donner à certaines ventes une physionomie plus animée.

IJ Hôtel des commissaires piiseurs . situé à l'angle de la place de la Bourse et de la rue Notre-Dame des Victoires, n'a guère que onze ans de date; il fut achevé en 18.12.

L'ensemble de l'édifice est satisfaisant, la distribution des salles faite avec intelligence ; mais ce qui frappe à la première vue , ce sont l'exiguïté et l'insuffisance de l'emplacement, l'ouïes les pièces, moins une ou deux, manquent d'air et d'espace ; le nombre en est aussi trop restreint; enfin la circulation à l'intérieur devient souvent difficile, faute de dégagements convenables.

Frappé de ces inconvénients, qui peuvent leur être préjudiciables dans certains cas, plusieurs commissaires-priseurs se sont réunis et ont fondé à leurs frais, rue des Jeûneurs, une succursale dont uous parlerons plus loin.

Le nombre des commissaises-priseurs , pour Paris, est fixé a quatre-vingts ; leurs charges sont transmissibles comme celles de notaire, d'avoué, d'agent de change, etc. Lu tijre nu de conunissaire-priscur est estimé 80, 000 francs environ, prix plus élevé quau-

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