‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 181 sur 214 · I.HOTKL l>KS COM)IISSAIHKS-l'RISEliKK · texte numérisé non relu

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cun aulre de même espèce; mais qui ne paraîtra pas exorbitant quand on saura que la compagnie a consacré et qu'elle met en pratique le principe de la bourse commune. Cette bourse est formée «le la moitié des droits perçus sur toutes 1rs ventes faites par les membres de la société, et cette moitié est répartie, tous les deux mois, par égales portions entre chacun deux. Or, le chiffre des sommes versées dans la bourse commune s'élevanl annuellement de 300 à 530,00(J francs, il en résulte (pie chaque commissaire, avec ou sans clientèle, peut compter sur un revenu de 4,000 francs. Cn titre nu acheté 80,000 francs, représente, comme on voit, les intérêts d'un capital place à cinq.

Les droits perçus par le commissaire-priscui dans les ventes confiées a son ministère sont de deux sortes : droits perçus sur le vendeur, droits jmtçus sur l'acheteur. Les premiers ne donnent aucun bénétîce. Ils ne se composent que du remboursement des avances faites pour le compte du client. «•( de la perception du tarif affecté à la location des salles de 1 hôtel ; tarif qui varie de lu IV. a 30 fr. par vacation, et destiné spécialement a couvrir des frais d'entretien assez considérables.

(pliant aux droits perçus sur l'acheteur, ils consistent dans un prélèvement de cinq pour cent en sus du prix d'adjudication : d'où >! suit que le coinmissaire-priseur est intéressé a vendre le plus et le mieux possible. .Mais vendre quoi? vendre tout ce qui est vendable et même tout ce qui ne l'est pas; vendre des objets qui valent dix. vingt, trente mille francs, et des objets qui ne valent pas cinq centimes. ( i) homme meurt, sa garde-robe est a vendre, le commissaire-pi iseur vend la garde-robe; un créancier est autorisé par juge ment à faire vendre les meubles de son débiteur, le eommissairepriseur Vend les meubles du débiteur; une petite maîtresse veut renouveler sa livrée, un bibliomane se débarrasser de sa bibliothèque, un beau-lils ruiné, réformer son attelage, un ménage en détresse faire argent des trois chaises qui lui restent ; chaises, attelage, ameublement, bibliothèque sont vendus par le ministère du coin missaire-priseur. C'est le eonnnissaire-priseur qui a vendu dernièrement les ours, l'âne, le taureau et les boules-dogues qui tirent si long-temps les délices de la barrière du Combat, font lui est bon, tout est de son domaine, tout, excepte les immeubles, les marchandises neuves et les individus appartenant a l'espèce dite hu-

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maille; encore n'est-ce t|iie depuis peu que la vente des marcliandises neuves lui est interdite, et échappe-t-il a celle interdiction, dans certains cas, et on vertu d'une autorisation des juges-consulaires.

La manière dont le comimssaire-priseiir procède a la conduite des enchères, le vocabulaire dont il use, sou geste, son attitude et sa pose dépendent du genre des objets qu'il met en vente, du public auquel il s'adresse, et même de la salle où il trône. S'agit-il d'une vente de curiosités, d'objets d'art, de tableaux, -c'est toujours dans la plus belle salle qu'elle aura lieu, — le commissaire déploiera Ion!

ce qu'il a de zèle, d'expérience, d'adresse, de cordes vibrantes dans la voix, de fascination dans le regard. A l'instar des athlètes antiques qui se préparaient long-temps à l'avance aux luttes du cirque, il se sera préparé, lui, aux luttes de l'encan. Hien ne lui Min coûte, ni les dépenses préliminaires, ni les démarches, ni les peines.

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