‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 189 sur 214 · L HOTEL CASTELLANE · texte numérisé non relu

L HOTEL CASTELLANE

Dans le faubourg Saint-llonoré. qui fut le faubourg Saint-Cerinaiu de l'Kuipire, au fond d'une vaste cour, s'élève un hôtel remarquable entre les plus beaux; au dehors tout annonce une de ces demeures qu'habile l'opulence. Souvent, vers le milieu de la journée, deux gardes minicipaux à cheval, placés de chaque coté de la |>orte principale, sont l'indice certain d'une réunion nombreuse. Li foule étonnée de l'aniucuce des carrosses et de l'empressement des piétons, s'informe «les causes de ce concours de gens, et sa surprise redouble en apprenant qu'en cet endroit on joue la comédie en plein jour.

C'est lhAtel Castellane.

Les personnes admises à ces fêtes, après avoir traversé au rezde-chaussée un vestibule et une antichambre, entrent dans un premier salon, pièce de dimensions spacieuses et ornée de deux grandes colonnes; d'autres appartements s'étendent vers la droite; en tournant à gauche, on aperçoit une longue galerie; elle renferme îles antiquités précieuses, des sarcophages et des momies arrachées aux pyramides, de beaux vestiges de l'art et de la civilisation a. 39

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antique. A rexlrêmilé de cette galerie, une rutonde nouveliement construite présente son amphithéâtre, sa galerie élevée, un orchestre et un théâtre : c'est la salle de spectacle.

Lorsque M. le comte Jules de Castcllane, si fervent pour le culte des arts, entreprit de faire renaître la comédie de société, son ihéâtre était établi dans le premier salon : les deux colonnes marquaient les limites de la scène. Malgré la magnificence de cet endroit, cela ne suffisait pas à ses desseins : il lit édifier une salle de spectacle, ainsi que l'avait fait autrefois le cardinal de Richelieu dans son palais, et il voulut que rien ne manquât à cette scène dont il avait enrichi son hôtel ; tout fut exécuté au gré de ses vœux.

La salle de spectacle de l'hôtel de Castellane a une incontestable supériorité sur toutes celles qui ont été bâties même dans les palais des princes: elle est complète et équipée avec une intelligence et nue adresse qui ont tout prévu. Les soirées dramatiques y brillent d'un éclat qui pourrait rendre jaloux plus d'un théâtre public; les grands salons, radieux des lumières que des candélabres gigantesques versent avec profusion, ne sont plus que les foyers dans lesquels la société trouve pour les entr actes un magnifique parloir. Les proportions de la salle ont été réglées sur une échelle plus étendue que toutes celles des constructions de ce genre: on évalue à quatre cents le nombre des spectateurs qu'elle peut contenir. Des ornements composés de peintures, de dorures, de médaillons et d'arabesques en forment les embellissements; un lustre et des touffes de bougie I éclairent, et rien n'est plus charmant que ce coup d'œil, lorsque l'orchestre, le parterre et la galerie sont rem- » plies de femmes parées autour desquelles se presse une couronne

de cavaliers en toilette de bal.

.Nous ne saurions dire jusqu'à quel point ont été poussés le scrupule et l'exactitude des arrangements; tout ce que l'on exigeait ailleurs a été traité ici avec une infatigable et libérale sollicitude. Cicéri, chargé des décorations, a fait du théâtre une bonbonnière qui n'a plus recours aux vieilles mesquineries et aux chétifs mensonges des anciennes scènes de salon ; c'est un théâtre en miniature auquel ne manque aucun des accessoires obligés; les costumes cl le mobilier de la scène ont été l'objet des mêmes soins, de sorte qu'on a peine a concevoir comment on a si bien prévu et si henivuscmcnl préparé tous les besoins de la représentation.

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Ces réunions de l'hôtel de Caslellane, soirées ou matinées, ont un attrait piquant et qui leur est propre; elles appartiennent au théâtre sans être séparées du monde ; c'est une alliance complète entre l'art sérieusement encouragé et les franchises d'un aimable et facile délassement; l'étiquette des salons en est bannie, mais rien n'y compromet la stricte et courtoise observation des convenances.

Aux coulisses, derrière le rideau, avant la représentation, se trouve groupée cette famille des gens du monde que leurs penchants rapprochent de l'art; nous retrouverons là des acteurs bé-

névoles dont la scène pourrait s'honorer si elle les possédait. Vous les avez vus dans tous les théâtres de société; c'est une de leur colonie qui a fondé la salle de la rue Chaptal ; quelquefois ils ne dédaignent pas la salle de la rue de la Victoire : c'est le Conservatoire «les grisettes et le Gymnase dramatique des lorettes. C'est de là qu'est sortie cette noble troupe qui vint donner au théâtre de la Renaissance une gnala, au profit des Polonais. On n'a pas oublié cette soirée dans laquelle on voyait les chanteurs des chœurs lorgner les spectateurs et faire reculer les lorgnettes de la salle devant les lorgnons de la scène : il nous serait facile de vous mont i ci parmi eux des noms chers aux lettres cl a l'art dramatique.

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Cette dame, qui remplace avec tant de gont les charmes que l'Age lui a enlevés par les séductions de l'esprit, c'est une de celles dont les tableaux nous ont transmis avec le plus de vérité l'urbanité et l'élégance d'un monde qui n'est plus à l'époque dont nous parlons. Nous pourrions encore appeler vos regards sur cette grande dame de la cour impériale qui, tombée de sa grandeur, se releva si haut par son talent d'écrivain. Ces deux femmes sont des chefs de troupe : comme Molière, elles composent souvent les pièces qu'elles font jouer. Voici un de nos littérateurs les plus polis: toutes ses œuvres sont marquées au coin du tact le plus délicat; c'est le poète de l'endroit ; cet homme dont la corpulence frappe d'abord la vue, c'est un des plus aimables acteurs de la comédie française : son embonpoint l'a éloigné de la scène sur laquelle son lalent l'eût retenu long-temps; c'est l'instructeur de la troupe; c'est lui qui enseigne, forme et discipline les comédiens inexpérimentés. Voyez avec quelle application il donne à cette jeune tille les conseils qui doivent assurer son débit et son geste, toute son attitude de scène; à sa propre expérience déjà si recommandable, il a joint des études profondes. I n peu plus loin, portez les yeux vers ce jHMSonnage de petite taille, a tétc chauve, et déjà costumé pour jouer un rôle comique. Quelle adorable bonhomie! quelle délicieuse «•t loyale naïveté! 1/aelriee avec laquelle il cause si intimement, cest sa femme; tous deux vont jouer dans une pièce qu'il a pris plaisir à composer. Ici, au coin de cette coulisse, ce sont les matadors de la troupe : il y a parmi eux d'excellents gentilshommes; mais ne dédaignez pas cet homme au visage maigre, sec et bruni, dans les traits duquel il y a comme un mélange du type espagnol et du caractère africain ; il a pour les arts une aptitude miraculeuse : les genres les plus différents lui sont également familiers. Après le drame, il jouera la comédie et la farce, il chantera une cavatine et dansera la cachucho, sans être jamais déplacé. Ce n'est pourtant pas un artiste de profession, c'est un employé au ministère de la guerre.

Je ne vous parle pas des dames: pour les unes il n'est plus d'espoir de progrès, et l'on ne peut que les féliciter de leur complaisance; pour les autres il y a une timidité et une réserve qui doivent demeurer inviolables.

Anna, que tant de louanges avaient précédée, et qu'accompagnait une de ces réputations que le monde s'entend si bien à édifier, était

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l'objet de toutes les prévenances : elle sentait en elle une douce témérité.

Madame la comtesse de Minbourg avait mis beaucoup d'orgueil à produire sa filleule : depuis six semaines qu'on était de retour a Paris, elle n'avait pas voulu qu'Anna eût d'autre logement que son hôtel ; elle lui avait permis de voir souvent ses parents, mais elle n'avait pas souffert qu'elle s'éloignât d'elle. Tous les travaux d'Anna et toutes ses pensées avaient été dirigés vers les études dramatiques ; on voyait en elle, et on le lui répétait sans cesse, un phénomène à qui rien ne pouvait être comparé.

Ce fut au milieu de ce concert d'adulations, dont madame de Minbourg donnait toujours le signal et que toutes les voix répétaient après elle, qu'Anna débuta sur le théâtre de l'hôtel Castellane. Placée sous la protection de l'élite de la société, son succès était certain, mais il dépassa toutes les espérances; pour elle, l'enthousiasme et l'admiration allaient jusqu'à la frénésie.

Cela dura pendant deux hivers. Anna était l'objet d'hommages qui ressemblaient à de l'adoration ; pour célébrer ses succès toutes les muses chantaient : il y avait des vers pour précéder chacune de ses apparitions, des vers la saluaient encore lorsqu'elle quittait la scène, c'était un perpétuel concert de louanges et de félicitations.

lx>rsqu'Anna jouait, M. le comte de Castellane redoublait de bienveillance dans son hospitalité. Ce seigneur du logis qu'on voyait empressé à servir ses hôtes avec une vigilance que rien ne lassait, lui qui oubliait en quelque sorte de prendre sa part des plaisirs qu'il offrait avec tant de grâce, quand venaient les représentations d'Anna, il sentait augmenter ses forces et son ardeur de bonne réception ; sa politesse, son intimité, si loin, hélas! de nos mœurs actuelles, son désir de placer tout le monde et de pourvoir à tout, éclataient ces jours-là par de nouvelles démonstrations. M. le comte de Castellane s'est toujours immolé tout entier au bien-être des personnes qu'il reçoit chez lui.

Anna était son actrice d'adoption.

Souvent il arrivait que le monde, dans l'exaltation de ses espérances, croyait avoir trouvé enfin quelque chose de plus précieux que tout ce que pouvait offrir le théâtre; alors les élans admira tifs ne connaissaient plus de bornes.

De même qu'après les succès «lu château de madame la comtesse

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de Minhourg, il avait été décidé qu'Anna débuterait à l'hôtel de Castollane, de même après ses triomphes plus récents, il fut déride qu'elle débuterait au Théâtre-Français.

Cette jeune réputation avait tant de retentissement que la Comédie s'en émut ; tout ce que la société compte de plus considérable intéressait à cett e destinée dramatique; on avait préparé les secours les plus puissants dans le cas où le Théâtre-Français opposerait quelque résistance aux vœux des salons; c'était presque une question d'État.

\s> Théâtre-Français se montra prompt à tout accorder ; il se prêta à tous les désirs, et lixa lui-même le jour de ces débuts rendus si solennels ; il laissa à l'actrice le soin des rôles dans lesquels elle paraîtrait. Alors, il y eut à la salle de spectacle de l'hôtel Castellane une représentation suprême, celle des adieux.

Anna y parut belle et touchante d'émotion ; à son apparition sur la scène, elle l'ut reçue par un tonnerre d'applaudissements qui ne se lassaient pas de lui témoigner toute la tendresse de cette noble compagnie qu'elle allait quitter; il y eut des larmes et des cris de désespoir, et lorsque le calme eut enfin permis de commencer le spectacle, les applaudissements se renouvelaient sans cesse comme des embrasse monts qui voulaient retenir celle qu'on leur arrachait .

A la fin, toute la troupe parut entourant Anna qui se pliait tout en larmes sous une pluie de bouquets, de couronnes et de compliments poétiques. Ce furent de longs et touchants adieux ; alors le |K)éte prit sa lyre, et fît entendre la mélodie de ses lamentations.

Dans quelques strophes il peignit rapidement les affections qu'avaient fait naître dans tous les cœurs les qualités éminentes qui distinguaient l'actrice bien aimée, il lui dit ensuite la douleur que l'on éprouvait à la livrer aux orages d'une scène si redoutable ; c'étaient comme les craintes qu'on éprouve en voyant un objet chéri affronter les hasards des flots; enfin, il l'assura que ces sympathies si vives l'accompagneraient aux jours des épreuves, et que notre dévouement deviendrait son plus ferme appui.

Anna se retira silencieuse, mais chancelante et troublée.

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Ki) tout ceci, il y avait une haute imprudence.

La comédie de société n'a presque rien de commun avec la comédie du théâtre; ceux qui confondent ces choses ressemblent as'sez , bien aux marins d'eau douce qui croient affronter sur la rivière des |ierils égaux à ceux de l'Océan. Les différences des deux scènes sont nombreuses et formidables : le geste, la voix, les poses, toute l'économie du jeu dramatique doivent subir des modifications imposantes en passant du théâtre de société au théâtre public.

I>es faits vont parler plus haut que ne pourraient le faire nos «minions. Anna se prépara à ses débuts avec une religieuse terreur : elle parut. comprendre que jusqu'alors elle ne s'était pas encore approchée du sanctuaire, et qu'elle n'avait pas encore contemplé face a face la divinité; mais le temps qui la séparait du moment de ses débuts était trop court pour qu'elle pût donner à ses études la lenteur qui seule amène de bons et graves enseignements ; elle sentit cette première faute de l'imprudence de ses amis : cependant, elle voyait autour d'elle Uni de sécurité qu'elle ne se laissa point abattre.

Pour cette soirée, toute la société occupa le théâtre; c'était encore une représentation de l'hôtel Castellane; on se saluait d'une loge à une autre, on échangeait tout haut les vœux et les espérances, on se livrait aux plus séduisantes illusions. Quelques personnes se détachèrent de la salle pour aller au théâtre réconforter une timidité dont on craignait les effets.

\ja U>ile se leva enfin ; le rôle choisi par Anna, pour son premier début, était précisément celui qui lui avait fait tant d'honneur chez la comtesse, et qui avait commencé la série de ses triomphes à l'hôtel de Castellane, le jeune personnage de la Fille d'honneur. IK'S les premiers vers. Anna était visiblement troublée; elle prononçait à peine, el les proies n'arrivaient pas jusqu'à l'oreille des spec-

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(ateurs ; les applaudissements moines qui avaient voulu la rassurer à son entrée en scène l'avaient étourdie ; les lueurs de la ramp<' 1* éblouissaient, lorsqu'elle entendit les voix de l'orchestre lui crier rudement : « Plus haut! » elle perdit toute contenance : elle récita son rôle dans un désordre machinal qui ne permettait aucune marque d'approbation ; les loges restèrent muettes et consternées ; le parterre et les stalles eurent sans doute pitié de la souffrance de l'actrice, car elles ne donnèrent aucun signe de mécontentement. Vainement, Anna, dans le cours de la soirée essaya-t-elle de retrouver son énergie et ses moyens : elle était écrasée par tout ce qui l'entourait. Accoutumée a une scène peu rigide, à certaines , négligences de réplique ou à un laisser-aller peu soucieux de l'étiquette du théâtre, elle ne comprenait rien à la sérieuse application de ses nouveaux camarades ; elle n'avait aucune expérience des traditions indispensables, et sur la scène tout lui était embarras. Elle implorait dans le fond de son cœur cette bienveillance universelle qu'on lui avait promise , et qu'elle ne voyait pas venir ; alors elle se voyait délaissée et abandonnée ; son découragement allait jusqu'au désespoir. Elle cherchait du regard ce public aussi dont la faveur l'avait soutenue et qu'elle voyait maintenant froid, sévère, glacé et bien plus près du blâme que de l'éloge. Elle croyait même avoir entendu des bruits aigus ; et ces funestes sons avaient mortellement retenti dans son cœur; tout son être pâlissait, elle sentait ses forces diminuer ; souvent elle fut sur le point de tomber, tant ses membres pliaient sous un fardeau qu'ils ne pouvaient plus soutenir.

Pour le public, c'était un lamentable spectacle.

Pour l'actrice, c'était une abominable souffrance.

Trois fois cependant Anna fut soumise à cette douloureuse tentative; trois fois elle subit la même torture.

bi critique fut pour elle impitoyable; on la renvoya sans ménagement à des études qu'elle n'aurait jamais dû interrompre, et l'on s'indigna contre le monde dont l'engouement avait exposé un enfant à tant de peines et à un si cruel retour sur soi-même.

Le Théâtre-Français n'eut pas même la peine d'un refus, on ne lui adressa aucune proposition.

Anna qui avait passé dans sa famille le temps de ses débuts voulut revenir auprès de sa bienfaitrice, la comtesse de Minbourg ; elle espérait que les succès des salons la consoleraient volontiers du rude

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échec qu'elle venait d'éprouver au théâtre; mais elle ignorait, la pauvre enfant, que le monde n'aime à se parer que de ce qui peut le glorifier relie ignorait que ce que le monde fuit le plus, c'est le contact de la disgrâce et de la défaite.

Li comtesse évita la présence d'Anna, et lui lit connaître par des témoignages non équivoques ses intentions, c'est-à-dire, la volonté «le ne plus la voir.

Ce dernier coup fut le plus sensible au cunir de la jeune tille : il lui enlevait son dernier espoir, il l'isolait de tout ce qu'elle avait aimé, il la rejetait seule et désolée. A l'hôtel de Castellane elle eût sans doute trouvé encore un accueil bon et hospitalier, elle ne se sentit pas la force de l'implorer.

Pendant une année tout entière Anna fut en proie à des regrets qu'on ne pouvait adoucir; les caresses de ses parents lui rendirent peu à peu la sérénité. Aujourd'hui, mariée à un honnête bonnetier que sa beauté et ses qualités ont charmé, elle élève de gros enfants, et revenue des vanités du théâtre elle vend des bas, des chaussettes, et quelquefois même des bonnets de coton.

Nous ne savons si ce récit est véridique; nous l'avons entendu faire cet hiver, pendant l'entr'acte d'une souve de vaudevilles chez a. 40

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un riche banquier dont le nouveau palais est l'orgueil du faubourg Saint-Germain ; mais nous pouvons affirmer que tel est le sort probable de presque toutes les têtes folles qu'égarent les illusions du théâtre. Heureuses encore, si, au sortir de la scène qui les repousse, elles trouvent une boutique pour les recevoir.

Beaucoup roulent plus bas, et tombent au fond de l'abime.

I l M. m Briffault.

FILLES

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