‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 200 sur 214 · I.0RKTTKS · texte numérisé non relu

I.0RKTTKS

— Comment donc, monsieur, je serais heureuse de vous recevoir.

— A quelle heure ?

— Mais toujours, surtout de midi à cinq heures ; je suis fort sédentaire.

— Et vous demeurez, mademoiselle?...

— Rue Bourdaloue, nu 7, au quatrième au dessus de l'entresol.

— S'il n'était pas trop indiscret de vous demander votre nom ?

— Caroline ; vous demanderez Caroline, cela suffira.

— Mademoiselle, voici vos cinq louis.

— Monsieur, voici vos cinq numéros.

Muni de l'adresse de la Lorette et de la permission de se présenter chez elle, notre provincial ne jugea pas à propos de pousser le premier jour la chose plus loin, et rentra h son hôtel fort satisfait de sa journée.

Le lendemain il courut chez son ami.

— Mon cher Victor, lui dit-il (pour son ami, Vîctor avait continué de s'appeler Victor), mon cher ami, lui dit-il, je te remerci»bien réellement; tu m'as procuré hier undtner fort agréable, sans compter la chance que je te dois de devenir propriétaire d'un animal que j'ai toujours désiré de posséder.

— El de quel animal ?

— D'un singe.

— Comment ! d'un singe ?

— Oui; tu sais que j'ai un faible pour les singes.

— Et tu en as acheté un ?

— Non pas tout-à-fait; je n'ai pas encore le bonheur de l'avoir en ma possession, mais il y en avait un magnifique en loterie et j'ai pris cinq billets.

— A combien?

— A un louis le billet, à mademoiselle Caroline.

— Caroline, qui demeure?

— Rue Bourdaloue, n° 7.

— Tiens, je ne lui connaissais pas de singe.

— Et un singe un peu soigné.

— Es-tu sûr que ce n'est pas son amant qu'elle a mis en loterie?

— Allons donc!

— Au fait, c'est possible, murmura Victor.

Page 1