‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 43 sur 214 · I.K JAIUHN DKS l'I.AMKS · texte numérisé non relu

I.K JAIUHN DKS l'I.AMKS

gnilique jardin botanique, avec des serres chaudes el di-s serres tempérées ; une ménagerie où sont rassemblés vivants des animaux (jue l'on ne rencontre point dans nos climats; enfin le Muséum d'histoire naturelle est au bout du jardin, du coté de la rue; il se comj)ose de plusieurs galeries où l'on trouve une nombreuse collection des trois règnes de la nature.

Ce jardin, agréablement dessiné, a d'un coté l'aspect «l'un paysage de la Suisse, avec ses chalets, ses chèvres, ses petites butes el ses belles prairies; plus loin le labyrinthe est très recherché par les promeneurs qui ont l'intention de s'égarer : nous croyons cependant devoir les prévenir que leur espérance serait vaine, et que le labyrinthe du Jardin des Plantes est une promenade fort innocente qui conduit simplement au lielvédère, d'où la vue embrasse une assez, vaste étendue de Paris, et même de ses environs.

Enfin, ce jardin vient encore de s'enrichir d une immense maison grillée, habitée par des singes. Ce petit peuple, dont les jeux, les sauts et les grimaces font les délices des badauds, des flAneurs, des bonnes et des enfants, est parfaitement logé dans le Jardin des Plantes; son immense cage renferme un jet d'eau, des balançoires, des cordes , et enfin de petites cahutes dans lesquelles les singes se réfugient en cas de froid et lorsque leurs gardiens veulent mettre un terme à leurs divertissements.

Le Muséum d'histoire naturelle n'est ouvert au public que deux fois par semaine, mais les animaux sont visibles tous les jours. Dès que vous entrez dans le jardin par le coté de la Seine, une odeur qui n'est pas suave vous indique le coté où sont renfermés les animaux. Les lions et les tigres ne sentent pas le jasmin et le patchouli. Cette partie du jardin est ordinairement le rendez-vous des étrangers, des habitants de la campagne, des bonnes, des tourlouroux. tous gens qui ne peuvent point se lasser d'admirer la gentillesse d'un tigre et les petites manières d'une lionne; mais prenez garde.

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il | a près de vous des hipcdes très adroits qui fissent leurs mains dans vos poches, sans que vous en ayez I»' moindre soupçon... et tout à l'heure, quand vous on aurez lini avec les animaux, vous resterex Stupéfaits en ne trouvant plus votre lioursc, votre montre* votre mouchoir ou votre tabatière.

Là, aussi , vous entendrez toujours un Imvard, un beau parleur, le kMIStie de la foule, personnage assez mal mis ordinairement, qui, voulant captiver l'attention des curieux, et se donner l'air d'un savant ou d'un homme qui a beaucoup voyagé, s'écriera , en poussant tout le inonde pour s'approcher des animaux :

— Oh!... un lion!... je connais ça... j'en ai vu bien d'autres! on croit que c'est méchant les lions, et on en a peur !.. mais ce n'est pas méchant du tout !.. Moi, en Afrique j'en avais dompté deux que je voulais atteler à une voiture, mais le commissaire de police de l'endroit s'y est opposé, craignant les accidents.

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Tout le inonde se retourne, on proie l'oreille et les badauds ouvrent de grands yeux pour voir ce monsieur qui voulait avoir des lions à sa voiture. Le particulier, enchanté de l'effet qu'il produit . reprend d'une voix plus forte :

— Ahî voilà un tigre... pauvre tigre! il a l'air malade... Quand on sait s'y prendre, on joue avec cet animal-là comme avec un chat : si l'on veut m'ouvrir sa cage, je vais y entrer sur-le-champ et il se couchera à mes pieds.

— Voilà le gardien! dit un jobard qui croit que ce monsieur veut vraiment entrer dans la cage. Mais le bavard s'éclipse aussitôt, et cet homme intrépide n'osera pas rentrer dans sa chambre s'il y aperçoit une souris.

Suivons M. Guguste et son père. Ils se dirigent du coté des boucs, des mérinos et des paons.

Le petit garçon donne du pain aux mérinos qui lui lèchent les mains, et aux béliers qui lui donnent des coups de téte. Il demande a son père pourquoi les boucs sentent si mauvais, el le papa, après avoir long-temps réfléchi, lui répond :

— Cela lient à leur histoire naturelle.

Le petit garçon voudrait donner à manger aux buffles et même aux éléphants. Le papa admire l'amour de son enfant pour les bétes, el il l'embrasse en lui disant :

— Tu seras un l>on fils.

Puis le père el l'enfant se dirigent vers les ours. Os animaux habitent des fossés très vastes; autrefois un simple garde-fou empêchait les curieux de tomber dans la fosse avec les ours; mais comme il y a des gens qui ne se contentent point de regarder el qui se penchent ; comme des bonnes mêmes avaient quelquefois l'imprudence de poser un enfant sur le garde-fou, afin qu'il put avec plus de facilité contempler les gentillesses de Martin ou de son compagnon, des accidents terribles sont arrivés. I^es ours ont montré qu'ils n'étaient nullement apprivoisés et se sont fort mal comjKu lés.

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