‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 74 sur 214 · I.K MIT M F · texte numérisé non relu

I.K MIT M F

li- InHilevart, comme des confitures sur du |min... cl on marchera ensuite dessus, ni plus ni moins que si c'était du parquet bien frotté.

— Mais on se brillera les pieds...

Ah! mon cher ami, je ne vous ai pas dit que ea sérail toujours chaud comme à présent. Ça se refroidit en séchant. Mais c'est si uni que l'on croirait marcher sur une glace... c'est horriblement glissant... en hiver par le verglas ce ne sera pas tenable... et c'est dangereux de glisser... surtout pour les femmes!... vous comprenez!... Les hommes encore ont des pantalons... mais nous autres... « est bien vétilleux!...

— Ohé! ohé! La friture!... s'écrie un gamin en accourant près de la chaudW re. l iens! <jtu tfiic c'est que ca... ea se mange-t-il?. . J ai envie de laisser tomber mon pain là dedans et de le lécher ensuite, pour voir si c'est bon...

— Ah! polisson! ne vous en avisez pas! s'écrie la vieille femme ;

vous vous mettriez le feu dans le corps.

— C'est dommage! ca ressemble à du raisiné.

—Quelle invention baroque! s'écrie un grand monsieur à bézicles; ta ne vaudra rien, cela ne durera pas... cela fondra au soleil.

— Moi, j'avais une idée bien meilleure, dit un autre, c'était du plomb!

— Comment votre idée était du plomb... Je n'y suis pas! - Vous ne comprenez pas? plomber tout le boulevart...

— C'eût été trop coûteux!

— Mais non, des feuilles de plomb lines... Comme ce qui enveloppe le chocolat... c'eût était très joli et très brillant.

— Moi, dit un jMîtit homme, j'aurais préféré le zinc... Il fallait zinguer toute la voie publique... Il n'y a rien au dessus du zinc: dans quelques années je vous jiarie «pie toutes les maisons seroni Ullies en zinc : c'est bien plus léger que le moellon.

— Et |H>urquoi, dit une autre personne, o-'aiirait-on pas plulôl

AMi I.K «II» MK.

èuuné les bouievarUt connue on étante tes casseroles... moi je suis

| u Kir IV la m!

— C'est juste! répond en riant un jeune homme, et puis les Utulevurts n'auraient pas pris le vert de gris.

lin vieillard qui tient une canne, dont il frappe le sol, dit à son tour, en s' arrêtant presque à chaque mot :

< oh! si l'on m'avait consulté... moi!... j'aurais trouvé bien

• mieux que tout cela!... d'abord... c'était bien facile... j'y avais

• pensé j'aurais trouvé tout autre chose... »

Comme le vieux bonbon m m ne peut pas |mu venir à dire ee qu'il aurait trouvé, la foule s'écoule et le laisse parler tout seul en gesticulant avec sa eanne.

Kt malgré tout ce que l'on a pu dire, le bitume s'est établi sur les boulevarts, qui, grâce à lui, sont devenus propres et unis comme des trottoirs; et on ne glisse pas plus souvent sur ce terrain que l'on ne glissait sur tout autre, mais c'est le sort de toutes les améliorations d'avoir d'abord des détracteurs.

LES AHTISTRS.

Il y a artiste et artiste, commo il y a fagot et fagot. Kt d'abord il y a une foule de gens à Paris qui se disent artistes pour tâcher d'être quelque chose, et pour cacher qu'ils ne sont rien ; il y en a d'autres qui se croient vraiment artistes parce qu'ils ont la volonté , If désir de l'être, comme si la volonté pouvait être réputée pour le fait.

A Paris, du moment que l'on fait quelque chose, que l'on exerce la profession la plus minime, on se dit artiste, on l'imprime, on le fait écrire en lettres de dix pouces sur son magasin, sa boutique ou son échoppe.

Ainsi il y a dans la grande ville des artistes tailleurs, des artistes coiffeurs, des artistes qui peignent des enseignes et qui font également le portrait ou le bâtiment, rien ne leur est étranger ; des artistes pour la chaussure. Puis viennent ensuite des artistes décrolteurs, des artistes tondeurs de chiens, des artistes qui font votre profd à

33H i.ks umsus.

la silhouette avec du papier et une paire de ciseaux : des artistes qui jouent (le la elarinette dans la rue, d'autres qui chantent, d'autres qui dament! C'est à n'en plus finir. Tous ees gens-là se disent artistes.

Souvent au com d une rue un homme qui porte un habit ripe et un chapeau crasseux , s'approchera de vous en murmurant à votre oreille :

— Veuillez obliger un pauvre artiste sans ouvrage... qur le malheur poursuit... et qui en sera bien reconnaissant.

Tout en fouillant à votre gousset, vous dites à cet homme :

— Vous êtes artiste... et dans quel genre?

— Monsieur, j'ai t'écrit plusieurs ouvrages pour des théâtres qur je leur r'y ai offert et que les cabales m'ont repoussr.

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