PLU1K D ORAGE
ne se soucient |muiiI non plus de recevoir l'averse; ils courent d'un coté, les (hunes d'un autre; les i nfants en l'ont autant, mais cria les ■muse; les marchands ambulants tâchent de courir avec leur boutique. Les habitants de la grande ville ont l'air alors de se disputer le prix de la course.
Les portes-coehères ouvertes sont bientôt tellement encombrées que les premiers arrivés sont forcés de reculer et de recevoir la pluie qui tombe dans la cour, l es derniers venus reçoivent encore la pluie de la rue, et Ions ces gens-là ont l'agrément d'être dans un Cour&lll d'air fini dangereux pour des personnes qui viennent de courir.
PLL'IK It'oBACK. 33 I
Le désagrément de cette situation n'empêche pas tontes les personnes nui ont trouvé *-«»n«* espèce d'abri de rire et de se moquer do ceux <|iii passent lreni])és par la pluie, et qui, pour arriver jusqu'à eux, ne peuvent plus traverser le ruisseau , <]iii en peu de minutes est devenu un torrent.
Vous voyez un bon bourgeois qui a tiré son mouchoir de sa poche et la mis par dessus son chapeau, en ayant soin de bien tenir les deux bouts pour qu'il ne s'envole pas. Kn moins d'une minute le mouchoir est parfaitement trempé; c'est «'pal, ce monsieur se ligure mie cela lui sert de parapluie.
Voila quelques dames qui, pour garantir leur téte, ne craignent pas* de dégarnir et d'enrbumer une autre partie de leur personne. Kilos courent Cachées sous leur robe, qu'elles ont retroussées^ sur leur tète. C'est le tableau de Paul et rtrgime mis en action; mais les I irpin ie sont seules.
En ce moment l'observateur peut encore faire d'utiles réflexions sur le danger de se fier aux apparences.
Otto dame qui avait une robe de soie très élégante vient de montrer un jupon sale.
Celle-ci, qui porte de> hVurs et de* dentelles nui téte. ;t une jupe toute rapiécée et des Irons a ses lus...
• l'imitas ntnihmi, et OMflîà VOHÎtOS ! »
("est en ce moment que les omnibus sont courus, recherchés. Du plus loin qu'on les aperçoit, on leur l'ait des signes, on les appelle... Mais l'omnibus dédaigné il n'\ a qu'un instant, paire que I»» temps était superbe, est déjà encombré de voyageurs... la plaque fatale est levée... Vous pouvez lire le mot : Complet! et malgré cela vous vous obstinez à faire des signes au conducteur et à courir après la voiture.
Ali ! qu'il est beureux alors celui qui. par une prévoyance bien méticuleuse, s'est muni d'un parapluie; celui qui s*es1 «lit : Il fait trop chaud aujourd'hui, nous aurons de l'orage!
332 ik d'ohack.
Comprenez-vous que son parapluie est devenu le mouchoir qu'il peut jeter a ces odalisques surprises |Kir I averse : il n'a que l'embarras du choix. Kn ce moment, un homme qui offre à une (tannin moitié de son parapluie est toujours bien reçu, lors même qu'il serait affreux de ligure, mal bâti, borgne et boiteux.
Kl vous comprenez encore tout le parti que l'on peut tirer de la circonstance : il est permis d'être fort aimable, fort galant sous un parapluie... A Paris, les averses ont donné naissance a bien des aventures.
.Mais, en général, ce ne sont pas les jeunes gens qui ont la penser d'emporter un parapluie dans la prévoyance d'une averse ; les hommes mûrs, les séducteurs sur le retour se chargent de ce soin. <Juand on a passé l'Age où l'on plait par sa tournure, il n'est pas défendu de chercher à plaire par son parapluie.
J.K BITI'MK.
Ce liquide noir et inflammable que vomissenl les voleans est devenu notre terrain habituel. Le Parisien, qui jadis faisait le voyage de Naplcs et gravissait le mont Vésuve pour voir bouillonner ee bitume, foule maintenant aux pieds cette matière qu'il ne regardait autrefois qu'avec crainte et respect, et, tout en se promenant sur les boulevarts, il peut encore voir bouilloner Je bitume , non pas sur la bouche d'un cratère, mais dans une grande chaudière de fer placée sur une espèce de poêle, dans lequel des individus fort noirs entretiennent un grand feu, en ayant soin de remuer avec une pelle le liquide visqueux qui répand au loin une fumée épaisse et une odeur fort désagréable.
I^es gamins, les badauds ne manquent jamais de s'arrêter autour
de la chaudière, et vous entendez là de ces réflexions, de ces dia-
logues qui peignent tout de suite le raractère et l'humeur d'une nation.
Il BITt'MK .
Qu'est-ce que c'est donc qtic re vilain fricor, qui sent si tnaiivais et qui chauffe ilans cette grande chaudière?... «lit une ispèce
de provincial à une vieille portière.
- Ça, mon cher monsieur, c'est des pavés qu'on fail cuire pour daller noire pauvre houlevart qui s'en serai! ben passé!... Demandez-moi un peu si la promenade n'était pas plus gentille quand on marchait sur la terre comme dans un jardin. ^hiand il avait lin peu plu!... on enfonçait dans la crotte, c'est vrai... mais Ml moins on avait l'agrément de marcher sur la terre.
Comment, on va paver avec cette bouillir noire qui fume... pas possible*.*?
— Je vous assure, mon cher monsieur, que l'on va étaler ca sur