I.KS TABLES IMIOTK. 4U
— Ah! madame! ménagez vos expressions, je vous en prie... vous dites des choses d'une inconvenance!...
— Pas si inconvenantes que vos manières et vos mines lorsque vous êtes près de M. O...
— Qu'est-ce que vous entendez par mes mines, madame?
— C'est assez ridicule, pour qu'on le remarque, vous lui faites continuellement des yeux blancs!...
— Vous voudriez pouvoir lui eu faire de blancs, vous!... mais cela vous serait difficile! les vôtres sont toujours rouges comme ceux d'un lapin!
— Tout cela n'empêche pas, madame, que je ne sois aimée de M ■ • •
— Vous?... par exemple!... C'est moi qu'il aime, madame.
— Oh ! non ! c'est moi qu'il préfère.
— Vous devriez renoncer à sa conquête, madame.
— C'est bien plutôt vous qui devriez renoncer à lui.
Ici, les deux rivales s'arrêtent un moment ; elles ont besoin de reprendre haleine, de réfléchir. Toutes les deux se craignent, toutes les deux comprennent qu'elles se nuisent. Tout à coup l'une d'elles parait frappée d'une inspiration subite, et allant vers l'autre d'un air moins féroce, lui dit :
— Tenez!... l'amour nous a subjuguées toutes deux... et nous avons chacune autant d'avantages pour réussir... Je ne pense pas que l'une de nous veuille faire un sacrifice à sa rivale?...
— Oh ! ce ne serait pas moi, d'abord.
— Ni moi. Mais au lieu de nous quereller, ce qui ne sert à rien qu'à nous bouffir les yeux, je vais vous proposer un moyen d'en linir.
— Quel est-îl ?
— Jouons M. O.... à l'écarté; celle qui perdra la partie renoncera à son amour et ne cherchera plus à nuire à sa rivale... t>la vous va-t-il?