‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 95 sur 214 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Le tableau que Ton trace d'une nation, comme le portrait (1 un homme, sorti de la main du peintre, demeure très peu de temps en état de ressemblance parfaite avec l'original. Cela se conçoit : une nation ne se soustrait pas plus que les individus au cours dévorant des passions et des idées ; elle vieillit vite, elle se transforme, et le tableau qui la représentait jadis diffère bientôt de traits, de costume et de couleur avec les choses actuelles.

D'où résulte qu'un tableau de Paria est un livre qui devient nécessaire une fois au moins tous les chiquante ans. Nous tous, nous sentons le besoin de faire, à un jour donné, l'inventaire de notre situation morale et physique, et d'établir, à époques fixes, la balance de nos profits et de nos pertes, ou, si l'on veut, de nos progrès et de nos erreurs.

C'est dans cette pensée que les éditeurs, préoccupés de . récdifier pour le xix« siècle l'œuvre populaire de Mercier, ont voulu que la Grande Ville fût un livre complet.

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