ILS TROTTOIRS
parfaitement le droit de leur marcher sur les talons et de leur donner des coups de coude dans le dos, jusqu'à ce qu'ils aient rendu le passage libre.
Vous voyez encore des hommes qui ont la malheureuse habitude de porter leur canne ou leur parapluie sous leur bras, et de les tenir verticalement. Quand vous allez pour avancer, vous rencontrez alors le bout de la canne ou du parapluie disposé à vous crever un œil , ou tout au moins à vous crotter votre habit. Ce désagrément est encore pis sur les trottoirs qu'en pleine rue, où l'on a plus de place pour passer. Rabattez alors ce bout de canne ou de parapluie, ou plutôt jetez-vous en travers, de manière que la tète ira cogner le menton de celui qui le porte.
Quand il pleut, le passage du trottoir est très difficile dans les rues de Paris. Une forêt de parapluies se heurtent, se choquent, se rencontrent, s'accrochent quelquefois... l'un élève le sien, mais cubais-
o2 m:s trottoirs.
sant le vôtre vous rencontrez le chapeau d'une dame. Les plus heureux sont alors ceux qui n'ont pas de parapluie. Ils se faufilent, à couvert par ceux qui en ont.
Il y a encore des êtres privilégiés, pour qui le trottoir a toujours de la place, et auxquels hommes et femmes, élégants et petitesmaîtresses s'empressent de céder même le côté des maisons.
Ce sont les charbonniers et les maçons.
LA GALETTE
Nous avons trouvé à Paris un nouveau moyen pour faire fortune. Oh ! que vous êtes arriéré , vous qui , pour vous enrichir, croyez qu'il est nécessaire d'aventurer de nombreux capitaux, de faire quelque découverte utile à votre pays ; de vous embarquer pour les Grandes-Indes, l'Amérique ou le Congo, d'aller fouiller les mines de Golconde ou chercher des fourrures dans les déserts de la Sibérie. Pour faire fortune à Paris, il ne faut que de la farine, du beurre... toutes choses que fon peut assez facilement se procurer, et qui n'exigent pas de grandes avances de fonds; enfin il ne faut que savoir faire de la galette.
Oui, ceci n'est point une plaisanterie, à Paris on fait une forlune brillante, rapide, en vendant de la galette; il ne s'agit que d'avoir la vogue, et une fois que vous avez la vogue, il n'est plus absolument nécessaire de donner d'aussi bonne marchandise.
Il y a quelques années, un très modeste pâtissier vint s'établir sur
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LA GALETTE
le boulevarl Saint-Denis; la boutique n'aurait pas pu contenir trois personnes, aussi n'entrait-on pas : on se tenait dehors, et quelquefois on taisait queue pour acheter de la galette, car c'est presque là l'unique pâtisserie dont il faisait le débit; mais il en vendait toujours et sans cesse ; il en vendait depuis le matin jusqu'à minuit , e( quelquefois plus tard encore. Une galette n'avait pas le temps d<> paraître, et le pâtissier n'avait qu'à couper. Cric... crac... de tous (•(Mes on tendait la main, pour recevoir une part de deux sous on