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ce qui lient a faire respeclei ta décence, loul ce < 1 1 1 1 peut empi cher que l'on ne Fasse rougir le iront de nos femmes et de nos filles, mérite notre approbation, et, dans la grande ville. Ie> hommes oublient beaucoup trop souvent cette décence d'action qui devrait être la première récrie de leur conduite. Voyez ces beaux nesieurs qui, par leur toilette et leurs manières, veulent affecter le ton de la bonne société; dans leur langage ils se servent des termes les plus recherchés, les plus pudiques, et bondissent de colère lorsqu'un écrivain a l'audace d'employer certains mots, certains termes dont se servait Molière. Ces messieurs là. si sévères en paroles, montrent parfois dans les rues, dans les promenades, un oubli de toute bienséance que Ton concevrait a peine chez un homme de la plus basse extraction.
Les bornes-décentes doivent donc être louées : mais pourquoi n'en a-t-on placé que sur les boulevarts? Pourquoi n'en pas mettre aussi dans les rues, dans les carrefours. A quoi me servira-t-il il-' pouvoir me promener tranquillement avec ma femme ou ma tille dans une promenade de Paris, si en détournant une rue nos veux rencontrent ce que jusque là les colonnes nous ont caché?
LES FLOUEURS.
C'est encore un nouveau mot, mais il est adopté : maintenant les jeunes gens de la haute société, les petits-maîtres, les lions, disent :
Je suis floué ! comme ils auraient dit autrefois : Je suis pris pour dupe! et dans le style plus familier : Je suis enfoncé!
Le tloueur d'aujourd'hui est l'aigrefin d'autrefois ; ce n'est pas (out-cà-fait l'escroc, mais cela y ressemble beaucoup.
Le danger qu'il y a surtout dans la société des floueurs, c'est que très souvent ces messieurs sont amusants, ils procèdent à leur petite entreprise d'une manière tout aimable : ils sont forts gais en compagnie; ils plaisantent fort drôlement la personne qu'ils veulent duper, et quelquefois ils la plaisantent encore lorsqu'elle s'est aperçue qu'elle était leur victime; il n'y a pas moyen de se fâcher avec ces messieurs; aussi n'est-il pas rare que vous vous laissiez flouer plusieurs fois par le même individu.
Quelquefois vous voyez arriver chez vous un monsieur que vous i. H
LES KLOUKUKK.
ne connaissez pas, que vous n'avez jamais aperçu; mais il se piesente avec un ton d'assurance, d'aisance qui vous impose ; il est bien vêtu, il vous aborde en souriant ; il vous salue comme on fe-
rait à un intime ami , il désire avoir avec vous un entretien particulier. Vous êtes en train de déjeûner ou de travailler, mais ce monsieur est si pressant, si persistant que vous n'osez refuser: à la manière dont ce monsieur s'annonce, vous pensez que ce doit être un grand personnage, qui vient dans votre intérêt vous donner un avis important; enfin, comme tout en vous saluant l'inconnu vous pousse presque dans votre cabinet , vous y entrez avec lui , vous lui présentez une chaise sur laquelle il s'étend avec abandon , et vous attendez avec impatience qn il s'explique.
LES i loin: Il KS. <S.^
Alors on vous débite une histoire bien romanesque, bien lamentable, on y mêle de la politique mais, tout en touchant cette
corde, on vous regarde du coin de l'œil pour tâcher de deviner votre opinion ; si l'on s'aperçoit que vous ne mordez pas à celle que l'on vient d'émettre, on en change très habilement et l'on en caresse une autre.
Ensuite on tire de sa poche un volumineux paquet de papiers , que l'on a dû montrer souvent, car ils sont fort sales et très vieux; on défait le paquet d'un air grave, on fouille au milieu d'un tas de paperasses, on y touche avec précaution et comme si c'était des reliques. Enfin on prend une lettre tout ouverte, et on vous la présente en vous disant : Lisez!
Vous essayez de lire cette missive qui est écrite ordinairement dans une langue qui ressemble à tout, excepté à du français; vous voyez cependant qu'il s'agit d'un illustre infortuné, qui a été obligé de s'expatrier pour une foule de raisons qu'il serait trop long de vous apprendre, et pour lequel on a fait des souscriptions dans toutes les villes où il a bien voulu séjourner.
Et pendant que vous lisez, le monsieur a encore parmi ses papiers une espèce de grande pancarte bien jaune, bien enfumée, couverte de taches d'encre et d'une foule d'autres taches de toutes les couleurs; il vous la présente en vous disant:
Voici la liste des personnes qui ont souscrit pour moi ; veuillez I examiner; elle est revêtue des noms les plus honorables dans les sciences, les arts et le commerce.
Vous jetez un coup d'œil sur des signatures illisibles; vous ne connaissez aucun de ces noms qui sont là ; si par hasard vous en trouvez un de connu, il n'est pas probable que vous puissiez vous assurer si c'est bien véritablement la signature de la personne. Vous commencez à vous apercevoir que ce monsieur, qui s'est présenté chez vous avec tant d'assurance et des façons si dégagées, vient tout bonnement vous demander l'aumône; et tandis que vous
84 LES FLOUEURS.
repliez la lettre, en cherchant ce que vous allez lui répondre, il vous dit :
— Mon cher monsieur , vous êtes connu dans Paris pour votre belle âme, votre générosité... Votre nom est dans toutes les bouches. Aussi, lorsque je me suis présenté dans cette ville, chacun m'a dit : Mais allez voir M. *** Vous avez besoin d'argent pour retourner dans votre patrie, il vous en prêtera... sa bourse est loujours ouverte pour ceux qui réclament ses services... Demandezlui sans crainte trois, quatre, cinq cents francs... vous les aurez sur-le-champ î
Pendant qu'on vous débite cela tout d'une haleine, votre figure s'est allongée, et vous répondez alors :
— Monsieur, si ma bourse était toujours ouverte pour ceux qui demandent de l'argent, certainement elle ne tarderait pas à être vide... car on me demanderait sans cesse; il y a des gens qui trouvent beaucoup plus commode de vivre des secours des autres que de leur travail ou de leur industrie.
— Vous avez raison! oh! je suis parfaitement de votre avis, mais je suis incapable d'abuser de votre penchant à obliger. Je vous prierai seulement de me prêter deux cents francs, que je vous renverrai dès que je serai de retour dans ma terre de Cracovinsky... et je vous engage à mettre votre nom sur cette liste, qui passera à la postérité ; car je compte faire élever, dans ma terre de Cracovinsky, une colonne de marbre de Paros, sur laquelle je ferai graver tous les noms qui sont sur cette liste... avec quelques vers que j'ajouterai et dans lesquels je célébrerai le mérite de mes bienfaiteurs. . . en alexandrins... douze pieds, pas un de moins!
Quoique tout cela soit bien séduisant , vous murmurez :
Je voudrais vous obliger, monsieur, mais il m'est impossible...
— C'est juste!... je suis peut-être indiscret... on n'a pas toujours deux cents francs de disponible... Je sais cela par moi-même. P«emettez-moi seulement cent francs pour mon voyage... j'en ferai