‹ La Grande ville (volume 4)Chapitre 18 sur 111 · LES 1 LOUEURS · texte numérisé non relu

LES 1 LOUEURS

Mais dans une ville immense connue Paris, vous ne devez pas être étonné de rencontrer à chaque instant des floueurs : elle renferme tant de gens qui vivent au jour le jour ; qui se lèvent sans savoir où ils coucheront, où ils dîneront, et dans quels souliers ils marcheront.

Ces gens-là cherchent, inventent sans cesse de nouvelles ruses, pour faire passer l'argent de votre poche dans la leur, n'osant point encore vous le voler ouvertement; ils se creusent l'imagination pour vivre à vos dépens, et emploient souvent à cela de l'esprit, de l'adresse, de l'invention, qui, bien dirigés et avec la volonté de rester honnête et de travailler , auraient pu faire des hommes distingués dans les sciences, le commerce et les arts.

il y a encore les floueurs de société. Les uns ont, à l'écarté, le talent de toujours retourner le roi ; les autres sont de la première force au billard ; ils cachent leur talent , perdent quelques parties à un écu, et vous gagnent ensuite cinq ou six cents francs, sans que vous ayez trouvé le moyen de faire un carambolage.

11 y a des floueurs dans toutes les classes, dans toutes les hiérarchies de la société ; c'est donc à vous d'être sans cesse sur vos gardes.

On a prétendu qu'il y avait aussi des /loueuses, mais ce mot-là n'est pas encore admis, et nous refusons d'y croire.

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