LES MENDIANTS
On est parvenu à détruire la mendicité, dans la grande ville, où, naguère encore, on ne pouvait faire un pas sans être assailli par une foule de pauvres... ou de prétendus pauvres, qui vous tendaient les mains, l'un en vous montrant sa jambe blessée, l'autre son bras en écharpe; celui-ci geignant d'une voix glapissante, celui-là jouant une espèce de pantomime pour mieux vous attendrir. Car si l'art de mendier n'est pas parvenu chez nous au même degré de perfection qu'en Espagne, nous avions cependant quelques maîtres dans ce genre d'industrie.
Grâce au ciel les yeux ne sont plus affligés par ces tableaux de blessures, de plaies que l'on exposait comme une marchandise sur la voie publique.
Il n'y a donc plus de mendiants à Paris; mais il y a toujours de* malheureux.
LES MKNIHANTS.
On n'ose plus demander; c'est défendu. Mais on vous regarde, on s'arrête devant vous et on a l'air si triste!... Il est impossible de ne point comprendre, et rien ne vous empêche alors de céder au mouvement d'humanité qui vous porte à secourir celui que vous jugez être dans la peine, car s'il est défendu de demander, il n'est point défendu de donner.
11 y a aussi de ces états qui ne sont qu'un prétexte pour recevoir l'aumône de quelqu'un , sans craindre d'être arrêté pour contravention à la loi.
Quand une pauvre femme qui tient un enfant à moitié vêtu dans ses bras, vient vous offrir un paquet de cure-dents... ou des épingles, ou même un petit bouquet tout fané... achetez bien vite...