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joignent a cela de longs cheveux plats retombant sur leurs épaules. Avec une blouse cl une casquette cette coiffure produit un singulier effet.
Nous concevons que chacun se coiffe à sa fantaisie. Portez de la barbe et des moustaches, messieurs, si tel est votre bon plaisir; mais il nous semble qu'il faudrait établir un peu d'harmonie entre sa coiffure et le restant de son costume.
La moustache et la royale devaient faire très bien sur un cavalier habillé comme au temps de Louis XIII ; la barbe devait encore figurer gracieusement sur une tête surmontée d'une toque ou d'un chapeau à plumes retroussé par-devant. Mais nos malheureux eha-
LA BARBE II LKS MOUSTACHES. 2")ô
peaux ronds, mais nos casquettes à petites visières , sur une figure
à longue barbe et à moustaches, en vérité cela n'est point en harmonie! Portez des toques, messieurs, portez des chapeaux pointus ci à grands bords , puisque vous voulez avoir de la barbe et des moustaches.
.Mais à Paris nous doutons que le règne de la barbe et des nionstaches se prolonge beaucoup. Cette mode demanderait chez ceux qui la suivent un soin extrême, une excessive propreté. Et l'on rencontre parfois des hommes à longue barbe dont la tenue plus que négligée inspire un éloignement involontaire; on ne voudrai! pas se trouver assis contre ces messieurs qui vous rappellent ce moine entretenant dans sa barbe quelque chose de sérapklque.
Certes, il est fort juste que chacun ait la liberté de se coiffer et de porter ses cheveux suivant son goût ; si un jeune ouvrier espère faire plus facilement la conquête de sa maîtresse en portant une barbe de sapeur et des cheveux longs, il est dans son droit en se présentant ainsi devant sa fleuriste ou son enlumineuse ; pour plaire maintenant à ces demoiselles, il faut qu'un homme ait quelque ressemblance avec un ours.
Saint-Foix a dit encore avec beaucoup de raison :
« On voit avec surprise, et souvent avec pitié, toutes les que- « relies, tous les livres, tous les décrets de nos ancêtres sur les
prétendus abus des cheveux tantôt longs et tantôt courts, des « cheveux artiticiels, des mentons rasés ou non rasés; et le ridicule « de ces disputes dispose le lecteur à une sage tolérance, vertu « d'une excellente pratique, lorsqu'il n'est pas question des points « essentiels au bien de la société. »
.Nous ne nous permettrons qu'une réflexion :
Nous ne sommes plus les Francs du temps de (loris, ni les Mignons de Henri III, et il faut nous en féliciter, car nos mœurs y on! gagne : nous n'avons rien perdu en bravoure, mais nous ne nous servons plus d'une hache d'arme et dune massue; nous avons