U>* BATEAU DE BLANCHISSEUSES
on la casse devant le bateau, afin que l'on puisse toujours laver.
Les blanchisseuses sont presque toutes à genoux sur le devant du bateau, les deux jambes dans une espèce de petite boîte en bois, le corps penché sur l'eau et tellement penché quelquefois, que Tonne comprend pas comment la partie supérieure n'emporte celle qui est... postérieure; mais cet accident n'arrive presque jamais.
Ne croyez point que les femmes qui ont embrassé cet état pénible, se plaignent de leur sort : bien au contraire; vous les entendez presque toujours rire, chanter. Il n'y a rien de plus gai qu'un bateau de blanchisseuses.
D'abord, ces dames parlent toujours; quand ce n'est pas l'une, c'est l'autre; le plus souvent, c'est toutes ensemble.
Voulez-vous vous en faire une idée? Écoutez un instant :
— En voila une qui crotte sa robe!...
— C'est qu'elle méprise les omnibus.
— La chemise d'un petit-maitre... fine par devant... grosse par derrière... Fiez-vous donc à ces messieurs... Toutes leurs paroles sont dans le même genre... des pièces rapportées.
— Oh ! une pratique qui prend si souvent du haut de ses bas pour mettre aux talons qu'elle en fait des chaussettes ! ... En v'ià de l'économie ! . . .
— Qu'on est heureux, qu'on est joyeux au bois de Romainville! Ah! bien, si j'avais seulement six bonnes camisoles comme celles que je lave là...
— Bah! laisse donc! tu aurais peur des voleurs; tu