‹ La grande villeChapitre 14 sur 15 · UN BATEAU DE BLANCHISSEUSES · texte numérisé non relu

UN BATEAU DE BLANCHISSEUSES

n'oserais plus sortir de chez toi... Les gueux, les gueux, sont les gens heureux, ils s aiment entre eux... quand ils ne se donnent pas des coups de poings.

— Le propriétaire de ce pantalon abuse certainement de ses genoux... toujours déchirés... Il doit être bien galant, ce monsieur-là!

— Ah! tu crois donc que c'est en se mettant aux genoux de sa belle qu'il fait craquer son pantalon?... Tu es bonne enfant, toi !... C'est tout bonnement un particulier qui a la passion du jeu de siam; c'est en visant les quilles qu'il se met à genoux.

— Un jupon qui a trente-six pièces... C'est gentil pour faire un costume d'arlequin.

— Ah ! Dieu ! j'ai les mains que je ne les sens plus!

— Je sens joliment mon estomac, moi!

— Qu'est-ce que tu as pour ton dîner?

— IUen du tout entre deux plats. Si tu veux partager, je t'invite... Fais pas de façon.

C'est en babillant de la sorte que les blanchisseuses trompent le temps, oublient leur pauvreté et achèvent gaiement leur travail.

Et venez dans un bateau annoncer à ces blanchisseuses qu'une de leur camarade est malade et sans pain, toutes ces femmes qui n'en ont pas pour elles, trouveront cependant moyen de porter des secours à celle qui ne peut pas travailler.

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