‹ La grande villeChapitre 9 sur 15 · JE BITUME · texte numérisé non relu

JE BITUME

Les gamins, lis badauds ne manquent jamais de s'aï rêter autour de la chaudière, et vous entendez là de ce réflexions, de ces dialogues qui peignent tout de suite le caractère et l'humeur d'une nation.

— Qu'est-ce que c'est donc que ce vilain fricot, qui sent si mauvais et qui chauffe dans celle grande chaudière?... dit une espèce de provincial à ime vieille portière.

— Ça, mon cher monsieur, c:est des pavés qu'on fait cuire pour daller notre pauvre boulevard, qui s'en serait ben passé !... Demandez-moi un peu si la promenade n'était "pas plus gentille quand on marchait sur la terre comme dans un jardin. Quand il avait un peu plu... on enfonçait dans la crotte, c'est vrai !... mais au moins on avait l'agrément de marcher sur la terre.

— Gomment, on va paver avec cette bouillie noire qui fume... pas possible?...

— Je vous assure, mon cher monsieur, que l'on va étaler ça sur le boulevard, commes des confitures sur du pain... et on marchera ensuite dessus, ni plus ni moins que si c'était du parquet bien frotté.

— Mais on se brûlera lvs pieds...

— Ah! mon cher ami, je ne vous ai pas dit que ça serait toujours chaud comme à présent!... Ci se refroidit en séchant. .Mais c'est si uni, que l'on croirait marcher sur une glace... c'est horriblement glissant... en hiver, par le verglas, ce ne sera pas tenable... et c'est dangereux de glisser... surtout pour les femmes!... Yeus comprenez!... Les hommes encore ont des pantalons... mais nous autres... c'est bien vétilleux !...

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