‹ La granulation azurophileChapitre 10 sur 91 · CASE · texte numérisé non relu

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Cesaris-Demel, dans ses études sur le corps de Kurloff, constatait aussi la granulation-azurophile et malgré que ce corps présente une affinité tinctoriale identique à la granulation azurophile, ne se décidait pas à la considérer comme analogue. ,

Turk n'acceptait pas que la cellule mononucléaire avec granulation pouvait se comparer à la cellule polynucléaire. La granulation de celle-ci étant bien manifeste et les autres peu définies; il pensait que la granulation azurophile était 1e résultat d’un état de dégénérescence de la cellule plutôt que le résultat d'une activité du protoplasme.

A. Wolf, persistait encore, en 1904, à considérer la granulation azurophile comme de même valeur que les autres granulations leucocytaires, il voyait que la granulation azurophile montrait une certaine ressemblance avec la granulation des Mastzellem, parce que comme celle-ci, elle était soluble, chose démontrée par son absence dans quelques mononueléaires où déjà dissoute elle ne laissait pas dans le protoplasme trace de son existence antérieure.

Pappenheim, à qui nous devons la plupart des études sur la granulation azurophile, dès l’année 1899, avait constaté dans la cellule mononueléaire, constamment, une granulation qui se voyal après coloration par le bleu de méthylène, suivie d'une coloration par le triacide. Il voyait que la découverte de Michaelis et Wolff servait de: base à son concept sur la proche parenté de toutes les cellules mononucléaires du sang. Pappenheim au début de la découverte de la granulation azurophile, avait des doutes sur l'identité de cette gra-

nulation avec celle qu'il avait trouvée en 1899; il voyait cette

granulation seulement dans quelques mononucléaires. Pappenheim disait aussi que la granufation azurophile des lymphocytes et la granulation des Mastzellem.étaient toutes les deux métachromatiques et se coloraient toutes les deux avec le colorant bleu-azur; mais que la granulation des Mastzellem

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était mise en évidence par l'emploi de n'importe quelle subsance colorante basique, mélachromatique, non métachromatiquement.-Avec la coloration de Romanowsky, la granulaüon des Mastzellem se montrait violette, tandis que la granulation azurophile se montrait rouge vif.

Levaditi, qui déjà en 1902, avait considéré dans sa thèse pour le doctorat en médecine, la granulation de Michaelis et Wolff, comme une granulation hétérochromatique, inconstante et de réaction colorante imprécise, fit en 1905 des recherches sur cette même granulation. Il affirmait qu'il était arrivé à coloret la granulation azurophile, en se servant du colorant de May-Grünwald qui ne’contenait pas d'azur. Levaditi faisait ses observations sur le sang du chimpanzé; il voyait dans les cellules mononucléaires la granulation teintée en violet, aussi bien par le triacide que par le colorant de Giemsa. É

Hirschfeld et Pappenheim critiquèrent les conclusions de Levaditi. Pour eux la granulation qu'il avait vue dans le chimpanzé. ne se rapportait en rien à la granulation azurophile, du moment qu'il pouvait la colorer par le triacide, colorant que ne teinte jamais la granulation azurophile.

Parodi, la même année, observe avec la méthode de Giemsa, la granulation azurophile, colorée en rose-violet, assez grosse (intermédiaire entre la grosseur de la granulation z et celle de la granulation :), plus évidente dans les lymphocytes à noyau non parfaitement rond. Il croyait logique de’ penser que du moment que la cellule mononucléaire présentait aussi une granulation, la classification d'Ehrlich n'était pas exacte.

Parodi ajoutait-dans ses conclusions, que du moment où les cellules lymphatiques jeunes, prises directement dans la lymphe, présentaient. la granulation azurophile, on ne pouvait pas considérer cette granulation autrement que comme l'expression d'une fonction propre de la cellule.

Pendant les années 1906 à 1909 quelques auteurs (Ferrata,

L9f)"ez.

Turk, Schleip, Benjamin et Weiïdenreich) mentionnèrent la granulation azurophile mais n'apportèrent pas de nouveaux arguments dans la différenciation de cette granulation.

Schleip dans son Atlas (1906) figurait la granulation azurophile sous le nom de granulation acidophile ou neutrophile.

En 1908, E. Benjamin dans ses observations sur le sang de l'enfant, voyait dans les cellules qu'il considérait comme d'un degré antérieur au grand mononucléaire, une granulation azurophile riche et grossière non teintée souvent en rouge violet, mais noire, fine et pointuée. £

Cette granulation il la considéra comme azuropbhile, puis: il pensa plus tard qu'elle était une granulation spéciale préneutrophile.

Ferrata (Revista syntética, 1908) confirma que n'importe quelle cellule à un seul noyau, soit de la moelie osseuse, de la rate, des ganglions lymphatiques, à protoplasme basophile, jeune ou âgée, pouvait présenter dans son protoplasme des corps plasmosomiques visibles après coloration vitale ou après fixation et coloration appropriée et qui n'élaient pas autre chose que la granulation azurophile et les corps de Kurlofi : ces cellules devaient être appelées leucocytes à: plasmosomes.

Weidenreich (1909) dans ses recherches sur les leucocytes

non granulés du sang, en signalant la granulation azurophile, n’accepla pas la façon de voir de Ferrata. Il ne croyait pas que les plasmosomes étaient les mêmes granulations azuro-

philes, du moment que celles-ci ne se trouvaient pas dans

tous les mononucléaires.

Dans la séance du 3 mai 1910 de la Société d'Hématologie de Berlin, la question de la granulation azurophile fut traitée par Grawitz, Benda, Klein, Pappenheim, Wolff et Hôfier.

Grawitz, après avoir exposé brièvement toutes les études

faites sur cette granulation, dit que la granulation azurophile ne pouvait être mise en évidence qu'après coloration par le

mélange éosine, bleu de méthylène alcalinisé, mélange dans lequel apparaissait la substance colorante azur comme un produit secondaire. D'autre part, il disait voir entre cette granulation et les granulations <, +, et y une grande différence; la première étant caractéristique des cellules à protoplasmes basophiles (lymphocyte petit, moyen et grand mononucléaires) et ne se trouvant jamais dans les cellules neutrophiles jeunes ou d’origine neutrophile.

Grawitz disait n’avoir jamais vu la petite granulation azurophile dans les myélocytes neutrophiles, ce qui lui servait à la différencier sans difficulté de la granulation + et ; et ne s’expliquait pas comment Naegeli et Schridde pouvaient voir les différentes formes de myeloblastes sans aucune granulation, alors qu’elles sont déjà si nettement différenciées par leur teinte et leurs dimensions.

En donnant une grande importance à la granulation azurophile comme élément de classification des cellules sanguines et de leur évolution, Grawitz disait qu'il pensait que la petite granulation fine des cellules myéloïdes pouvait être interprêtée comme d'un degré antérieur à la granulation € des myélocytes, étant visible, colorée en azur, tandis que le protoplasme de la cellule restait basophile, disparaissant sitôt que les myélocytes prenaient distinctement leurs caractères (granulation propre et coloration protoplasmique).

Grawitz dans son résumé exposait que l'importance de la découverte de la granulation azurophile est évidente, parce qu’elle prouvait, par sa présence, l'équivalence du développement lymphocytaire et myélocytaire; qu'on devait voir aussi bien dans la granulation azurophile des cellules lymphocytaires que des cellules myélocytaires un signe du commencement de l’activité du protoplasme basophilé jusque-là indifférente et qu’enfin la transition de la granulation fine azurophile et granulation e était un développement ascendant de l'activité du protoplasme de ces cellules.

Klein jusqu’à un certain point se montrait d'accord avec Grawitz. Il acceptait que la granulation azurophile dans les inyéloblastes était très près et directement apparentée avec la granulation <, qu’elle était le premier degré de cette dernière et qu'après une coloration de sang par le triacide le pourcentage de cellules e était égal à celui que donnait une coloration différente, seulement la granulation : colorée par le Triacide apparaissait plus fine.

Pappenheim commençait son rapport en affirmant que la granulation azurophile du lymphocyte était sans doute un produit de sécrétion fonctionnelle de la cellule et qu'elle ne pouvait être comparée à la granulation , pas plus qu'à la granulation +, lesquelles étaient simplement neutrophile et éosinophile. Dans les cellules lymphoïdes à granulation seulement azurophile et qui se transforment en cellules neutrophiles, il ne s’agit pas, disait Pappenheim, de la transformation de la granulation azurophile en granulation neutrophile, mais à côté de la granulation azurophile se forme une granulation neutrophile fine et spéciale, non mûre, qui devint plus. tard granulation neutrophile mûre.

Wolff à cette séance proposait que la granulation azurophile fût appelée granulation azur, parce que cette granulation ne se colorait pas avec l'azur; mais seulement avec le mélange de bleu de méthylène-éosine azur. D ONrT A |

Le premier hématologiste français qui cite la granulation azurophile fut J. Rieux, qui dans son étude sur les grands mononucléaires du sang (1910) donne comme un caractère spécial à ces cellules, l'existence, chez elles, d'une granulation azur, petite, ronde, abondante, laquelle au même titre que la dilatation du protoplasme, le polymorphisme de son

noyau et son agrandissement total traduit le vieillissement de la cellule sanguine.

5. Klein, dans son étude sur les grands leucocytes à un seul noyau du sang leucémique (Folia-hématologique 1910)

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