‹ La granulation azurophileChapitre 12 sur 91 · LOIRE · texte numérisé non relu

LOIRE

La même année une vive discussion s'engageait entre Pappenheim d’un côté, Scott el Thomson de Fautre, sur la coloration de Romanowsky et la granulation azurophile. Scott soutenait qu'il était arrivé par un mélange ne contenant pas d'azur, à colorer les granulations de cellules mononucléaires qu'il considérait comme des structures azurophile très douteuse. D'autre part ces granulations que Kardos interprétait comme granulations azurophiles, Scott les considérait comme des granulations neutrophiles.

La réplique de Pappenheim comportait des questions chimiques sur les colorants employés par Scott et d'autres mélanges colorants employés dans la coloration de la granulation azurophile. Pappenheim exprimait cetle fois que la granulation azurophile pouvait être peut-être un degré pro-

dromal de la granulation neutrophile et semblait être en.

relation avec la granulation primitive amphobasophile qui est le premier degré de la granulation éosinophile et pseudoéosinophile, d'après Ferrata et Kassarinoff. Enfin Pappenheim atfirmait dans ses conclusions que l'azurophilie de la granulation lymphocytaire, du corps de Kurloff, des corpuscules polaires, des thrombocytes, du noyau des protistes et plaquettes sanguines était une azurophilie spécifique. Pappenheim à cette même époque publiait quelques travaux sur la coloration vitale dans lesquels il mentionnait la granulation azurophile; il se demandait si cette granulation après la réaction colorante vitale n'était pas de nature lipoïde. Vers la fin de l'année 1911 paraissait un travail de Branca sur les structures et l'origine leucocytaires. Au moment de traiter la granulation azurophile, l'auteur n'apportait pas plus de détails que les auteurs antérieurement cités. I] considérait qu'elle était très irrégulière’ et trop inconstante mêmé pour pouvoir être assimilée aux granulations des polynucléaires. Il finissait en croyant que malgré cette granulation azuro= phile, les leucocytes hyalins différaient des granulocytes par

leur morphologie, par leur origine et par leurs fonctions.

Dans son excellent Précis d'hématologie paru cette même année, J. Rieux traitait de la granulation azurophile dans plusieurs chapitres. Nous connaissons déjà depuis 1910 ses opinions au sujet de cette granulation. Il ajoutait que vraisemblablement cette granulation représentait un produit de sécrétion du protoplasme basophile, produit inconstant el variable, surtout abondant lorsque la basophilie est faible et que la cellule mononucléaire non différenciée dans le sens granulocytaire, vieillit.

En:*1919, Pappenheim, PC: FE Schilling-Torgau, Nakano, signalaient la granulation azurophile en rapport avec les corps de Kurloff, mais sans les identifier définitivement.

En juillet 1912, K. Hynek publiait un article sur les monocytes du sang normal et pathologique, où il parle à plusieurs reprises de la granulation azurophile. Il nous dit que déjà à ‘cette époque, Naegeli ne considérait pas la granulation des myéloblastes comme une granulation neutrophile, mais comme une granulation spéciale, produit des mononucléaires, qui-se colorait par le Triacide parfois, mais pas toujours, à cause des variations dans les produits colorants du commerce, mais qu'avec les colorants de Jenner ou de Giemsa, on l'obtenait toujours avec une teinte rouge vif. Hynek, de l'avis de Pappenheim sur plusieurs points, n'acceptait pas qu'il puisse exister dans les cellules dites de transition, du sang normal, une granulation neutrophile, parce que jamais il n'avait pu arriver à la colorer par le Triacide ou n'importe quel autre colorant. Il constatait expérimentalement que chez un lapin, après injection d’une dose toxique de nucléate de soude, des leucocytes apparaissaient dans le sang avec une granulation nettement azur, granulation qui se trouvait aussi dans les cellules normales à noyau polymorphe qui ne présentaient aucun indice de transition entre les cellules mononucléaires et granulocytes.

Hynek dans une autre partie de son article critiquait Naegeli qui considérait la granulation azurophile des cellules monocytaires comme une granulalion spécifique myéloïde parce que dans ces monocytes la synthèse indo-phénole bleue tombait identiquement comme dans les granulocytes et parce qu'elle se laissait colorer par les colorants de Jenner aussi bien que par le triacide, n'existant pas là où la granulation manquait dans les lymphocytes. Pour Hynek la réaction indo-phénole-bleue ne pouvait se compter comme une preuve absolue; d'abord les colorants de Jenner et le triacide ne donnent pas toujours des résultats positifs ét après ces colorations hypoptiques l'erreur est facile quand on veut différencier les monocytes et les leucoblastes. De même que Pappenheim, Hynek croyait que l'origine de la granulation azurophile doit être cherchée dans la dispersion

chromidiale de la substance du noyau, sane qu'il soit

d'autre part facile d'expliquer s'il s’agit d’un plastin azurophile ou d'autre chose comme l'explique Décastello ainsi que Kurloff. Hynek pensait que peut-être il s'agit d’une espèce de sécrétion semblable à celle observée dans la cellule pancréatique par Ogata ou dans les cellules du foie par Coiranska ou enfin d'autre processus.

Au sujet de la transformation de la granulation azurophile, malgré qu'il la voyait comme un produit chromidial il pensait qu'elle pouvait devenir une vraie granulation neutrophile. Il Ta voyait comme un soi-disant point de cristallisation par lequel dans les cellules myéloïdes respectives les produits protoplasmiques et spécifiques de la granulation spé-

ciale étaient supprimés, mais d’un autre côté il ne voulait pas-

la voir comme un degré: antérieur de la granulation + ou de la

granulation +. Enfin il acceptait que la granulation azurophile |

pouvail être transformée dans certaines conditions en granula-

tion neutrophile, mais que cette transformation ne dépendait

pas d'elle-même, mais d’une fonction spécifique de la cellule.

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