‹ La granulation azurophileChapitre 38 sur 91 · NON MURE · texte numérisé non relu

NON MURE

Achromaphilie.

Rosé, vermillon.

‘Oxyphilie.

NOYAUX CYTOPLASMES Bleu. ; Bleu.

Basophilie. | Basophilie.

Rose Rose.

Oxyphilie. Oxyphilie.

Bleu. Bleu.

Basophilie. Basophilie. Mononucléaires.

Oxvphilie.

Rose. —.

Polynucléaires. | Résiste. Peu résistante.

Résiste. Idem.

Résiste. Idem.

| Résiste. Idem.

lésisle. Idem.

Résisle. Moins résistante.

Rouge violacé.

(Basophilie).

Oxyphilie, baso-

-hilie.

cellule est de 1 à 0 environ, les neutrophiles et les mono-oxYphiles sont incomptables, les mono-basophiles moins nombreuses : elles sont situées, comme nous avons dit, irrégulièrement dans le cytoplasme et parfois entourées d'un hâlo acromophile, les autres granulalions ne présentent pas cet hàlo ei couvrent tout le cytoplasme, de plus la granulation azurophile se présente toujours dans des cyloplasmes plus ou moins basophiles, parfois avec une tendance oxyphile, tandis que les autres granulations ne se présentent Jamais dans ün proloplasme basophile. D'autre part, la gremulation azurophile se trouve dans les cellules mononucléaires, tandis que les autres granulalions exclusivement dans des cellules polynucléaires du sang normal. NUS

Un autre caractère qui différencie les granulations azurophiles d'avec les autres granulalions déjà citées, est qu’elles se présentent dans n'importe quelles cellules mononucléaires de l'organisme avec la même forme, leintes, dimensions, structures el topographie; les neutrophiles, mono-oxvphiles et niono-basophiles, excepté dans quelques celiules des organes leucopoiétiques, ne se présentent dans aucune autre cellule mononucléaire.

Si on se rapporte à la morphologie des cytoplasmes que contiennent toules ces granulations, on voit que la granulation azurophile se trouve dans les cytoplasmes de différentes iormes el structures, tandis que les autres granulations ont un cyloplasme presqu'uniforme de la même structure et de là même teinte excepté dans les cellules de la moelle osseuse où la granulation neutrophile et la granulation monooxyplhuile peuvent se trouver dans les cytoplasmes avec un léger degré de basophilie. |

Une autre question qui montre la spécificité de la granulaloi ‘zurophile est qu'on la trouve avec ces caractères morphelriques communs dans les cellules sanguines et autres. du cobaye et du lapin, tandis que la granulation neutrophile

de l’homme ne s'y trouve pas et seulement une granulation semblable ampho-oxyphile; elle se trouve dans les cellules mononucléaires de la souris où la granulation neutrophile est presqu'invisible dans les cellules polynucléaires, après coloration par le Triacide; elle se trouve aussi avec les mêmes caractères chez la rana esculenta, chez laquelle n'existent pas d’autres granulations et seulement l’oxyphile et la monobasophile. Toujours chez tous ces animaux la granulation azurophile se présente avec la même morphologie, la même teinte, la même abondance el avec la même situation dans le cytoplasme et dans n'importe quelle variété de cellule à un seul noyau.

Si nous passons maintenant aux cellules de la moelle osseuse, de la rate ou des ganglions, soit avant qu’elles passent dans la circulation périphique, Soit après, dans une forme plus développée, mais non définitive, soit dans une forme atypique ou en voie de signes de dégénérescence, on trouve que la granulation azurophile ne se modifie pas et qu'elle garde tous ses caractères morphologiques et tinctoriaux, excepté dans certaines cellules promyélocytaires de la leucémie myéloïde chronique où elle est grossière et presque sépia (atypique). La granulation neutrophile ne présente pas la même uniformilé de caractères morphologiques et tinctoriaux : dans quelques cellules elle est fine, petite et rosâtre, lorsqu'elle est jeune, et se trouve dans des cellules mononucléaires, gardant une topographie fixe, elle augmente en quantité lorsque la cellule se développe et devient une cellule polynucléaire dont le cytoplasme présente déjà une autre affinité colorante, neutrophile, mono-oxophile ou ampho-oxyphile; la granulation mono-oxyphile aussi change d’affinité tinctoriale : lorsqu'elle est jeune, elle présente la même morphologie mais elle est au contraire basophile ou légèrement oxyphile, elle se colore déjà en bleu-ciel ou bleu-violacé clair et successivement avec le développement de la cellule

BÉTANCÈS 9

qui la contient; elle change de chromophilie graduellement jusqu'à devenir mono-oxyphile. La granulation mono-basophile garde tout de même certains rapports morphologiques avec la granulation azurophile, mais elle se trouve dans des cellules jeunes ou mûres tout à fait semblables.

Enfin, en ce qui concerne les corps de Kurloff, encore que les affinités tinctoriales soient les mêmes que celles de la granulation azurophile, les différences morphologiques sont frappantes aussi bien que les différences structurales, comme on peut le constater dans les cellules du cobaye soumises à l’action d’un agent toxique; dans ce cas, comme nous le verrons plus tard, les corps de Kurloff se gonflent, se dissocient, deviennent granuleux et laissent libre la vacuole où ils sont contenus tandis que la granulation azurophile disparait complètement sans laisser aucün reste dans le cytoplasme ou conserve parfois sa structure en augmentant de nombre.

La différenciation de la granulation azurophile avec les corps plasmosomiques de Ferrata est une question plus délicate, mais en tout cas, quelques différences de forme, de topographie, quantité. et structure paraissent permettre jusqu'ici de ne pas les identifier définitivement; s’il existe entre les deux quelques caractères communs, d’autres Îles séparent.

D'après ce bref résumé, nous pouvons voir que la granulation azurophile morphologiquement d'abord, est une granulation tout à fait spéciale et différente des autres granulations, et si en vérité quelques points communs les rapprochent, plus nombreux sont ceux qui les séparent.

Pour Michaelis et Wolff, Pappenheim et son école, Ferrata ella sienne, Giemsa, Rieux, Rosin et Beibergel, Aubertin et Chabanier, Frunking, Sabrazés, Décastello, Blumenthal, Grawitz, Rodano, Hirschfeld, Parodi, Hynek, Hertz,-etc., les spécificités de la granulation azurophile ne seraient pas

enr

discutables. Encore existe-t-il quelques particularités non étudiées par ces auteurs, particularités que notre étude personnelle nous permettra de traiter, pour trancher peut-être définitivement cette question.

Pour Turk, Naegeli, Schleip, Klein, Scott, Benjamin, Levaditi et quelques autres, la granulation azurophile des cellules monocytaires ne serait Pas une granulation uniquement azurophile, mais neutrophile parfois, préneulrophile ou de chromophilie spéciale. Dans les cellules non mûres elle serait aussi nettement neultrophile, préneutrophile ou neutrophile sans être colorée par le triacide (!) D'autre part, dans des cellules monocytaires du sang normal ou dans les cellules jeunes des organes leucopoiétiques, pour quelquesuns de ces derniers auteurs la granulation de ces cellules serait azurophile accidentellement, mais non spécifiquement.

D'après ces divergences d'opinions, nous voyons que les caractères morphologiques de la granulation azurophile sont insuffisants pour établir sa spécificité; nous ajoutons les autres caractères d'ordre chromatique et microchimique que uous avons trouvés propres à la granulation azurophile.

La granulation azurophile d’après nos constatations, ne peut êlre colorée par aucun réactif colorant basique, acide ou neutre où même jouissant d'un pouvoir métachromatique, sil ne contient pas l’éosinate d'azur de bleu de méthylène dans deitelles conditions, encore non élablies, qui permet. tent à la base carbinol de l’azur d'être fixée par l’éosine en agissant ,comme un mordant et en même temps peut-être eamme colorant (liaison physique, Pappenheim); où qu'elle soit dissociée au milieu des groupes libres basiques d'azur (liaison chimique). De la première façon, croit Pappenheim, se scrait effectuée l'azurophilie des cellules lymphocytaires, de la deuxième façon l'azurophilie des cellules lyÿmphoiïdes, myéloiïdes. Même dans l'un et l'autre cas nous voyons toujours une métachromatie neutrophile spéciale et unique de la

CN

granulalion azurophile ou une azurophilie spécifique, non facultative, comme celle des noyaux et d’autres substratums cellulaires.

On ne saurait admettre, comme le veulent Klein, Scott, Schleip, Schridde et même Naegeli, que la granulation azurophile des cellules monocytaires soit une granulation neutrophile, puisqu'on n'arrive pas à la mettre en évidence par le triacide ou par aucun autre réactif colorant neutre. Lorsque ceci arrive, la cellule monocytaire n'est pas un vrai monocyte normal, mais seulement un promyélocyte ou un leucoblaste monocytaire des organes leucopoiétiques. On ne s’expliquerait pas, d'autre part, qu'en se servant du même triacide et en suivant la même technique on arrive parfois à la mettre en évidence dans ces cellules et parfois pas, s'il ne s'agissait pas des cellules monocytaires différentes, c’està-dire, normales ou anormales, chose dont il serait difficile de se rendre compte avec une coloration hypoptique, telle que par le triacide. En somme, en colorant par un mélange panoptique d'éosinate d'azur, on peut voir que la granulation monocytaire a bien une autre affinité tinctoriale que la granulalion neutrophile vraie.

Naegeli, dernièrement, acceptait que la granulation monocylaire n’est pas non plus une granulation neulrophile, mais qu'elle est spéciale et accidentellement azurophile, parce que parfois elle se colore par le triacide ou par le colorant de Jenner et d’autres fois non par le premier, mais dans ce cas notre réponse sera la même et il ne s’agit pas de monocytes normaux lorsque la granulation est colorée par le triacide; quant au colorant de Jenner nous dirons qu'il s’agit sûrement d'une transformation du bleu de méthylène et une apparition d'azur ainsi qu'il résulte, comme nous le verrons par la suite, avec le May-Grünwald qu'emploie Klein et celui que nous avons ublisé parfois.

Klein, par exemple, fait voir que d’après sa méthode

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