‹ La granulation azurophileChapitre 42 sur 91 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

RÉPARTITION DES CELLULES A GRANULATIONS AZUROPHILES. VARIATIONS ET RAPPORTS

Dans ce chapitre nous étudierons les proportions dans lesquelles se trouvent les cellules qui contiennent la granulation azurophile dans le sang et autres tissus normaux et anormaux de l’homme adulte, de l'enfant et de quelques animaux de laboratoire.

Sang normal. — Les chiffres de la proportion dans laquelle se trouvent les différentes cellules sanguines à l’état normal, qui ont été donnés par les différents hématologistes, sont aussi variés que le nom des nombreux auteurs qui les ont donnés. En disant que ces différences de résultat numérique ont été dues souvent à la technique, nous ne prétendons pas dire une chose nouvelle.

Un examen fait dans la matinée, ne donne pas les mêmes

résultats que 2? ou 3 heures après le repas de midi. Ce résultat n'est pas le même lorsqu'on fait le prélèvement de sang sur un individu en repos ou après un exercice musculaire, sur une femme à certaines périodes de sa vie, ou sur un enfant qui est impressionné par les préparatifs de cet examen. Chez les animaux de laboratoire les variations sont fréquentes et de là les résultats différents qu'on oblient dans certaines expériences. L'étalement du sang, la coloration et plusieurs autres manipulations influent aussi peste out sur le résultat obtenu.

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Malgré tout, les chiffres des cellules sanguines à l’état normal, donnés par divers auteurs, ne sont pas très écartés (1). Dans les examens que nous avons faits, chez l'adulte de 18 à 45 ans, à 11 heures du matin, généralement nous avons trouvé, par millimètre cube : 6.400 à 8.000 globules blancs, dont polynucléaires : de 58 à 69 p. 100. La moyenne que nous avons obtenue élait la suivante : par millimètre cube 7.200, dont : polynucléaires < 63,32 p. 100; polynucléaires a, 2p. 100, polynucléaires y 0,56 P- 100, lymphocytes 27,06 p. 100, monocyles 5,83 p. 100, cellules indifférenciées 1,22 P. 100. Les écarts de ces chiffres que nous avons trouvés ont été, pour les polynucléaires : 59 à 69 P- 100, pour les polynucléaires à 1 à 3 p. 100, pour les polynucléaires + 0.40 à 0,65 p. 100, lymphocytes 22 à 38 p. 100, Monocÿtes 3,5 à 7 p. 100, indifférenciées 0 à 3.04p. 100.

En prenant des sujets qui présentent un équilibre leucocyfaire qui rentre dans ceux que nous venons de donner, la granulation azurophile présente les chiffres qui nous donnons dans le tableau suivant :

Une simple étude de ce tableau nous permet de voir que la granulation azurophile se trouve dans un tiers environ des cellules mononucléaires, — dans un dizième par rapport à 100 globules blancs. Dans les micro-lymphocytes, on en trouve 1 sur 10 qui contient la granulalion azurophile, — dans les microlymphocytes de la seconde forme où le cytoplasme est plus large et le noyau excentrique 1 sur 7 à granulations azurophiles, = dans les mésolymphocytes de la première forme à l’état normal, nous ne trouvons pas la gra-

nulation azurophile, — dans les mésolymphocytes de la seconde forme, presque la moitié contiennent cette granulation, — dans les monocytes de la première forme à noyau

(1) Lorque nous parlons du sang normal, nous entendons le sang d'un sujet qui n'a pas de tares antérieures et qui est dans un état de santé actuelle parfait.

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légèrement excentrique, presque ovale, à cytoplasme étroit et de basophilie homogène, on trouve à peu près 1 sur 10 porteurs de la granulation, tandis que dans les monocytes de la seconde forme, sur 100 de ces cellules 69 à 70 la contiennent. Dans les cellules indifférenciées, on trouve, parfois, une petite granulation qui n'est pas la vraie granulation azurophile et qui.peut être confondue facilement avec elle. Elles se trouvent dans une proportion très variable, toutefois sur 100 de ces cellules, il y en a 40 environ qui peuvent la contenir.

Si nous considérons maintenant les chiffres donnés dans le petit tableau annexé au tableau n° 3, chiffres obtenus des sujets normaux, nous pouvons voir.également que dans la proportion des mononucléaires à granulalions azurophiles, par rapport à 100 globules blancs, il y a des écarts de : 9.48 p. 100 à 11.68 p. 100, c'est-à-dire une différence de 2.20 p. 100; par rapport à 100-cellules mononucléaires, la différence maximun est de 6 p. 100. Dans la quantité globale par millimètre cube, les différences ne dépassent pas de 100 à 150. Dans toutes ces cellules, soit par rapport à 100 globules blancs ou à 100 cellules mononucléaires, ou à 100 mononu- cléaires de la même forme, il existe toujours un rapport presque semblable, ou de si petits écarts, qu'ils ne méritent pas d’être pris en considération.

L'explication de toutes ces différences est très facile, en suivant les chiffres donnés des cellules polynucléaires, ou des cellules par millimètre cube de sang. En tout cas, en faisant des moyennes de tous ces chiffres, nous voyons qu'ils sont presque égaux à la moyenne que nous avons donnée comme moyenne type de l'homme adulte normal. D'autre part, nous pouvons constater que, s’il existe des écarts notables entre les chiffres de l’un ou l’autre sujet normal, ces chiffres ne s’écartent pas beaucoup de la moyenne. En prenant, par exemple huit sujets normaux (au sens le plus strict), nous

trouvons que trois d’entre eux présentent 1/3 exactement des cellules mononucléaires à granulations azurophiles, les cinq autres de 1 à 3 plus ou moins de 1/3. D'autre part, étant donné que ces chiffres sont les seuls qui ne sont pas influencés par les autres, résultant de la proportion des cellules polynucléaires, on peut les accepter comme presque constants et ils permettent de fixer un chiffre fixe du nombre et rapport des cellules à granulations azurophiles, dans une image sanguine telle que nous la considérons comme strictement normale. Si l’on trouve que les cellules non différenciées à granulation azurophile peuvent donner des erreurs, on peut les supprimer, cela ne donnera pas un changement notable, forcément ce sont des cellules qu'il faudra alors .comprendre dans les mésolÿmphocytes ou plus exactement dans les monocytes.

De toute façon, nous avons établi et nous donnons l’image azurophile de notre tableäu, comme une image type de l’homme adulte normal, en nous basant dans les images obtenues sur 10 sujets normaux qui ne présentaient pas de différence appréciable dans sa formule sanguine, pas plus que dans la quantité des cellules contenues dans un millimètre cube.

La formule leucocytaire de la femme ne paraît pas être différente de celle de l’homme, excepté dans certaines périodes de sa vie génitale, par exemple, pendant, la menstruation. À ce moment, il y a diminution du nombre total des globules blancs par millimètre cube, diminution qui sera suivie d'une augmentation les jours suivants. Sfemein donne une augmentation de 1.000 à 2.000 globules blancs : Heyem, Loeper constatent une diminution.

Chez les vieillards de 67 à 81 ans, Dobrivici et Jolly signalaient une augmentation des cellules polynucléaires, Duperri et Cadet disent qu’il n'existe aucune différence avec l'adulte, et Etienne et Perrin signalent une augmentation totale de

9.600 à 12.000 par millimètre cube, avec une moyenne chez l'homme de 8.680, chez la femme de 7.371. Beredska, Courmont et Montagart trouvent 70 à 75 p. 100, Dobrivici et Jolly donnent le même chiffre.

Dans tous les cas, chez la femme hors de sa période génitale, la différence avec le chiffre de l'homme n’est pas sensible et chez les vieillards le chiffre total n’est pas différent, la proportion des cellules polynucléaires est seule augmentée.

La cellule à granulations azurophiles, dans ces deux cas, n'est pas sensiblement augmentée en nombre, soit par millimètre cube, soit dans ses proportions, par rapport à 100 globules blancs ou à 100 cellules mononucléaires ; quelque différence que nous ayons pu observer, nous l'avons trouvée aussi chez des sujets adultes et la moyenne qu'on peut faire chez les vieillards et la femme apparaît identique à celle de l'homme adulte. Toutefois, il faut observer que les chiffres proportionnels chez la femme et chez les vieillards se rapprochent généralement des chiffres minima de l’homme adulte normal.

Variations physiologiques. — Voyons si chez un même sujet, à formule leucocytaire normale, la proportion des cellules à granulations azurophiles varie d’après les variations qu'on peut observer dans son image sanguine, dans diverses périodes. Zu

Nous savons que Jolly, Leredde et Loeper, Dumont, donnent des changements qui ne dépassent pas 6 p. 100 et 3.8 p. 100, surtout dans les cellulès polynucléaires. Les sujets qué nous avons pris pour notre observation ont été soumis à notre surveillance directe, et ont suivi un même régime de vie. Nous avons pris des sujets normaux et des sujets anormaux, mais chez ceux-ci, aucune cause ne pouvait changer les images sanguines. Le tableau donnera ces varia-

tions :

L'analyse du tableau précédent montre que, tandis que les

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