‹ La granulation azurophileChapitre 46 sur 91 · CE · texte numérisé non relu

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intéressants en les étudiant séparément et ensemble, à chaque période après l’accouchement.

Nous constatons, comme cela a élé signalé par différents auteurs, qu'au moment de la délivrance il y a une forte augmentation des globules blancs, qui porte surtout sur les polynucléaires neutrophiles, que cette augmentation persiste pendant quelques jours ; que parfois elle peut cesser deux ou trois jours après et que chez les femmes multipares, elle est moins notable, ainsi que l'augmentation totale par millimètre cube.

D'après nos recherches également, le pourcentage des cellules à granulations azurophiles rapporté à 100 mononucléaires, est assez élevé au moment de la délivrance, et pendant les jours suivants il ne diffère pas de celui de la femme pendant la gestation ; les cellules sans granulations azurophiles se trouvent naturellement dans une proportion beaucoup plus petite que chez l'homme et déjà au 30° jour elle devient normale; par millimètre cube le nombre est aussi moins élevé. Les cellules à granulations azurophiles donnent un pourcentage, rapporté à 100 globules blancs, à peu près normal; rapporté a 100 mononucléaires, il y a’une baisse graduelle depuis la délivrance jusqu'au 30° jour où est moindre le chiffre de celui de l'homme normal. Toutefois dans toutes ces périodes il y à un pourcentage des cellules à granulations azurophiles rapporté à 100 mononucléaires, plus élevé que chez l'homme normal. Le nombre total par millimètre cube jusqu'au deuxième jour, arrive à être double de la moyenne normale et ce n’est qu'après un mois qu'il ya une quantité normale. Le rapport des cellules à granulations azurophiles et sans granulations azurophiles de la même forme, se trouve augmenté dans toutes les variétés, c'est-àdire, dans les cellules lymphocytaires aussi bien que dans les cellules monocytaires. Il est fréquent de trouver dans les cellules leucoblastiques la granulation azurophile.

Si nous étudions séparément chacune de ces périodes en les comparant aussi les unes aux autres, nous trouvons que, si la proportion des cellules mononucléaires à granulations azurophiles par rapport à 100 mononucléaires suit la même diminution progressive qué les cellules polynucléaires neutrophiles, il n’existe aucun rapport entre tous ces chiffres. Par exemple, nous savons que deux jours après l’accouchement et 6 jours après, il existe à peu près une même proportion de cellules à granulations neutrophiles, tandis qu'on trouve 49 p. 100 de cellules à granulations azurophiles au deuxième jour et 42 p. 100 au sixième jour, soit une différence de 7 p. 100. Pour les cellules mononucléaires sans granulalions azurophiles nous trouvons qu'au moment de la délivrance il existe 3 p. 100 de ces dernières et 8 p. 100 à granulations azurophiles; au sixième jour il y en a 14 p. 100 des premières et 10 p. 100 des secondes, soit une différence dans les premières cellules, de 11 p. 100 et dans les secondes de 2 p. 100. On peut se rendre compte d'après les chiffres donnés dans ce tableau, qu'il n'existe aucun rapport numérique ni entre les cellules à granulations neutrophiles, ni entre les cellules à granulations oxyphiles, ni entre les cellules mononucléaires sans granulations azurophiles, avec les cellules qui portent cette granulation; ces chiffres sont tout à fait indépendants et après les changements on peut voir qu’ils sont ‘Ja conséquence d’autres causes, indépendantes du changement numérique des cellules d’autres variétés.

Plus tard nous étudierons tous ces rapports et nous verrons plus clairement ce que nous venons de dire en comparant le résultat des observations dans différents sujets, C'est-à-dire : chez l'enfant, chez l'adulte et chez la femme dans toutes ces périodes.

Nous allons passer maintenant à l'étude de la répartition de la cellule à granulations azurophiles dans certains organes y compris les leucopoïétiques.

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Naturellement dans cette étude nous ne pouvons pas éta-

blir les rapports entre les cellules à granulations azurophiles et les cellules à autres granulations dans tous les organes que

nous allons étudier, puisque ces dernières n'existent que dans les organes hématopoïétiques.

Glanglion lymphatique. — Dans le tissu ganglionnaire (constitué comme on sait par des cellules lymphoïdes, microlymphocytes, grands lymphocytes et d’autres cellules non mûres : cellules conjonctives, épithéliales, constituant la formation réticulée du ganglion, follicules et trame conjonctive); les cellules à granulations azurophiles se trouvent principalement au sein des cellules comprises dans les follicules et le tissu péri-folliculaire.

La richesse cellulaire du ganglion lymphatique et ses variétés cellulaires, n’est pas si grande comparativement que celle d’autres organes leucopoïétiques; pourtant dans cet organe, ainsi que les autres que nous allons décrire, la numération et l'établissement d'un pourcentage exact des cellules à granulations azurophiles est presque impossible, aussi les chiffres qu’on peut donner sont seulement approximalifs et : servent uniquement à donner une idée de sa présence et de sa répartition.

Dans la portion folliculaire se trouvent un nombre considérable de cellules lymphatiques, plus abondantes encore dans le centre folliculaire lui-même que dans la zone périfolliculaire. La plupart de ces cellules sont macrolymphocy-, taires dans certaines régions, dans d'autres microlymphocytaires; dans les unes et dans les autres il est très rare à l'état normal de ce tissu, de trouver quelques cellules qui contiennent des granulations azurophiles. Nous avons pu établir un pourcentage, que nous donnons comme approximatif, de 2 à 5 p. 100.

Dans les cellules à cytoplasme étroit, microlymphocytaires ou microlymphoïdocytaires, dans lesquelles peut-être existe-

rait un pourcentage plus élevé, l'étroitesse des corps de la cellule rend presque impossible la différenciation de la granulation azurophile.

Dans les autres cellules, avec un cyloplasme plus large et moins fortement basophile, on peut trouver la granulation plus facilement el on peut établir un pourcentage de 6 à 10 p. 100, pas plus.

On peut constater dans le ganglion lymphatique d’autrés cellules à cytoplasme encore plus large, un peu irrégulier où en partie élendu, où le noyau n'est pas complètement sphérique ou ovalaire toujours, et plus souvent légèrement réniforme ou échancré, et de structure non nettement leptochromatique, tel que le Ge morphologique des cellules monocytaires lymphatiques, non complètement dé éveloppées. Entre ces cellules il nous a semblé exister un ARE à de celles qui contiennent la granulation azurophile, de 10 à 13 p. 100, par rapport à 100 cellules de la même variété.

Dans lés cellules qui sont les types exacts des cellules élémentaires primitives, lymphoïdocylaires, lymphoblastes de Naegeli, lymphogonie de Benda ou cellules germinatives de Fleming, etc., qui se trouvent dans quelques centres folliculaires, il est très rare de trouver la granulation ainsi que dans ces cellules, primitives aussi, qui présentent encore une basoplastine fortement teinte en bleu-violacé et qui sont des cellules dont il est encore impossiblé de déterminer le sens de l’évolution. \

Si nous ajoutons le pourcentage de ces dernières cellules, /nOUS croyons pouvoir établir, qu'au total, les cellules des ganglions lymphatiques à granulations az urophiles se trouvent par rapport à es cellules d'une ou l’autre variété dans la proportion de 3 à 6 p. 100 et pas plus; ces RU sont sans aucun rapport avec d'autres cellules, dont la pré-

sence dans les tissus lymphatiques est extrêmement exceptionnelle,

Fig. h. — Liquide périlonéal du cobaye (Frottis. Cross. 670 augm.). Quelques lymphoïdocytes, leucoblastes monocytoïdes, etc. à granulations azurophiles. 1

î Fig. b. — Rein humain (Empreinte. Gross. 670). Cellules épithéliales du gromérule à granulalions azurophiles.

Moelle osseuse. — Dans la structure de la moelle osseuse, nous devons distinguer les cellules qui présentent déjà un caractère de différenciation vers le sens érytrocytaire et vers le sens leucocytaire. Nous rapportant à ces dernières et en partant des cellules à type mégacariocyle qu'on trouve fréquemment dans les tissus médulaires osseux, nous avons pü établir que, très rarement, elles contiennent les granulations azurophiles. La proportion de ces cellules à granulations azurophiles à été impossible à établir, étant donné que nous n'avons pas eu un nombre suffisant de préparalions; nous avons trouvé la granulation azurophile sur une préparation qui contenait 3 ou 4 mégacariocytes, dans une de ces cellules, dans d’autres préparations pas du tout. Comme on le voit d'après ces chiffres, on ne pourra établir qu'un pourcentage par rapport à 100 de la même variété, de 15 à 20 p- 100.

En passant aux cellules déja plus abondantes, nous avons trouvé que dans les cellules lymphoïdes, originaires, (myéloblastes de Naegeli, grands lymphoïdocytes de Pappenheim), à noyau leptocromatique, cyloplasme constitués par un périplasme spongieux, grossier, plus ou moins fortement basophile, Iymphoïdocytes vraies, la granulation azurophile se trouve très rarement et dans les cellules de la même variété lorsqu'elle présente une légère expansion cyloplasmique, un noyau encore leptocromatique et moins sphérique et un cyloplasme moins basophile, dans une proportion de 15 à 20 p..100 de la même variété de cellule. Dans les cellules à peu près semblables morphologiquement et que nous appelons Jeucoblastes vrais, d’après notre description précédente, la granulation azurophile se trouve plus fréquemment et nous avons pu établir un pourcentage approximatif, rapporté à 100 cellules mononucléaires, de 6 à 10 p. 100. Dans ces cellules on trouve parfois aussi une granulation neutrophile non mûre avec la granulation azurophile. Dans les cellules encore plus différenciées, promyélocytaires, où l’on peut trouver aussi

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des granulations neutrophiles plus développées, celles qui contiennent la granulation azurophile se trouveraient à peu près dans les mêmes proportions, rapportées à 100 cellules différentes, soit un peu plus de 15 p. 100. A part ces cellules, on trouve des cellules de la même variété microlymphoïdocytaires, microleucoblastes, où la granulation azurophile est extrêmement rare; dans des cellules métamyélocytaires neutrophiles, cellules jeunes pré-oxyphiles à granulation basophile, cellules encore non différenciées. dans un autre sens, la granulation azurophile n'est jamais visible..

More croyons, d'après nos recherches, pouvoir établir un pourcentage de cellules à granulations azurophiles, approximatif et rapportées à 100 cellules mononucléaires, de 15 à 20 p. 100, jamais plus, avec une moyenne de 18 p. 100 non compris les cellules à granulation seulement neutrophile, oxyphile ou basophile.

Rate. — Nous savons que, dans la rate, les cellules du type lymphatique, ainsi que du type myéloïde, se trouvent soit dans les follicules, soit dans la pulpe splénique; dans la charpente fibreuse, les cellules conjonctives endothéliales, etc.

Dans les cellules du type lymphocytaire et entre les cel- . lules du type monocytaire, nous avons trouvé qu'il existe un pourcentage plus élevé de cellules à granulations azurophiles que dans les mêmes cellules des ganglions Iympha tiques et de la moelle osseuse respectivement, où au moins plus élevé dans les premières; ce plus grand pourcentage peut être constaté dans des cellules du type monocytaire, ou splénocytes, mais il n’est nullement approché du chiffre trouvé dans le sang périphique. Nous avons calculé que sur 100 cellules de te type il y en aura environ 20 avec la granulation azurophile; sur 100 cellules lymphocytaires, plus ou moins, 8 à 14 p. 100, portent la granulation. A part des cellules du type leucocytaire, on peut trouver encore la gra-

nulation azurophile dans des cellules du type épithéliali eonjonclives, quoique moins abondantes.

Foie, reins, tissu endothélial. — Ljans ces lissus nous avons constaté qu'ilestrare detrouversur 100 cellules! ou? cellules qui contiennent des granulations azurophiles. Parfois lorsque le cytoplasme de ces cellules est plus homogène, le noyau excentrique et la chromaline moins différenciée, on peut en trouver jusqu’à p. 100. Ces proportions sont les mêmesque celles qu'on peut observer dans presque tous les autres tissus de l’organisme; mais nous devons faire remarquer, que dans les cellules hépatiques, ilest plus difficile de trouver la granulation azurophile, ainsi que dans les cellules des tubes du rein et moins, difficile dans les cellules épithéliales de la capsule de Bowmann et du glomérule. |

Nous différons l'étude des proportions des cellules à granulations azurophiles dans d’autres tissus, jusqu’au moment des constatations faites sur les animaux de laboratoire et nous allons finir avec sa répartition dans le sang de l'homme orsque celui-ci présente une image sanguine qui s'écarte de la moyenne type normal que nous avons déjà établie.

Proportions et rapports numériques dans le sang à prédominance de cellules neutrophiles, Paypaes ou autres. |

En étudiant les oscillations qui peuvent se présenter dans les chiffres relatifs et totaux des cellules à granulations azurophiles dans les images de sang où prédomine un type cellulaire, soit dans ses proportions relatives ou dans sa quantité totale par millimètre cube, nous avons pu constater encore la différence qui existe entre la granulation azurophile et la granulation neutrophile.

Nous commencerons d’abord par ‘étudier dans un même tableau des types d'images différentes : d’abord un type où

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dominent les cellules à granulations neutrophiles, ensuite un type où dominent ies cellules à granulations oxyphiles; un autre où prédominent les cellules mononucléaires, et enfin en prédominance d'une ou de l’autre, soit relativement, soit totalement.

D'abord nous devons accepter qu'un excès du nombre total des globules blancs est constitué lorsque le chiffre par millimètre cube dépasse celui que nous avons donné comme type normal, au moins en 1.500, ce qui donnerait un lotal de près de 9.000 en étant le chiffre de 8.000 encore le maximum normal. Rieux considère qu'il y aura un excès de globules blancs lorsque le chiffre dépasse 8.000 par millimètre cube; Hayem considère que le chiffre de 10.000 caractérise une hyperleucocytose ; Sabrazès considère aussi ce chiffre comme un excédent des globules blancs par millimètre cube et enfin chaque auteur considère un excédent, lorsque le chiffre trouvé dans ses recherches dépasse de sa moyenne ou de leur chiffre maximum normal.

Si cette question n'est pas très discutée, non plus celle qui se rapporte à la prédominance de chaque espèce cellulaire, tout dépend, comme nous avons dit, du nombre que chaque chercheur a trouvé et considère normal; pour les uns il y aura excès de neutrophiles lorsque le chiffre dépasse 70 p. 100 pour les autres lorsqu'il dépasse 80 p. 100. Pour nous il y aura un excès d’oxyphiles quand il y en aura plus de 4 p. 100, pour d'autres 5 p. 100, pour d’autrés encore 1 1/2 p. 100. En ce qui concerne les cellules mononucléaires elles iront naturellement en proportion avec les polynucléaires et pour qui accepte qu'il y aura neutrophilie lorsque le nombre de céllules polynucléaires neutrophiles dépasse 70 p. 100, il y aura mononucléose lorsque le chiffre des cellules mononucléaires dépassera 30 p. 100. En général, on accepte que le nombre de 9.000 globules blancs par millimètre cube dont 80 p. 100 de neutrophiles, 5 p. 100 d’éosinophiles, 1 ou

1 1/2 p. 100 de basophiles el 40 p. 100 de mononucléaires, constitue une leucocylose.

Quoique, dans cette partie de notre étude, nous n’ayons rien à voir avec l’état physiologique du sujet qui va nous servir d'exemple, il nous a fallu tout de même prendre connaissance de cet état, de façon à être fixé sur l’image sanguine dans laquelle nous allons trouver un excédent de cellules neutrophiles, oxyphiles ou mononucléaires et nous avons dù nous guider sur les résultats obtenus par quelques hématologistes. |

Pour Hayem, von Limbeck, Pick, Turk, Rieder, Lœbper, Stiénon, et d'autres auteurs, il y a une grande augmentation du nombre des globules blancs dans la pneumonie, augmentation de 20 à 30.000, qui porte sur les polynucléaires neutrophiles. Beredska, Nicolas, Courmont, Gabritschewsky, Simon, Paris, et autres, qui ont étudié la leucocytose dans la diphtérie, ne sont pas d'accord; quelques-uns donnent une grande augmentation des globules blancs, d'autres une augméntätion modérée ; quelques-uns portent l'augmentation sur les polynucléaires neutrophiles; d’autres pas d’une façon constante: Dans la coqueluche et la scarlatine, tous les chercheurs qui se sont occupés de l'étude hématologique de ces deux maladies, ont trouvé une augmentation considérable des polynucléaires. Meynier donne, dans la coqueluche, une augmentation globale de 13 à 25.000 par millimètre cube, Frôhlich donne aussi une grande augmentation des polynucléaires. Dans la scarlatine, Rieder, Vanderberghe, Sacquepée, Kotschetoff et plusieurs autres auteurs ont trouvé aussi une forte polynucléose et mononucléose. Dans le rhumatisme articulaire aigu, Hayem, Halla, Stiénon, etc., ont signalé une augmentation de 10 à 15.000 par millimètre cube avec polynucléose. Dans la tuberculose, l'augmentation des globules

blancs sera variable suivant la période de la maladie et on.

:en trouvera de 10 à 16.000 dans une période avancée (Rieux).

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