‹ La granulation azurophileChapitre 64 sur 91 · EP R · texte numérisé non relu

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ni suffisamment pratique pour trancher définitivement la question. De même, la granulation observée par Bosc dans des frottis colorés, est sans doute la granulation azurophile, mais à l’ultra-microscope ces deux granulations, d'après nos observations, ne se ressemblent pas.

Propriétés physiologiques.

Mobilité. — La granulation azurophile est-elle mobile? Si certaines images des cellules dans lesquelles elle se présente, paraissent indiquer qu'elle se déplace à l'intérieur du cytoplasme, d’autres images nous font penser qu'elle se déplace à cause du mouvement amiboïdien du corps cellulaire.

Comme on a discuté les mouvements propres de la granulation neutrophile el mono-oxyphile, on peut discuter ceux de la granulation azurophile, toutefois les granulations neutrophiles etmono-oxyphiles ont pu être supposées se mouvoir par leur présence hors du cytoplasme; il est du reste vraisemblable que cette migration n’est pas due au mouvement propre de la granulation, mais provient de l'éclatement artificiel ou naturel de toute la cellule. Cela n'arrive pas avec la granulation azurophile ; nous n’avons jamais trouvé une granulation azurophile libre, c'est-à-dire, hors d’une parcelle du cytoplasme. Parmi les cellules que nous avons classifiées comme indifférenciées, s'il:est vrai que nous en avons vu quelques-unes hors d'un noyau presque nu, elles n'ont pas été entièrement libres, car il y avait toujours une petite portion du cytoplasme autour de cette granulation, en apparence indépendante du noyau ou du filet azurophile décrit par Decastello, Hynek et d'autres, réseau qui pourra être dépendant du filet chromatinien ou du spongioplasme, et qui en tous cas est morphologiquement d'apparence chromatinienne. Elle peut être attachée à ce filet, mais en réalité, indépen-

® dante de lui. Par exemple, dans des cellules mésolymphocytaires, dans lesquelles les noyaux se montrent après fixation comme si elles étaient immobiles, (d'après leur position centrale, leur forme sphérique et dans lesquelles le cytoplasme apparaît aussi comme en état immobile, sphérique et un peu gonflé), nous avons vu que la granulation azurophile est répartie déjà près du noyau, quelques-unes, des autres près du périplasme. Dans d'autres cellules où un débris cytoplasmique est détaché du reste de la cellule, la granulation reste

apparemment à sa place, elle ne paraît pas avoir changé :

d'emplacement. Cette inégalité ou irrégularité de situation de la granulation azurophile, ne nous paraît pas devoir être à un titre quelconque, une preuve du mouvement propre de la granulation. D'après sa topographie il est très vraisem- blable qu’elle change de place, mais pas par elle-même. Dans les masses protoplasmiques libres (bulles de Mayer) qui sont généralement sphériques, la granulation azurophile lorsqu'elle s'y trouve est centrale et si par exemple, dans les microlymphocytes elle est visible, c’est toujours dans la partie où le protoplasme est plus large; de même si dans quelques mésolymphocytes de la première forme elle se trouve dans le périplasme, peut-être y avait-elle été conduite avant l’immobilisation de la cellule. De toute facon, la certitude du mouvement propre de la granulation azurophile ne peut pas être constatée d'une autre façon et nous, devons nous en tenir à sa mobilité commandée par la mobilité de la cellule qui la contient.

Un fait déjà constaté anciennement (Jones, 1846, Davaine,

1850, Ranvier 1875, Schultz, 1865) et qui ne permet pas de discussion, est le mouvement propre du leucocyte , mouvement sur place, amiboïde, mouvement de transiation, diapédèse (Dallinger, 1819, Dutrech, Dujardin, Müller, 1824, Waller, 1846, Stricker, 1865, Cornheim, 1866, Lortet, 1867, Ranvier, .etc.). Mais cette constatation, observée particulièrement sur les

cellules sanguines polynucléaires, ne le fut pas à l'égard des mononucléaires. Jolly, Wolff, à la mème époque, furent les premiers à démontrer que rien n'était si invraisemblable et que les cellules mononucléaires avaient un mouvement identique au mouvement des cellules polynucléaires. Neumann, Mayer, Biesadecki, Lowit, Roux, Müller, Rieder, Morel, en pensant que dans le mouvement actif il pouvait y avoir les cellules mononucléaires du sang leucémique, par exemple, contrairement à l'opinion de Weiss et d'Hayen, permettait à Jolly de faire ces observations etde déterminer nettement le degré de mobilité de chaque espèce de cellules mononucléaires. Dans ses observations il constatait qu'aussi bien que les cellules à grand noyau, les cellules à noyau plus petit possédaient un mouvement plus ou moins actif, d'après l'espèce cellulaire. Alfred Wolff constatait aussi que les cellules lymphatiques avaient la capacité de se mouvoir comme Vidal l’avait constaté également; Hirschfeld, d’un autre côté, voyait le mouvement des grands lymphocytes de la leucémie lymphatique, contrairement à Ehrlich qui ne l'avait pas constaté. Wolff considérait que rien n’était plus facile à constater que ce mouvement in-vitro, surtout par le procédé à l’agar-agar que recommandait Destjenedekhysin; avec sa méthode il voyait lé mouvement plus actif de toutes les cellules mononucléaires sans que ces cellules périssässent, ce qui arrivait naturellement par coloration vitale, où un quinzième à un vingtième des cellules mourait à cause du colorant : « le mouvement dans ces cellules était une faculté biologique propre à elle, comme qualité fondamentale de toute vie ». |

Un grand nombre d’autéurs ont confirmé depuis toutes ces affirmations et sont arrivés à pouvoir activer ou relarder la mobilité des cellules sanguines. D'autre part, ce mouvement peut être constaté dans les cellules libres, soit dans le plasma-sanguin, soit dans un liquide approprié. Les tra-

vaux de Metchnikoff et de ses élèves ont été aussi concluants, ils sont connus de tous les histologistes et il serait trop long de les analyser. Nous dirons seulent que le miouvement des cellules fixes étant parfois un mouvement sur place, il arrive qu’il est nié par quelques auteurs, comme Groden, qui pensait que les cellules mononucléaires à grand noyau (macrophage de l'exsudat péritonéal de, chiens tubercolisés par la voie abdominale) n'étaient que des cellules conjonctives desquamées (ce qui prouva complètement que ces cellules devepaient libres à cause de leur mobilité qui leur permettait d'abandonner la membrane épiploïque). Comment maintenant pouvait-on comparer les mouvements de ces cellules et quels étaient les signes qui pouvaient confirmer ces mouvement? Par une élude comparative morphologique d’abord, comme l'étude de certains êtres inférieurs, les amibes, les auteurs purent confirmer ces mouvements; de là est venu le mot qui désigne le changement de forme dans les unes et dans les autres et qui sert à désigner le mouvement des cellules mononucléaires : mouvement amiboïde. Les cellules mononuclées émettent des expansions plus ou moins larges, d'aspect différent, pseudopodes, ici dans une direction, là dans une autre; puis, une de ces expansions augmente aux dépens du reste de la cellule, lès noyaux s'y portent et de cette façon tout le reste de la cellule; quelques pseudopodes s'effacent et d’autres se forment à côté. La cellule sanguine, ainsi que d’autres cellules quelconques en état de repos, présente seulement une forme sphérique régulière; et si ce changement morphologique se produit dans le cytoplasme mobile, les noyaux paraissent suivre ce mouvement er donnant certaines différences morphologiques. Si ces différences ne sont pas uniquement liées au mouvement du cytoplasme et aussi à d’autres fonctions particulières du noyau ou de toute la cellule, nous devons convenir de toute façon que les noyaux, comme il à été observé dans les différents mouve-

ments de la cellule, peuvent devenir ovales, réniformes ou présenter des échancrures et à la fin se diviser; les noyaux, comme nous l'avons déjà dit, changent de place et arrivent à rester excentriques. Ces constatalions ont été faites en fixant les cellules pendant ce mouvement. De cette même façon, Ranvier, et Jolly, ont pu constater que les cellules les plus actives sont celles qui ont un protoplasme plus riche, telles que les grands mononucléaires, les polvnucléaires, les mésolymphocytes et en dernier lieu les microlymphocytes; ainsi toutes ces cellules possèdent à des degrés divers un degré respectif de mobilité.

Sachant qu'une fixation appropriée pouvait tuer les cellules dans la forme qui permettait le degré de mobilité dans lequel elles se trouvaient à la sortie de leur milieu naturel, sachant aussi qu’à la sortie de ce milieu on pouvait constater pendant quelque temps leur vitalité et la mobilité qu’elles possédaient naturellement, nous avons considéré que c'était pour nous un moyen de voir si ces cellules possédaient un degré plus grand de mobilité ou égal à d’autres cellules ne contenant pas cette granulalion.

Jusqu'ici, en nous rapportant seulement à la mobilité de la cellule isolée (abstraction faite d’un autre mouvement qui s'opère dans tout un groupe de cellules dans certaines condilions et qui est aussi la conséquence de quelques conditions spéciales de l'organisme), nous pouvons affirmer queles cellules à granulations azurophiles possèdent cette propriété de se mouvoir ainsi que les autres cellules sanguines. Le fait est facile à constater dans des préparations colorées de sang frais, en suivant la technique que nous avons déjà décrite : de cette facon nous avons pu constater qu'un certain nombre de cellules à protoplasme large, à noyau excentrique, où il y a des expansions cytoplasmiques, possédaient la granulation azurophile ; de cette même façon nous avons pu observer dans des préparations sèches, où la forme irrégulière de la cellule

est tout à fait spéciale, qu'elle à été fixée au moment où se produisait un mouvement amiboïde. Ces figures sont loin d'être égales naturellement à celles qu'on observe après l'étalement du sang. k :

Dans notre classification des cellules mononucléaires, nous avons compris dans un groupe de cellules microlymphocytaires, les cellules de la première forme qui paraissent ne pas être dans un état de mouvement actif; parmi ces cellules, normalement il yen a 10 sur 110 qui contiennent la granulation azurophile, tandis que dans ces mêmes cellules que nous avons classifiées comme étant de la seconde forme et qui montrent une forme de cytoplasme en mouvement, il y en a 15 à 18 sur 100 qui contiennent la granulation azurophile; parmi les mésolymphocytes nous avons ceux de la première forme dans lesquels on pourrait affirmer, d'après leur cytoplasme sphérique et leur noyau central, qu’il n'y a aucun mouvement, nous n'y avons trouvé que rarement la granulation azurophile et dans les mésolymphocytes de la seconde forme à large cytoplasme et à noyau excentrique, 50 p. 100 à peu près contiennent la granulation. Cette constatation, faite sur les cellules lymphocytaires, on peut la faire aussi dans les cellules monocytaires ou celles de la première forme à cytoplasme presque sphérique ou ovale, dont seulement 10 p. 100 contiennent la granulation, tandis que parmi les autres de la seconde forme 69 à 70 p. 100 la contiennent. Mais on peut bien se rendre compte que parmi les cellules que nous considérons, d’après leur morphologie, comme des cellules dans un état de mouvement amiboïde, toutes ne possédaient pas ces granulations. De toute façon, cela ne prouve pas que les cellules à granulation azurophile ne sont pas des

cellules mobiles, et au contraire, on peut constater que ces :

cellules sont capables d'avoir un mouvement propre, comme on peutle voir dans des préparations colorées après un séjour de quelques heures à l’étuve. Pour démontrer ce fait plus

certe

nettement, il nous faudra l’étudier dans des cellules où un agent quelconque produit un mouvement actif du cytoplasme ou est capable d'arrêter ce mouvement et pour cela l'examen in-vitro était nécessaire, ou l'examen én-vivo, en provoquant un mouvement de translation de la cellule. Nous avons utilisé” pour ces expériences le cobaye, la grenouille et le lapin. Chez le cobaye nous avons trouvé à l’examen du sang et liquide péritonéal, sur 50 cellules mononuclaires, de 3 à 8 cellules douées d’un mouvement amiboïde ; après fixation de cette préparation et coloration par la méthode toujours utilisée par nous, nous avons confiné ces expansions pseupodiques du protoplasme où il y avait aussi des granulations azurophiles. En injectant dans la cavité péritonéale un demi-centimètre cube d’un liquide contenant des débris leucocytaires, et des microbes divers, une demi-heure après nous avons trouvé qu'un nombre plus grand de cellules mononucléaires possédait ces expansions" protoplasmiques avec des microbes englobés et quelques débris cellulaires; s'il est vrai qu'un plus grand nombre de ces cellules contenait la granulation azurophile, toutes ne la présentaient pas. Chez le lapin, en procédant de la même façon, avec 5 centimètres cubes de globules de moulon lavé, nous constations, 6 heures après l'injection, que si le nombre des cellules à granulation azurophile avait augmenté, cette augmentation ne portait pas seulement sur celles des céllules qui présentaient une expansion cytoplasmique, mais aussi sur d’autres qui semblaient être restées indifférentes à l'agent injecté. Chez la grenouille nous avons tâché de produire une activité du mouvement cytoplasmique, en chauffant graduellement l’eau dans laquelle étaient placés ces animaux, jusqu'à une température de 35 degrés; après quelques secondes l'animal restait immobile et tout à fait en état de mort apparente, sorti de l’eau ainsi chauffée, il restait sans mouvement et on pouvait lui faire l’amputation d'un membre sans réveiller aucune sensibilité. Dans ces conditions, nous

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avons pensé que toutes les cellules pouvaient avoir subi une : température de 31° à 33° à laquelle les cellules sanguines de la grenouille se montrent dans un état d'activité le plus

accentué. Effectivement, dans les cellules mésentériques et

dans des cellules du sang, nous pouvions constater les formes à grand cytoplasme élargi, à différentes expansions et à noyau exentrique, formes qui montraient les mouvements expérimentés dans ces cellules. De cette façon nous avons pu confirmer aussi nos précédentes expériences, que quelquesunes de ces cellules contenaient la granulation azurophile, mais que d’autres ne la contenaient pas du tout.

En procédant d’une façon contraire, c'est-à-dire, en tâchant d'arrêter le mouvement cellulaire, nous avons obtenu ces résultats : chez des cobayes, au lieu d’injecter des substances capables d'activer le mouvement cellulaire, nous avons injecté quelques doses d’une solution de chlorhydrate de morphine (1 centigramme par 222 grammes d'animal). Au bout de 3/4 d'heure nous examinâmes le liquide péritonéal : très peu de cellules mononucléaires contenaient la granulation azurophile, celles qui montraient avoir été paralysées dans ce mouvement, même très rarement, présentaient cette granulation. Chez d’autres cobayes nous avons injecté au lieu de la morphine, 8 centigrammes de bromhydrate de quinine nous avons constalé le même fait: le nombre de cellules à granulation azurophile était très diminué, mais à part cela, la granulation se présentait dans des cellules à protoplasme presque régulier ou sphérique et dans d’autres cellules à cyloplasme large. Chez la grenouille anesthésiée par le chloroforme, nous avons constaté les mêmes faits.

Nous pouvons donc nous convaincre que les cellules à granulation azurophile possèdent la même propriété de mobilité amiboïde que les autres cellules mononucléaires sans granu-

lation et que la mobilité de la cellule n’est pas liée rigoureu- .

sement à sa présence. Ce même fait on pouvait l'appliquer à

ses té,

Dr

“d’autres cellules granuleuses, neutrophiles ou mono-oxyphiles, lesquelles peuvent présenter un plus grand degré de mobilité “Sans changer pour cela son état granuleux. Vis-à-vis des cel- Jules sans aucune granulation, elles peuvent avoir un mouvement amiboïde sans présenter pour cela une granulation quelconque.

Cette étude de la mobilité de la cellule à granulation azurophile n’est pas suffisante pour démontrer toute autre espèce de mobilité qui peut exister chez elle. Dans la diapédèse, Taugmentation du nombre des cellules sanguines dans une région déterminée de l'organisme et l'apparition des cellules autres, non propres à cette région, peuvent nous donner certaines idées de la mobilité translatoire des cellules à granulation azurophile. Il est facile de se rendre compte que dans n'importe quelle forme de diapédèse, si l’on trouve des cellules accumulées dans une région quelconque de l'organisme, cellules polynucléaires et cellules mononucléaires, il existe aussi de ces cellules qui montrent la granulation azurophile; de cette façon il n’y a aucun doute que ces cellules peuvent posséder une mobilité sur place et une mobilité leur permettant de passer d’un tissu à un autre de l'organisme, mais que cette mobilité n’est pas propre uniquement à la dite cellule et que l'apparition de la granulation n’est pas liée à ce mouvement. On peut constater que dans des foyers de suppuraton il y a des cellules mononucléaires qui possèdent la gra aulation azurophile et d’autres qui ne la possèdent pas. Un autre fait qu'on peut constater est que, dans les cellules mononucléaires à grand noyau, qui possèdent une faculté motrice plus active, sont aussi celles qui possèdent une plus grande quantité de granulations azurophiles et les cellules lymphocytaires petites moins mobiles, celles qui en possèdent moins. Cette étude de la mobilité de la cellule à granulation azurophile peut être complétée en traitant, comme nous allons le faire, de sa sensibilité.

BÉTANCÈS | 19

Sensibilité des cellules ä granulations azurophiles.

‘Dans l'étude de la sensibilité des cellules à granulations azurophiles nous devons répéter forcément quelque chose de ce que nous avons dit sur sa mobilité, si l’on considère que la sensibilité que présente la cellule d’être attirée ou repoussée par certains agents étrangers, comprend nécessairement une mobilité qui lui est propre; d'autre part, la propriété de sensibilité que possèdent ces mêmes cellules d’englober certains éléments différents, doit aussi être assimilée à la mobilité de translation et sa mobilité sur place.

Dans la sensibilité de la cellule sanguine on a différencié

la sensibilité tactile (lagmotaxie) et la sensibilité spéciale

qu’elles possèdent de fuir d’un milieu qui n'est pas favorable à leur vie ou à leur dévoloppement, c'est-à-dire, à leur activité fonctionnelle. La chimiolaxie, nom sous lequel Pfeiffer, en 1884, désignait cette sensibilité de certains organismes inférieurs, Michael l'avait observée déjà en 1883, Stahl, également. Lebert d’abord et après Pekelharing (1889), Massart et Bordet (1889-1890) l’appliquaient aux globules blancs. Stahl, voyant la faculté de certains animaux inférieurs, plasmodes, de s'approcher de substances propres à leur vie et de s'éloigner d'autres substances nuisibles, appelait ce phénomène trophotrophisme positif et négatif, ce que Lebert appelait chimiotaxie positive et négative. Outre cela, Metchnikoff considérait une autre sensibilité propre de la cellule, sensibilité qu’il appelait physio-tactique, par laquelle les cel-

lules sanguines pouvaient être attirées ou repoussées par cer-tains agents physiques {variations de température, de pres-sion, de vitesse, etc.) du milieu où elles se trouvaient. Depuis.

cette époque jusqu’à nos Jours, tous les histologistes et physiologistes ont parlé souvent de chimiotaxie, en l’appliquant quelquefois à certains phénomènes qui en réalité n'avaient rien à voir avec la vraie sensibilité cellulaire.

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La chimiotaxie est un fait indiscutable, même après toutes les critiques qu'on en à faites, mais il est aussi indéniable qu'il existe fréquemment des phénomènes d'apparence chimiotaclique qui n’ont rien à voir avec la sensibilité de la cellule sanguine. Il est indiscutable que Si l’augmentation, par exemple, du nombre des cellules sanguines ou d’une seule espèce cellulaire dans la circulation capillaire, dans la cavité péritonéale où dans une autre région de l’organisme, ou la diminution du nombre de ces cellules, peut être attribuée à leur sensibilité positive ou négative il faut admettre d’aütre part, que ce phénomène n'est pas tou- Jours la conséquence de cette sensibilité, d’après ce que nous pouvons voir par l'irritation du centre générateur de ces cellules, par action directe d’un agent étranger ou par action indirecte d’autres agents (vagotropisme, sympathicotropisme). Si l'augmentation des cellules mono-oxyphiles dans le liquide péritonéal du cobaye, comme l'ont montré Weinberg et Séguin, est parfois consécutive à un phénomène purement chimiotactique, dans d’autres circonstances elle est produite par irritation directe dela moelle, par une prolifération de ces cellules. Il est possible aussi, comme le signalait Pappenheim, que dans la mono-oxyphilie produite par certaines substances telles que la pilocarpine, il existe plutôt un phénomène de vagotropisme, phénomène positif direct, comme celui qui se produit dans les ganglions lymphatiques, dans le lymphatisme, en augmentant le nombre de ‘ÿmphocytes, ou ce qui se produit par l’adrénaline (sympaticotropisme) en augmentant le nombre des cellules -neutrophiles. W. Frey, dernièrement, dans ses expériences avec la pilocarpine et l'adrénaline chez le cobaye et le lapin, confirmait les conclusions d'Ebrlich, lesquelles montraient aussi qu'en plus du pouvoir locomoteur qui existait dans les cellules lymphatiques, fréquemment la lymphocytose locale était la conséquence de l’augmentation de ces cellules par

accumulation passive, à “cause de l'irritation de ce lissu

lymphatique et non par chimiotactisme ou attraction du lymphocyte du sang.

Lœper et Crouzon dans leurs expériences sur l'adrénaline, constataient l'augmentation considérable des globules blancs portant d’abord sur les éléments lymphocytaires, plus tard sur les éléments mono-oxyphiles, mais Læper, en concluant sur l'action directe de cette substance sur la rate, tendait à penser que celle augmentation était due à une irritation directe et non à un chimiotactisme.

Depuis la découverte de cette sensibilité de la cellule sanguine et depuis son application aux différents phénomènes de l'immunité et de la défense de l'organisme, continuellement se sont produites des discussions et de nouvelles conceptions sur la sensibilité chimiotactique de ces cellules. En tout cas, des faits existent, ils sont positifs, réels, et il est positif aussi que ces phénomènes de chimiotactisme direct ou indirect peuvent exister à la fois, lorsque, comme le dit très bien Pappenheim, l'agent étranger circulant dans le sang n'agit pas seulement par chimiotactisme, mais pénètre aussi dans l'organe hématopoiétique en irritant directement les leucocytes, ou en portant son action sur le système nerveux ou circulatoire, et par son intermédiaire, sur les leucocytes.

Nous allons présenter les faits que nous avons obtenus en faisant agir différents agents capables de développer le chimiotactisme positif ou négatif, et d'après eux nous pourrons voir si la cellule à granulations azurophiles possède cette sensibilité; nous tâcherons ensuite d'interprêter nos résultats et°de voir quelles déductions d'ordre biologique nous pouvons en tirer. é

S'il est vrai qu’en faisant l'examen du sang circulant après injection ou ingestion d’un agent étranger, on ne peut pas nettement établir le chimiotactisme cellulaire, en connaissant les agents capables de produire cette sensibilité cellulaire,

LA

nous aurons une base pour faire nos conclusions. D'autre part, en faisant les examens sur le liquide périténéal, nous aurons des résultats plus nets et plus certains de ce que l’augmentation ou la diminution des cellules dans ce liquide après l’action de certaines substances introduites dans la cavité péritonéale, est due à la sensibilité chimiotactique positive ou négative de ces cellules. Nous étudierons comment se comportent aussi les cellules à granulations azurophiles lorsqu'à part ces substances chimiotactiques nous faisons agir sur l'organisme d'autres substances qui agissent par irritation ou inhibition des organes hématopoiétiques, sans oublier non plus qu'un agent qui peut attirer ou répulser les cellules sanguines peut ne pas empêcher le tagmotactisme de ces cellules.

Chimiotactisme négatif. — Nous commencerons d'abord par les substances qui produisent le chimiotactisme négatif

des cellules sanguines, et nous rapporterons les faits déjà

constatés par Cantacuzène, Oppel, Popoff, avec l’opium et la morphine ; Massart et Bordet et d’autres avec le chloroforme; Metchnikoff, Gabritschewsky, Bings, Maurel, avec la quinine. | | :

Cantacuzène établissait ceci : on injecte à un cobaye, par voie intra-péritonéale, un centimètre cube de teinture d'opium pour 200 grammes d'animal. Au préalable, sous la peau de l'oreille de-l’animal on a placé une série de tubes capillaires fermés à une extrémité et contenant une émulsion de vibrions cholériques. Des tubes semblables sont appliqués à des cobayes qui n'ont pas reçu la teinture d'opium. Au bout de ? heures, les tubes du premier cobaye ne contiennent aucun globule blanc, tandis que chez le second il existe un bouchon leucocytaire de 2 millimètres de longueur; ? heures plus tard, les tubes du premier cobaye ne contenaient encore aucun leucocyte et ceux du second 4 millimètres cubes de bouchons leucocytaires. Ce n'est que six heures après que

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les tubes du premier cobaye contenaient 2 millimètres de bouchons; ultérieurement, les bouchons ont augmenté de dimensions. Cantacuzène devait se demander si dans ce cas il ÿ avait suspension de la mobilité, de la sensibilité tactile et de la sensibilité chimiotactique des cellules sanguines, et pour le constater, il faisait à un cobaye narcolisé, une injection intra-péritonéale d’une solution d'encre de Chine dans l’eau physiologique. Il constatait 1/4 d'heure après, dans le liquide péritonéal, qu'il ar pas un nombre plus grand de cellules blanches qu’à l'état normal, où au contraire, toutes ces cellules contenaient un nombre de grains noirs de l'encre de Chine. 3 heures 1/2 après, le nombre de leucocytes n'avait pas augmenté dans le liquide péritonéal, donc, la diapédèse avait été jusqu’à ce moment nulle et tout de même la sensibilité tactile et la mobilité sur place avaient persisté. Déjà après 3 heures 1/2, en répétant la même expérience, ni la mobilité, ni {a sensibilité tactile ne persistaient, c'est-à-dire qu'en général, après 3 heures, toute sensibilité avait disparu.

Oppel confirmait ces expériences et Popoff également en employant la morphine ; d'autre part, aucun auteur ne les a contredites.

Ainsi donc, l’action de l’opium et de la morphine sur la sensibilité chimiotactique, tactile et mobilité de la cellule sanguine est un fait avéré, et sans répéter l'expérience de la même façon, puisque nous connaissons les résultats après cette technique, nous utiliserons le sulfate de morphine en voyant comment se comportent les cellules à granulations azurophiles. :

Nous avons injecté à des cobayes, des doses différentes de cette substance, et nous avons fait les examens à diverses périodes en tenant compte du fait observé. par Cantacuzène ; les injections ont été faites par la voie intra- -Péritonéale. Nos examens ont porté sur le sang périphérique autant que sur le liquide péritonéal; nous donnons dans le tableau

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