‹ La granulation azurophileChapitre 71 sur 91 · PAR M/M · texte numérisé non relu

PAR M/M

l'injection du microbe, pour disparaître complètement aubout de 24 heures. Leubars constatait que l’action leucocytaire était plus accusée suivant que la virulence de la culture des bacilles diphtériques était plus forte. Massart (1892) constatait la même chose, et, d'après Gabritschewsky, la: réaction leucocytaire générale était plus accusée chez les. lapins non immunisés que chez les immunisés et que” la. marche de cette leucocytose était diverse suivant le sujet d'expérience, immunisé ou non immunisé. Nicolas, Courmont,: en faisant aussi eette étude de la leucocytose dans l'intoxication et dans l'immunisation par la toxine diphtérique, constataient que dans l'intoxication massive, il y avait une augmentation considérable des globules blancs; dans l'intoxication lente une légère hyperleucocytose après l'hypoleucocytose, et dans tous les cas avant la mort le nombre de leucocytes augmentait considérablement. Paris et Salmon. confirmaient la polynucléose dans la diphtérie; Gilbert croyait que la réaction leucocytaire pouvait faire défaut suivant le degré de toxicité de la toxine diphtérique; Besredka dans de nombreuses expériences, comme nous l'avons déjà dit, en. cherchant à démontrer le rôle des leucocytes dans la défense de l'organisme, constatait déjà la leucocytose ou l’hypérleucocytose suivant je degré d'intoxication et voyait l’impor-tance qu'avaient les cellules polynucléaires dans ce cas; . d'autre part, Besredka, Paris et Salomon, affirmaient l'hypereucocytose après l'injection du sérum antidiphtérique, tandis . que Nicolas, Courmont et Bize, ne voyaient pas cette leucocytose thérapeutique. sé La question de la relation de la leucocytose et l’immunité ne se pose pas pour nous en ce moment, nous étudions seulement la sensibilité des cellules sanguines vis-à-vis de cer-. taines substances capables d'activer cette sensibilité et nous constatons, dans toutes nos recherches, qu’en réalité dans. l'intoxication par la toxine diphtérique, il y a une augmenta--

tion leucocytaire. De même avec des bacilles tuberculeuses, comme l'ont démontré les expériences de plusieurs auteurs, l'augmentation des leucocytes est constante, passant par différentes phases, mais eu général pouvant permettre de constater que le chimiotactisme positif existait dans ce cas.

Metchnikoff et ses élèves, ainsi que d’autres auteurs, ont constaté aussi l’action de certains éléments, tels que les globules rouges, sur les éléments leucocytaires du sang et enfin nous allons présenter plusieurs exemples en donnant les résultats que nous avons obtenus dans nos recherches expérimentales,en utilisant ces substances capables d'attirer les cellules blanches du sang; plus tard nous interpréterons ces résultats lorsque nous traiterons l’immunité. Nous allons voir si les cellules à granulations azurophiles passent par les mêmes phases que les autres cellules sanguines pendant l’intoxication microbienne.

Nous avons utilisé d’abord la toxine diphtérique chez le cobaye, à dose toxique et à dose hypertoxique, le sérum antidiphtérique, et des produits cellulaires ainsi que desbacilles tuberculeux et d’autres produits microbiens divers ; nous nous sommes servis aussi des globules rouges de mouton.

: On trouvera le résultats dansle tableau N° XX.

Nous pouvons constater dans les deux premiers exemples, que les cellules à granulations azurophiles ont varié en nombre, sensiblement, après l’action de la toxine diphtérique fait qui démontre que la sensibilité de ces cellules est certaine et nous voyons qu'elle a passé par deux phases différentes : la première pendant laquelle elles ont augmenté de nombre dans le sang 3/4 d'heure après l'injection, et la seconde dans laquelle elles ont diminué graduellement dans les périodes suivantes. Non seulement elles ont passé régulièrement par ces deux phases, d’après leur nombre par millimètre cube, mais aussi dans leurs proportions par rapport aux autres cellules sanguines (par rapport aux cellules polynucléaires et

par rapport aux cellules mononucléaires). Même pendant que le total des cellules sanguines augmentait progressivement jusqu’à la mort de l'animal, augmentation portant sur les cellules à granulations ampho-oxyphiles, seules les cellules à | granulations mono-oxyphiles suivaient une marche semblable, .à peu près à celle des cellules à granulations azurophiles.

Il paraît évident, d'après ces exemples, que les cellules à granulations azurophiles possèdent nettement une sensibilité chimiotactique positive où négative vis-à-vis de la même substance et que cette sensibilité n’est pas différente de celle des cellules ampho-oxyphiles et presqu'égale à celle des cellules mono-oxyphiles.

Nous voyons dans le troisième exemple, qu'avec une injection de sérum antitoxique, la sensibilité de la cellule à granulations azurophiles n'a paru être influencée que très lardivement (10 jours après) au moment où cette réaction chimiotactique des cellules ampho-oxyphiles avait complètement disparu.

Nous avons examiné les cobayes morts après l'injection de toxine diphtérique et nous avons trouvé ce qui suit : autour du point d'injection le nombre de cellules mononucléaires était abondant, il y avait des macrophages et de nombreuses cellules polynucléaires, d’abondantes cellules dégénérées en pi cnose et en caryorèse; parmi ces cellules mononucléaires n ous avons pu constater un nombre assez élevé qui présentait les granulations azurophiles.

Les études de Roux et Guersaint (1888) sur les lésions produites par la toxine diphtérique sur les animaux sensibles, ont montré que la lésion dominante chez le lapin siégeait au niveau du foie et consistait en dégénérescence et prolifération de ces cellules; dans le rein la lésion est aussi constante et du même ordre, dans la rate aussi bien que dans d’autres oïganes les lésions étaient assez profondes.

Divers auteurs, cités par Pettit dans ses études sur l’ action

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de la toxine diphtérique sur la rate, constataient la lésion surtout sur les noyaux des cellules mononucléaires et polynucléaires, ces lésions consistaient dans des phénomènes de caryorèse et de pycnose et dans les noyaux des cellules polynucléairès il y avait un processus dégénératif qui consistait dans l'inversion de l’affinité chromatique : la basophilie disparaissait pour faire place à une acidophilie assez nette. Nous avons observé toutes ces lésions chez les cobayes après l'intoxication par la toxine diphtérique, mais en ce qui concerne spécialement la cellule à granulations azurophiles, nous avons constaté qu'aussi bien dans la rate que dans le foie, dans le rein et comme nous l'avons déjà dit, autour de la piqûre, dans la peau, le nombre de cellules à granulations azurophiles était abondant, mais pas extraordinaire; elle était plus abondante dans la rate, moins dans le tissu hépatique et moins encore dans le rein. Dans quelques-unes de ces cellules nous constatons le phénomène de dégénérescence et aussi le changement de chromophilie, mais ne portant pas sur les granulations azurophiles et d’autre part, beaucoup de cellules à granulations azurophiles ne présentaient pas non - plus aucun phénomène de caryorèse ou de pycnose. Beaucoup de macrophages contenaient aussi la granulation azurophile en plus des débris cellulaires et des microbes phagocytés.

Dans nos expériences faites avec des bacilles tuberculeux, les résultats ont été à peu près identiques à ceux que nous avons obtenus avec la toxines diphtérique.

Si nous regardons maintenant les résullats donnés dans notre tableau après l'injection de microbes divers et globules rouges, nous voyons que les cellules à granulations azurophiles montrent la même sensibilité tactique que pour les toxines microbiens et on peut se rendre compte de ce fait plus nettement en examinant le liquide péritonéal du cobaye injecté de cette façon. Dans ce liquide qui contenait un nombre à peu près normal avant l'injection, 20 jours après

nous trouvämes 35,92 p. 100 de cellules à granulations azurophiles, 31,20 p. 100 de cellules à granulations mono-oxyphiles et sur 100 cellules mononucléaires il y en avait 53 avec la granulation.

Nous avons observé des faits identiques chez le lapin, en injectant par la voie intra-péritonéale : 5 centimètres cubes de globules rouges de mouton lavés; l’augmentation des cellules à granulations azurophiles a été constante dans le sang circulant; dans le liquide péritonéal il y avait aussi, 3 heures après l'injection, une augmentation plus accusée que dans le sang périphérique.

Nous avons fait d’autres expériences plus démonstratives sur le chimio-tactisme positif des cellules à granulations azurophiles, en prouvant plus nettement ce mouvement de translation et son rapprochement des substances capables de développer cette sensibilité leucocytaire.

Les examens de liquides séreux dans certains états d’intoxication microbienne de l'organisme, de certains foyers leucocytaires de la peau provoquée artificiellement, ou de certaines muqueuses par invasion microbienne, nous ont permis de constater les mêmes faits. C’est ainsi que le liquide pleural dans des cas de pleurésie tuberculeuse, le liquide articulaire dans des cas de rhumatisme aigu (liquides qui normalement ne montraient pas des cellules à granulations azurophiles) montraient, dans ce cas, des proportions variables entre 15 et 20 p. 100 mononucléaires. Dans le liquide d’un foyer purulent de la peau, après injection de culture des staphylocoques doré, chez le cobaye, nous avons vu aussi dans quelques cellules mononucléaires la granulation azurophile et des préparations de liquide purulent provenant d’une infection urétrale gonococcique, dans lés très rares cellules mononucléaires qui s’y trouvaient, il y en avait quelques-unes qui présentaient la granulation azurophile.

Nous avons pu constater dans le chimiotactisme positif

de la cellule, à granulations azurophiles des faits que nous avons déjà signalés en traitant du chimiotactisme négatif. Parfois les cellules à granulations azurophiles suivent le même degré de sensibilité que les autres cellules sanguines, d’autres fois la sensibilité contraire, opposée, plus ou moins accusée; elles peuvent apparaitre dans un tissu pendant que les autres ont diminué ou disparu presque complètement, elles ne suivent pas inversement l'augmentation ou la diminution des. cellules polynucléaires comme on pourrait le supposer et comme suivent forcément, en général, relativement les autres cellules mononucléaires, phénomène qui est en partie dû à une autre cause que nous étudierons plus tard. Dans tous les cas, la sensibilité chimiotactique des cellules qui portent la granulation azurophile est indiscutable et parfois ne diffère pas de la même sensibilité d’autres cellules sanguines.

Sensibilité spécifique et élective des cellules à granulations azurophiles.

Nous allons chercher maintenant si la granulation azurophile présente une sensibilité chimiotactique plus ou moins accusée pour certaines substances ou pour certains organismes; c’est-à-dire une sensibilité spécifique, ou si en présence de différentes substances elle a une sensibilité élective pour une d’entre elles ou indifférente pour d'autres.

Bordet, en injectant dans le péritoine d’un cobaye un mélange de proteus et de streptocoque, constatait qu'après un certain temps, les proteus étaient englobés par les leucocytes tandis que les streptocoques restaient en liberté; ces observations, restées classiques, ont été répétées par d'autres auteurs avec d’autres espèces microbiennes.

On sait que les cellules polynucléaires ont une préférence

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