NE
rentes unités toxiques, nous avons obtenu des résultats très
nets.
Nous connaissons toutes les discussions suscitées par les travaux sur la réaction leucocytaire consécutive à l’action de la toxine diphtérique : il semble qu’en réalité cette réaction s'écarte dans ce cas, comme dans plusieurs autres, de ses phases habituelles: Nous avons constaté que la cellule neutrophile, dans nos expériences, à augmenté’ considérablement dans le sang et s’est montrée impuissante dans la défense de l'organisme, cela ne nous a pas surpris parce que, comme nous l’avons dit déjà, dans tous les cas mortels nous avons conslaté la neutrophilie; toutefois, dans nos observations, nous ne pouvons pas être aussi concluants que Nicolas et Courmont, parce que même, malgré l'augmentation des cellules neutrophiles, c’est-à-dire la grande prolifération des organes hématopoïétiques, avant la mort il y eu une légère diminution, mais le nombre a toujours, été supérieur à la normale. Avec une dose toxique nous avons vu que la réaction neutrophile a commencé trois quarts d'heure après l'injection, en augmentant continuellement et progressivement jusqu'à la mort; les cellules mono-oxyphiles, au con-
traire, ont diminué jusqu’à disparaître complètement avant
la mort. Ainsi, les cellules à granulations azurophiles, comme dans tous les cas d'intoxication mortelle, augmentant au commencement, comme toutes les autres cellules, cette augmentation dure pendant quelques heures, puis la réaction azurophile commence à baisser en même temps que la monooxyphilie et, au seuil de la mort de l'animal, les cellules à granulations azurophiles sont en nombre très inférieur à la normale. |
Tous ces faits sont donc constants, aussi bien lorsqu'il s’agit d'agents toxiques minéraux que quand il s’agit d'agents toxiques microbiens, de microbes, et on peut voir, par tous les exemples que nous avons donnés dans nos différents
tableaux, le bien-fondé de tous ces faits. Une remarque que nous devons ajouter est la suivante : dans l’intoxication par la toxine diphtérique, lorsque l’animal est immunisé, la réaction azurophile est très manifeste et, immédiatement après l'injection de l’antitoxine; et, si PO peut voir de légères diminutions du nombre de ces cellules, toujours elles restent supérieures au chiffre normal et par rapport aux
cellules mononucléaires elles augmentent progressivement,
et restent longtemps dans cette phase.
Immunité. —Si la granulation azurophile représente un état d'activité de la cellule mononucléaire dans la défense de l'organisme contre les microbes et leurs toxines, elle doit avoir aussi un rapport avec l’immunité, au moins en ce qui concerne l'immunité provoquée. Si nous admettons que dans les cas d'intoxication par la toxine diphtérique, après injection de sérum antitoxique les cellules à granulations azurophiles augmentent en nombre jusqu’à la guérison; si nous pensons, d'autre part, qu'après l'injection de ce même sérum immunisant, le même phénomène se montre bien que dans une période plus éloignée, on peut affirmer la réalité du rapport supposé. Nous pouvons voir aussi qu’en présence dans l’organisme de substances qui diminuent sa résistance et qui sont capables d'abolir l'immunité, les cellules à graoulations azurophiles se trouvent moins abondantes dans le sang. Nous avons pu constater d'autre part, que\ dans les cas où un agent toxique confère une immunité réelle, la cellule à granulations azurophiles reste aussi pendant longtemps augmentée de nombre dans le sang, toutefois tous ces phénomènes sont très difficiles à expliquer et nous n'avons pas-voulu approfondir cette question.
Interprétation du phénomène de l'azurophilie.
Dans les faits physiologiques de l'intervention de la cellule sanguine dans certains actes vitaux, nous devons considérer” premièrement le mécanisme de cette intervention et les différentes phases qu'elle présente; deuxièmement, le processus fonctionnel qui s'opère dans la cellule sanguine.
Au cours de certains actes vitaux le phénomène de la leucocylose avec ses différentes phases semble indiscutable, bien que cetle leucocytose ne puisse pas expliquer comme une loi générale dans tous les cas, le rôle des leucocytes dans la défense de l'organisme. Nous voyons que fréquemment la cellule neutrophile augmente de nombre dans le sang ou dans d’autres tissus, lorsqu'il existe un agent microbien, une loxine ou autre produit qui envahit l'organisme et, lorsque la cause disparait, le nombre de cellules neutro- : philes revient à son état normal. Parfois cette réaction neutrophile ne s'effectue pas, bien qu'il s'agisse de cas identiques ou semblables : dans les cas où persiste plus longtemps l'agent nocif, dans les maladies chroniques par exemple, cette réaction ne se manifeste pas non plus. D'autre .part nous voyons le rôle biologique, dans ces mêmes cas, des cellules à granulations mono-oxyphiles et que leur rôle biolo- .gique n'a pas d'explication dans d’autres cas. Nous prenons la cellule mononucléaire, celle qui ne montre pas de granulations et on ne voit pas toujours non plus comment elles interviennent dans quelques autre cas.
Dans toutes les manifestations réactionnelles de ces cellules, on a pensé que la diminution du nombre provient d’une destruction immédiate de ces cellules ou d'une migration dans d’autres tissus de l'organisme, par chitiotactisme négatif ; peut-être, comme l’ont pensé plusieurs auteurs, dans le premier cas y aurait-il inhibition des organes hémato-
poïéliques. Dans l'augmentation du nombre de ces cellules le contraire se passerait, excitation de ces organes en vue de la réparation des cellules détruites, ou chimiotactisme positif de ces, cellules, lesquelles arriveront à détruire lagent étranger qui envahit l'organisme. D'une façon ou de l'autre serait expliqué le mécanisme de la leucocytose en général.
Passons maintenant à la deuxième question : quel est le phénomène physiologique qui s'opère dans ces cellules? Comme nous l’ayons déjà dit, cette question est encore loin d'être définitivement éclaircie. Si dans de nombreux cas tes cellulesneutrophiles, mono-oxyphiles et mononucléaires, interviennent par leur fonction phagocylaire, dans d’autres cas il semble plus acceptable qu’elles interviennent dans la défense de l'organisme ou dans quelques autres différents actes vitaux, par leurs fonctions secrétoires, par les produits qu'elles élaborent.
Si nous nous rapportons à la granulation azurophile dans les cellules mononucléaires, nous voyons clairement que le fait de son augmentation ou de sa diminution dans le sang ou dans d’autres tissus, est plus concordant avec le phénomène de l'intervention de la cellule sanguine ou d’autres cellules dans ces différents actes vitaux de l’organisme. Nous avons vu qu'elle augmente de nombre dans le sang, lorsqu'au agent quelconque est capable d'activer ou d’exciter la vitalité cellulaire ou de provoquer une activité de ces ‘fonctions et qu'elle reste à ce chiffre élevé aussi longtemps que persiste la cause qui a-provoqué cette réaction; ce phénomène est constant, égal, dans tous les cas. Nous avons vu que la cellule à granulations azurophiles diminue de nombre ou reste invariable, lorsqu'au contraire, l'agent étranger qui à envahi
l'organisme est un agent arrêtant ou diminuant l’activité vitale. ou fonctionnelle de la cellule sanguine ou autre, lorsque ces cellules ne peuvent plus exercer leurs fonctions, en un mot lorsqu'elles vont périr.
Le mécanisme par lequel ces réactions s'effectuent si constamment et nettement, nous ne pouvons pas l'expliquer de la même facon qu'on a voulu le faire pour les autres cellules sanguines. D’après nos observations et nos faits expérimentaux, si la cellule à granulations azurophiles diminue de nombre ou, plus correctement, si un nombre inférieur à la normale de cellules mononucléaires présente ces granulations, cela n’est aucunement dû à la destruction de ces cellules, d'après les faits constatés à cette phase par examen du sang ou d’autres tissus. Ce n’est pas non plus qu'elle soit due à l'inhibition des organes hématopoïétiques, car, au contraire, : fréquemment nous avons trouvé à ce moment augmentation et présence des cellules jeunes neutrophiles ou même mononucléaires sans granulations dans le sang ou dans d’autres tissus et enfin si elles peuvent diminuer fréquemment par chimiotactisme négatif, cela ne se produit pas toujours, comme on peut le constater lorsque le même nombre de cellules sanguines est resté dans le sang ou dans d'autres ‘tissus.
Si.nous voulons expliquer le mécanisme de cette augmentation active qui est aussi nette, les mêmes questions peuvent se poser lorsqu'on pensera qu'elle est due à une prolifération des organes hématopoïétiques ; peut-être cela s’expliqueraitil plus souvent, mais pas toujours par un chimiotactisme positif. L'explication de ce mécanisme nous la-trouvons plus en accord avec les faits observés sur les deux points suivants : dans la diminution, par chimiotactisme négatif, disparition des granulations dans les cellules mononucléaires ou inhibition de cette cellule; dans l'augmentation, par chimio- {actisme positif, parfois prolifération cellulaire, mais principalement et presque toujours par activité fonctionnelle secrétoire, spéciale, de la cellule mononucléaire et apparition des. granulations azurophiles. [I nous semble, nous le répétons, que cette explication est tout à fait concordante avec les faits
st
expérimentaux et nos. obseïvations et qu'on peut en constater le bien-fondé dans tous les exemples que nous avons donnés antérieurement et où l’on peut voir l'une ou l’autre phase.
Si nous voulons maintenant expliquer l’acte fonctionnel qui s'élabore dans ces cellules, nous ne pouvons pas l’expliquer non plus de la même façon que pour les cellules à granulations neutrophiles; les cellules à granulations azurophiles sont bien capables de phagocyter et d'avoir un chimiotactisme positif et négatif, elles sont capables aussi d’avoir une fonc-. tion sécrétoire, mais ce n’est pas une fonction spéciale à ces cellules, c’est une fonction commune à toutes. La granulation azurophile nous fait penser que les cellules mononucléaires où elle se trouve, sont le siège d’une fonction spéciale liée sans doute à tous les phénomènes vilaux de la cellule et spécialement à un phénomène d’excitation fonctionnelle secrétoire. Il serait difficile de préciser lequel de ces phénomènes est le premier à paraître et lequel est prépondérant, mais d’après les faits expérimentaux, il nous semble que la réponse la plus proche de la vérité serait que la présence de la granulation azurophile est la conséquence d’une activité vitale ou fonctionnelle ou plutôt sécrétoire de la cellule mononucléaire, par une excitation quelconque, et que sa diminution est le résultat d’une dissolution et disparition de la granulation et d’une inhibition consécutive de la cellule.
Nous le répélons encore une fois ; les faits expérimentaux, des observations d’un autre genre ne nous permettent pas de penser autrement : voyez les résultats après l’action exercée sur les cellules par la quinine, la morphine, le chloroforme ou les gaz asphyxiants X:; voyez aussi les résultats après action de certains microbes, de certaines toxines, de l’arsenic, (néoarséno-benzol) des préparations iodées, etc., de la pilocarpine et l’adrénaline.
La granulation azurophile, ou les cellules qui contiennent cette granulation, sont des cellules dans un état d'activité
fonctionnelle spéciale, plutôt secrétoire et elles peuvent jouir de toutes les autres fonctions propres à la cellule, elles jouent un rôle biologique, elles interviennent dans beaucoup d'actes vitaux de l'organisme de la même façon que les autres cellules sanguines, neutrophiles et monoxyphiles, elles jouent ce rôle plus constamment, plus nettement que les autres cellules, elles remplacent parfois les autres cellules dans l'intervention à laquelle elles devaient participer ; ellés’ effectue chez l’homme et même chez des animaux chez lesquels les granulaüons neutrophiles n'existent pas, aussi bien dans les tissus
1 . J . À sanguins que dans d’autres tissus quelconques et cela tra-
duit la plus grande activité vitale ou fonctionnelle de Ja cellule mononucléaire; elle est plus abondante, lorsque la plus petile excitation vitale ou fonctionnelle se produit sur elle, sa diminution n’est pas toujours la conséquence de l’état d'inhibition des organes hématopoïetiques {action indirecte) plus fréquemment à cause de l’état d'irritation ou d’inhibition de la même cellule {action directe).
Pour terminer avec cette partie de notre étude physiologique, nous répétons, que si la cellule à granulations azurophiles, par son degré de vitalité et son activité fonctionnelle intervient dans différents actes vitaux de l'organisme de l'homme et des animaux, de même que d’autres cellules sanguinés, elle a encore une autre fonction spéciale que ne possèdent pas ces cellules : la fonction azurophile, qui doit aussi remplir un rôle autre que nous n'avons pas encore déterminé, mais qui est peut-être le principal dans le phénomène de la défense, de limmunité et autres actes de l’organisme. Par sa présence dans tous les autres tissus (rate, ganglions, moëlle osseuse, foie, reins, peau, etc.), elle confirme ce qui a été constaté par de nombreux savants, que les cellules de ces autres organes ont une activité fonctionnelle réelle, qu'elles interviennent au même titre que les cellules sanguines dans certains actes vitaux, soit par action phago-
cylaire, soit par des produits de sécrétion où produits élaborés, tels que ferments, diastase ou autres.
Les faits histologiques et histochimiques que nous avons pu établir pour différencier la granulation azurophile de autres granulations leucocytaires, des faits physiologiques peuvent établir aussi leurs différences, quelque soit leur rôle physiologique. La granulation azurophile nous dit la capacité vitale de la cellule mononucléaire, son degré fonctionnel, même ‘état de vitalité de tout l'organisme, chose que ne nous dit
pas la granulation neutrophile, nilamono-oxyphile, monobaso- * phile, ni une autre quelconque.