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simultanément, soit un seul côté seulement, et à laquelle, après un certain nombre de jours, viennent s'ajouter des symptômes généraux, qui n’appartiennent pas d'ordinaire à la pleurésie simple, et qui sont l'expression de la maladie générale, à laquelle se reliait déjà l’existence des premiers symptômes thoraciques. Enfin, dans une troisième circonstance qui est de beaucoup la plus commune, la forme thoracique de l'affection granulique se présente alliée à la tuberculisation plus ou moins rapide ; elle constitue la forme catarrhale de la phtisie galopante, décrite par les auteurs, et la tuberculisation aigüe de quelques-uns.
Seule, la seconde forme nous intéresse, et il en donne la description suivante :
« Dans une autre circonstance, la maladie débute par des troubles thoraciques, le malade a du point | de côté, de l’oppression, peu de toux, et, dès le premier abord, le médecin reconnaît une pleurésie. Si le malade a été pris brusquement, en pleine santé, que sa fièvre soit modérée et qu’il n’éprouve absolument que des symptômes, en rapport avec l’inflammation des plèvres, la nature granulique de l’affection restera masquée et lon ceroira m'avoir affaire qu'à une pleurésie simple. Cependant dans la marche de lépanchement, dans sa prédominance alternative de l’un et de l’autre côté de la poitrine, dans sa prompte disparition, et parfois, dans sa réapparition soudaine et inattendue, on peut déjà
trouver des indices de sa nature spéciale ; mais le voile sera rendu tout à fait transparent, si l’épanchement, à peine résorbé, le malade commence à éprouver les symptômes de la dissémination de l'inflammation granulique vers d’autres organes ; et si, au lieu d’entrer franchement dans la convalescence d’une pleurésie simple, il prend du mal de tête, de l’insomnie, des troubles des sens, de laffaiblissement général, du dégoût pour les aliments, de la gastricité et de la sensibilité abdominale. A ce moment, un signe dont il a été déjà amplement question, la tache cérébrale hyperémique, se joindra aux autres symptômes. Si l’on trace, avec le revers de l’ongle, des lignes sur la peau du ventre, une vive hyperémie y apparaît sous formes de traînées rouges ; ces traînées qui sont ce que le professeur Trousseau appelle la tache cérébrale, se montrent, comme je l’ai déjà dit, indistinctement dans toutes les formes de l’affection granulique, et viennent apporter dans les cas où le diagnostic est douteux, un élément de plus au médecin... »
Et, plus loin, au chapitre XI «du Diagnostic de l'affection granulique » : «La pleurésie granulique doit être, comme la méningite, distinguée de la pleurésie tuberculeuse. C’est encore par les signes tirés de l’état général du malade, que l’on arrive à éta-
blir le diagnostic avec précision.
La pleurésie simple, indépendamment des signes
stéthoscopiques qui révèlent l’existence d’un épan-
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chement dans la cavité pleurale, se traduit encore par un ensemble de symptômes, assez exactement en rapport avec le degré d’orgasme inflammatoire éveillé par la maladie ; c’est ainsi qu'aux symptômes qui sont directement liés au siège de l’inflammation, tels que le point de côté, de la dyspnée, de l’oppression, il se joint une fièvre vive, de l’anxiété, de la soif et de l’inappétence ; mais en dehors des symptômes, qu’il convient d’attribuer à ce que l’on est convenu d'appeler la réaction inflammatoire, on n’en rencontre point, qui relèvent d’une détermination locale de l’affection, soit du côté de la tête, soit du côté de l’abdomen ; et lorsque, après quelques jours de durée, l’inflammation pleurétique a perdu de sa vivacité, la réaction inflammatoire s'éteint, et le malade n'offre plus que des symptômes locaux, subordonnés à la quantité de l’épanchement. Le bon état de santé antérieur à la pleurésie, et l’absence de symptômes concomitants, qui lui seraient étrangers, sont les principaux signes de sa nature inflam-
matoire.
Il n’en est point ainsi de la pleurésie granulique ; elle diffère de la pleurésie simple par la lenteur de son invasion, par le peu d’orgasme inflammatoire qui préside à son évolution, par les symptômes généraux qui précèdent et accompagnent la fluxion pleurétique ou qui lui succèdent. Rarement, très rarement, la pleurésie granulique débute par du frisson, la douleur du côté est presque toujours sourde, et
l'oppression est très peu intense, un certain état de malaise, de la céphalagie, de l’insomnie, de l’inappétence précèdent de quelques jours les symptômes thoraciques, l’aspect du malade éveille, au premier abord, plutôt l’idée d’une pyrexie que celle d’une inflammation thoracique ; il a un peu de stupeur, parfois quelques troubles des sens, de la dilatation et de l’inégalité des pupilles ; l'exploration du ventre peut fournir aussi des signes précieux, tels que la sensibilité à la palpation, des frottements péritonéaux, enfin lapparition facile des raies hyperémiques sur la peau, compléteront le diagnotic. Des signes considérables sont aussi relatifs à la marche de l’épanchement.
Quand la pleurésie n’est pas sèche, ce qui arrive quelquefois, l’épanchement qu’elle produit est, en général, peu abondant, et se résorbe avec une promptitude tout à fait contraire à l’allure ordinaire des épanchements symptomatiques de la pleurésie simple. Il est aussi très fréquent, dans ce cas, que la pleurésie soit double, ou bien, qu’au moment où elle quitte un côté, elle se porte sur le côté opposé, ce qui implique presque toujours l'existence d’une position pathologique générale dominant les fluxions locales.
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