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DE L’ÉCRITURE EN GÉNÉRAL

Mouvements des lignes dans l’écriture. — Exemples tirés des signatures de Napoléon 1 er . — Divers genres d’écriture. — Des diverses formes des lettres.

Mouvement des lignes dans l’écriture. — Les lignes de récriture peuvent être régulièrement horizontales; ou elles sont ascendantes ou descendantes à partir du point où elles commencent, à gauche de la page.

Écriture ascendante. — Elle indique le désir d'arriver, l’activité, l’ardeur, l’ambition, le courage, le commandement, l’audace, la persévérance et l’énergie. L’hommo à qui tout réussit a fatalement dans son allure quelque chose qui indique la conscience de si supériorité relative sur les autres; et ce quelque chose se reflète naturellement dans son écriture, il a foi en lui, il veut monter encore plus haut; sa pensée et ses aspirations sont trahies par son écriture, qui devient ascendante.

Écriture descendante .— Elle indique rabattement, la tristesse, !e malheur, le découragement, la faiblesse, la timidité, le chagrin, lo manque d'énergie et de volonté, la souffrance. Lorsque, dans une écriture de ce genre, certains mots sont encore plus descendants que la direction générale de la ligne, c'est-à-dire descendent audessous et font un angle avec cette ligne, les facultés, qualités ou passions indiquées sont encore poussées à un plus haut degré.

Écriture ascendante et descendante.. — Elle participe aux indications communes aux deux genres précédents. Elle indique une personne combattue et tiraillée par des influences diverses et contraires, alternativement heureuses et malheureuses. Elle a foi en elle, elle a l’ardeur nécessaire pour entreprendre quelquo tâche; mais soudain la confiance lui fait défaut; apres avoir eu l’énergie et l’audace, la confiance et l’espoir, elle s’attriste, se relâche et désespère; quelque grande souffrance, une déception lui font douter du succès entrevu, mais bientôt une énergie factice reprend le dessus, un rien lui a donné l’espoir du succès : de là toutes ces inégalités dans la direction générale des lignes.

Il faut en outre remarquer que, de même que l’écriture se modifie en raison de l’âge des individus, la direction générale des lignes change également avec leur situation sociale, leur position brillante, aiscc, gênée ou misérablo. Et à l’appui de ce que nous venons d’oxposer, nous nous en référerons à une fort curieuso démonstration d’Adolf Henzc. Ce savant graphologue a recueilli une série de signatures successives de Napoléon I er , et il est très curieux d’y voir la direction ascendante d’abord, horizontale ensuite, et enfin complètement descendante, presque verticale, de la ligne ou de l’abréviation du nom.

Nous avons réuni sur une seule planche ccs dix signatures (Planche 1).

La première signature est de 1793. C’est Buonaparte ; elle est complètement ascendante; on y lit l’ardeur et la dévorante ambition du jeune officier d’artillerie.

La seconde se compose de deux BB accolés et soulignés par un énergique parafe (13 fructidor an IV).

La troisième est le mot Napoléon (1804). Horizontale et puissante.

La quatrième est la signature Napoléon d’une proclamation faite apres la bataille d’Austerlitz (7 décembre 1803) : prodigieusement ascendante.

La cinquième est horizontale, nette, ferme, hâtive; elle est d’après la campagne de 1806.

La sixième est du 21 septembre 1812. Elle est horizontale, mais le parafe en est tourmenté et descend bas pour reprendre son audace et remonter, le héros est inquiet et préoccupe : il vient d’entrer dans Moscou livre à l’incendie; I’ère des insuccès commence, mais le guerrier se raidit et la dernière partie du parafe semble jeter un défi au destin.

La septième n’est plus que VN suivi d’un parafe informe et hâlif, descendant et remontant verticalement (6 octobre 1812) : le conquérant est en pleine retraite.

La huitième provient d’un document qu’il signa à Erfurt (23 octobre 1813) après la bataille de Leipsig. VN est absolument illisible, formé de grands traits et qui se coupent sans ordre : on dirait d’un gigantesque W : on y sent la colère et la menace; la plume, en grinçant violemment sur le papier, y a projeté une queue de petites taches.Un fataliste lirait le nom de Wellington dans le W de cette signature.

La neuvième a été donnée à Fontainebleau (4 avril 1814): elle est carrément descendante, descendante en plein; le parafe lui-méme est descendant aussi; l’athlète est vaincu; aucune idée de rébellion ne germe encore dans son cerveau.

Enfin la dixième provient de Sainte-Hélène : elle est plus que descendante, elle est presque verticale: le lutteur est définitivement résigné à son sort; tout est perdu pour lui, son rôle est fini; triste et résigné, il attend la fin de son existence tourmentée et glorieuse.

Les écritures se divisent en plusieurs genres, se ramenant tous aux douze classes ci-après :

1° L 'écriture magistrale , dont les caractères sont grands, beaux, réguliers, bien liés. Elle dénote une ampleur de vue, de solides qualités, une éducation et un talent supérieurs, une haute situation, la confiance en soi-mème, l’habitude du commandement.

2° L 'écriture éclectique , dont les caractères diffèrent généralement presque tous de grandeur, de forme et de direction. Elle indique que celui qui l’a tracée a des connaissances diverses et fort étendues; son esprit est préoccupé par des travaux incessants et nombreux, de nature très variable. Elle indique encore chez lui une foule de qualités et de défauts qui se contrebalancent mutuellement: en effet, la forme particulière de chaque lettre a sa signification propre, et une écriture composée de tant de lettres différentes dans leurs formes et leur allure témoigne nécessairement de variations continuelles et de grands changements dans les aptitudes, les qualités, les vices, les défauts, les désirs et les aspirations de celui qui la possède.

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