LETTRES-TYPES
Indices fournis par la forme des lettres majuscules et minuscules. — Observations générales. — Des lettres finales. — Objections.
Passons en revue les lettres de l’alphabet et indiquons successivement les diagnostics qu’elles nous fournissent.
Quand elle est harmonique , elle est le signe de la poésie et de la grâce dans l’esprit. Si elle est majuscule et si la barre qui la coupe est nette et bien tirée, elle est le signe de la vivacité, de la prompiitude de décision; la majuscule debout et inharmonique est un indice de défectuosité dans le goût. Si la barre qui coupe TA se prolonge indéfiniment en boucle plus ou moins capricieuse, cela indique une imagination pénible ou vagabonde.
Majuscule harmonique: sens du goût développé, sens poétique. Imagination saine et robuste. — Inharmonique: défauts opposés. Il en est de môme du b minuscule : prétention, recherche, vulgarité.
Majuscule harmonique: pondération, calme de l’esprit, sagesse, suite dans les idées. Majuscule inharmonique : esprit brouillon, sans suite dans les idées. Minuscules : même diagnostic.
Mômes observations que pour le C ; mais, dans cette lettre, il est encore plus facile de se prononcer, car elle se prête bien mieux à tout ce que la fantaisie d’une âme calme, ou travaillée par des sentiments divers, peut produire de fioritures, crochets, etc. — Minuscule; s’il est lié à la lettre suivante: correction dans les idées, calme, froideur; si la hampe est jetée vivement en l’air: imagination ardente, lyrisme; si la hampe est pourvue d’un crochet plus ou moins grand et fantaisiste : orgueil, pose, petit esprit.
Majuscule harmonique: sens du goût développé, sens poétique, imagination saine et robuste. Inharmonique: esprit brouillon, sans suite dans les idées. — Minuscules;
même diagnostic. Observer surtout les fioritures de I’E majuscule et les finales (voyez l’article spécial où nous traitons de ce sujet) qui terminent la lettre minuscule.
Comme lo C et le D, cette lettre est susceptible de fioritures plus ou moins variées, et on peut y lire ainsi quelques indices sérieux sur la personne dont on étudie l’écriture; mais elle est peu souvent employée et elle est aussi très rarement finale.
Très rarement finale aussi. Mais, majuscule ou minuscule, elle prête beaucoup aux enjolivures, surtout dans la partie supérieure de la lettre majuscule.
Harmonique, elle dénote un grand sens poétique (voyez la signature de V. Hugo, planche IV ). Tout le monde connaît la signature magistrale de l’auteur de la Légende des Siècles; l’H de la signature du comte de Chambord, inharmonique et très allongé, témoigne d’une grande timidité, d'une pusillanimité et d’une prudence poussées à l’excès.
Peu d’importance, si ce n’est dans les finales de la lettre minuscule.
Debout et se rapprochant de la forme typographique, il signifie hardiesse, courage, indépendance de caractère, sentiment d’audace et de force.
Même observation que pour la lettre précédente.
Est très souvent employée et donne lieu à de nombreuses observations, surtout au point de vue des fioritures de la lettre majuscule. Il en est de même de Y
Sur laquelle la plume peut s’exercer de cent manières différentes dénotant toutes, avec plus ou moins de sûreté et de précision, les sentiments qui agitaient l’âme de la personne au moment où elle écrivait.
Mêmes observations.
Mêmes observations. Ces deux lettres, majuscules, se prêtent à de nombreuses complications de fioritures et de crochets ; le p et Yo minuscules sont rarement à la
|>n des mois et ne donnent par conséquent lieu à des traits finals que très rarement aussi.
Rarement employé comme initiale cl presque jamais comme finale, si ce n’est dans coq et quelques noms propres. Memes observations en ce qui concerne la lettre majuscule; au point de vue de l’harmonie, de l’inharmonie et des fioritures.
Se prête aussi à toutes les combinaisons où se plaisent un esprit et une plume qui ont du temps à perdre on arabesquos, bouclos et frisons. L’r minuscule final est très commun et doit être, comme toutes les finales, étudié avec soin.
Mêmes observations.
Tics important à consulter en minuscule, à cause des nombreux aspects qu’affecte la barre dont on le coupe et de la position de celte barre sur la hampe de la lettre.
Cette barre affecte toutes les inclinaisons, toutes les longueurs, toutes les dimensions ; tantôt d’une faiblesse et d’une finesse extrêmes et presque inappréciable, elle indique un tempérament faible, doux, tranquille, aimant le repos, fuyant la lutte et toute cause de trouble et d’émotion violente; tantôt vigoureusement tracée, large, forte et dure, plus grosse même que le t minuscule dont elle ne doit être en définitive qu’un simple appendice, elle dénote la force, la volonté, l’ardeur, la violence, lapidé du caractère et des sentiments, la ténacité, la confiance on soi, l’audace.
Darré très haut, le t indique l’habitude et le besoin impérieux du commandement, la despolivilé, l’implacable volonté, la persévérance, une indomptable énergie. Darré légèrement, il indique un manque de volonté: il est l’apanage des natures douces et tranquilles, acceptant le malheur comme il leur vient, parce qt c « c'était écrit », comme disent les Orientaux. Basses, courtes et fortement arrêtées, les barres du t indiquant une résolution peu commune, une gran e ténacité, un fort esprit de résistance et de lutte; placées très bas, elles expriment l’emportement et la colère; longues, elles signifient ardeur, vivacité, fougue; jetées vivement en l’air, elles disent la vaillance, l’ambition, l’ardeur, et la brutalité si elles sont plus appuyées que de coutume; lorsqu’elles se terminent par un petit crochet, elles portent en elles le signo du moi, de l’égoïsme, et sont en même temps l’indice d’une grande ténacité; gladiolées, c’est-à-dire se terminant en pointe de glaive, elles signifient l’ardeute volonté, sans ténacité cependant; massuées , c’est-à-dire se terminant par un renflement, comme une massue, elles sont l’indice de l’entêtement, de la ténacité et de la volonté portées au suprême degré.
Mêmes observations que pour le J, l*/î, etc.
Mêmes observations. Ces lettres permettent l'adjonction de nombreuses fioritures. Peu employées comme finales.
Rarement employé en majuscule, mais souvent en minuscule; c’est surtout comme finale qu’il est à étudier.
Peu employé aussi comme majuscule; fort rarement comme finale.
Rien de particulier à étudier, si ce n’est, comme pour les autres lettres, les fioritures, crochets et enjolivements dont on le pare au commencement d’un mot.
Fort peu usité en majuscule; très souvent en minuscule finale, à la deuxième personne du pluriel des divers temps du verbe. A étudier beaucoup sous ce rapport, car il est alors lettre finale.
Odservations générales. — Les lettres à angles aigus signifient ; manque de souplesse, raideur, personnalité, obstination, violence, sécheresse du cœur.
Les courbes molles indiquent l’affection, l’amour, la bienveillance, le bon cœur, la charité, la nonchalance, la douceur.
Les courbes trop fortes indiquent une imagination déréglée.
Arrangées avec symétrie et régularité , les lettres indiquent l’esprit d’ordre et le calme de l’esprit, la satisfaclion de soi, la tranquillité.
Les lettres ornéos de fioritures annoncent l'orgueil, la frivolité, la personnalité.
Leurs harmonieuses proportions indiquent la grâce, l'intelligence du bon et du beau, le goût des arts et de la poésie, le sens de la forme.
Les crochets, aux majuscules ou aux finales, indiquent la suffisance, l'orgueil, l’estime de soi, la personnalité.
Lorsqu’il y a un défaut de proportion entre les majuscules et les minuscules, cela dénote un manque de jugement, peu de sens des proportions, prétention, souvent orgueil et vanité, ou bonhomie et laisser-aller; du reste, Vexagération des lettres dénote l’exagération du caractère et de l’enthousiasme; celle de la ponctuation dénote l’exaltation et l’excentricitc, souvent la folie.
Lorsque les hampes des lettres, c’cst-à-dire les prolongements des b, d, f, g , /*, j, k, l, p, q, t et y sont longues , elles indiquent l’idéalisme, la poésie, lo lyrisme; basses , elles indiquent un caractère positif, le terre-à-terre, un défaut d’imagination, une âmo ordinaire et commune; fortes et accentuées , elles dénotent la volonté; minces et grêles, elles disent la faiblesse et l’indécision.
Lorsque les syllabes sont juxtaposées, par conséquent sans liaison, elles indiquent, comme nous l’avons déjà dit, l’esprit encyclopédique (Voyez pl. Il), l’intuition et la déduction, le raisonnement. Si les jambages mêmes des lettres sout sans liaison, lo caractère dénoncé est encore plus accentué.
Quand les jambages des lettres sont très séparés , quoique liés , cela indique une certaine versatilité, peu de suite dans les idées, de la prodigalité, du désordre môme. Q.iand ils sont inégaux entre eux, ils ont la même signification.
Les lettres de forme bizarre et difficiles à déchiffrer indiquent à coup sur un caractère bizarre et mal équilibré; si elles sont basses , réduites à leur plus simple expression, nécessitant pour ainsi dire l’emploi de la loupe pour ètro lues, elles dénotent l’avarice, un esprit mesquin, méticuleux; arrêtées brusquement , sans aucun irait final : économie, crainte, retenue, réservo. Bien égales de grandeur et régulières dans leur forme : esprit droit, franc, calme, loyal. Trop régulières , elles indiquent le manque d’imagination, la pose, le calme poussé à outrance, une morne tranquillité excluant toute idée d’ardeur dans le travail, dans le tempérament. Les lettres allongées et inclinées expriment l’élégance native ou acquise, les bonnes manières, la parfaite éducation, l'habitude du monde, la race.
Quand les liaisons sont violentes, exagérées, lancées d’un trait, elles indiquent la vivacité et la promptitude; quand elles sont agrémentées de fioritures, elles dénotent une imagination vagabonde et exaltée; quand elles dépassent le niveau général des lettres, elles accusent un jugement peu équilibré, facile à tromper et à se laisser égarer. Quand les liaisons se trompent de but et se jettent dans le vide au lieu d’atteindre la lettre qui suit, elles accusent l’esprit de contradiction, de révolte, de lutte, d’audace et d’énergie.
Quand les lignes sont espacées, elles indiquent un esprit sûr de lui, calme, froid, ayant bien raisonné ce qu’il veut faire comprendre : une intelligence nette et limpide. D’un autre côté, en combinant cet écartement, lorsqu’il est exagéré, avec les signes spéciaux fournis par l’écriture générale, on y trouvera la marque d'un esprit dépensier, frivole, prodigue et insouciant. Nous avons déjà expliqué la signification des lignes ascendantes , horizontales et descendantes.
Quand les majuscules se rapprochent de la forme typographique — nous l’avons déjà fait observer — elles dénotent la poésie, le sentiment de la forme, l’élégance, le goût; quand elles se trouvent au-dessus de la ligne : imagination exubérante; audessous de la ligne : manque de goût, irréflexion, peu de jugement, esprit distrait; bien larges , bien jetées, épanouies et dilatées : hardiesse, satisfaction et contentement de soi ; longues et resserrées , condensées en largeur : contrainte, faiblesse de volonté, timidité hargneuse souvent.
Employées au lieu d'une minuscule : exagération, distraction, manque de goût, vanité et prétention, esprit bourgeois et poseur, orgueil mal placé, pédantisme, amour du moi.
Quand, au contraire, c’est une minuscule qui est employée à la place d'une majuscule, c’est l’indice d’un caractère négligent, faible, imprévoyant; c’est aussi le diagnostic de la bienveillance, de la bonhomie, de la franchise.
Lorsque les mots sont très séparés , ils indiquent la naïveté, la candeur, le laisseraller, la confiance; comme aussi, d’après les concordances fournies par l’examen approfondi des lettres, ils peuvent signifier la prodigalité, l’absence de soin et même le désordre; quand ils sont serrés les uns contre les autres , ils indiquent tout le contraire des qualités exposées au commencement au paragraphe: avarice, ladrerie,
méticulosité, possessivité, économie. Quand ils sont quand même liés entre eux , ils indiquent l’esprit d’analyse.
Quand la panse des lettres à boucles est en disproportion avec le corps ordinaire des autres lettres, cela indique la prodigalité, le manque du sens de la forme et des proportions, une imagination irrégulière, un esprit désordonné.
En résumé, voici les principaux diagnostics que nous tirerons des divers aspects que présente une écriture :
L’ccriture dont les lettres sont amples indique la franchise et la loyauté, la sûreté du jugement et la conscience de sa propre valeur; celle dont les traits sont arrondis et mous dénonce l’élégance et l’aristocratie, le peu d’habitude d’un lourd travail manuel, l’élévation et la sûreté du goût. L'anguleuse trahit la force du caractère, la volonté, l’énergie, parfois la violence et l’irascibilité.
L’écriture à lettres larges et mouvementées déuote : imagination vive et ardente; caractère impétueux, violent et coléreux; à hampes élancées et prolongées plus que de raison : lyrisme, enthousiasme, idéalité. Écriture excentrique : caractère excentrique, extravagant, bizarre; signe de la folie quelquefois.
Écriture penchée à droite (/) avec boucles arrondies ; bonté de cœur, amalivité, bienveillance; penchée à gauche (\) : énergie, entêtement, esprit de lutte, insoumission, faculté de résistance et de combat, caractère entier et violent.
Écriture correcte : calme de l’esprit, rectitude du jugement, placidité, laisseraller, désir de la tranquillité et du repos; pondération de ses actes, réflexion, sagesse. — Écriture incorrecte et vagabonde : incorrection des appétits du cœur, caractère volage et capricieux, peu porté aux choses sérieuses; vulgarité, bourgeoisisme, originalité de mauvais aloi. — Écriture correcte et régulièrement espacée : bon jugement, sentiment du goût et de la bonne ordonnance des choses, sens de la forme, sentiment du bon et du juste.
Écriture avec majuscules exagérées : orgueil, personnalité. Avec finales exagérées: prodigalité, insouciance, vivacité, imagination prompte et ardente. Avec des crochets fréquents à la fin des mots : personnalité, amour du moi, égoïsme.
Écriture microscopique : égoïsme, méfiance, crainte, avarice, timidité, caractère louche, retors et méfiant, mesquinerie, ladrerie.
Écriture ferme : droiture et loyauté, fermeté de caractère, opinions arrêtées; bonté de cœur tempérée par le froid du raisonnement.
Écriture dont la ponctuation est défectueuse ou absente : manque de prudence, imagination vagabonde; avarice, esprit léger.
Lorsque la signature ou la date sont suivies d'un point : caractère méfiant et soupçonneux.
Écriture dont la ponctuation est régulière; lorsque les points sont immanquablement sur tous les i et les j; quand aucun des accents du mot déjà n’est oublié : caractère calculateur, sérieux, ne laissant rien au hasard, prévoyant et pesant toutes les conséquences d’une action.
Quand les points et les accents sont jetés à droite et à gauche de la lettre qui doit en être affectée : vivacité, ardeur, exubérance de vie, tempérament actif, impatient d’arriver au but et de terminer le travail commencé.