ABATTEMENT
Voici monter la nuit vieille de tant d'années Que j'ai vécues ! Elle est pesante et berce dans Ses noirs lilas l'oubli des pivoines pourprées Dont l'aube enrichissait la face des étangs.
Je vois, j'entends aux calmes profondeurs des airs Le nocturne croissant, qui dans l'ombre s'élance, Arracher à la nue le cri sourd de l'éclair Et de son soc d'argent labourer le silence.