‹ La Grappe de raisonChapitre 52 sur 196 · D'UNE MUSICIENNE · texte numérisé non relu

D'UNE MUSICIENNE

O mes trop faibles mains, mes pâles bien-aimées, Au clavier nuptial rouez vos anneaux d'or ; Obombrez de votre langueur, hampes brisées De mes doigts, la fureur de ces mâles accords,

Ou, plutôt, présidez sur la mer qui combine Les flots du souvenir et les vents du destin ! Accourcissez ma vie, roulez sur ma poitrine, Longues, lasses, lentes, mélancoliques mains !

AUX BELLES POETESSES

Les secrets que vos sens ont livrés dans leurs chants, Molles reines de France, ô muses charmeresses, Comme des fruits gonflés de lait, d'ombre et de sang, Enivrent les pourpris de ma riche paresse.

Et quand je lis vos vers, couché ou à genoux, Ce sont vos seins, vos lèvres, vos cheveux que touchent Mes mains ailées, et quand bat un cœur là dessous, Délicieusement j'y viens porter la bouche.

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