AVANT,- PROPOS
« Malgré le nombre immense des faits recueillis dans tous les « siècles, » a dit Civiale, (1) «l'affection calculeuse offre encore « beaucoup de points à l'égard desquels nous ne possédons que des « données vagues et incertaines. Les causes de la pierre. les « variations infinies qu'elle présente sous le rapport de la nature « des différentes couches qui la constituent. sont autant de « questions à l'égard desquelles les opinions généralement admises « sont, les unes hasardées, les autres en opposition directe avec « l'expérience. »
Les paroles de Civiale sont toujours vraies: peut-être même le seraient-elles plus spécialement pour ce qui à trait à l'étude de la gravelle phosphatique primitive. Malgré des travaux si considérables sur la pathologie des voies urinaires en général et sur l'affection calculeuse en particulier ; quelqu'intéressante que fût la question qui se présentait, de savoir si lon devait reconnaître l'existence d'une gravelle phosphatique primitive, d’une diathèse phosphatique, si l'on veut, analogue, en son genre, à la diathèse urique admise par tous, peu d'auteurs se sont adonnés à l'étude de cette affection ; ou bien, la plupart de ceux qui s’y sont un peu arrêtés, se sont crus, faute de preuves, disent-ils, autorisés à nier, ou tout au moins à mettre en doute, l'existence de la gravelle phosphatique primitive. Or, l'existence de cette variété de gravelle n'est plus contestable.
Lorsque nous suivions, dans les derniers temps de nos études, la clinique de M. le D' Lavaux, il nous est revenu en mémoire la communication qu'il fit, touchant la gravelle phosphatique primitive, au neuvième Congrès français de Chirurgie (?, et qui démontre d'une facon irréfutable, l'existence de cette variété de gravelle. Mais il est certain qu'il s’agit d’une affection rare. On sait également aujourd'hui que sa pathogénie, si diversement interprétée, la presque toujours été d’une façon plus ou moins fondée, et, partant, plus ou moins exacte : d’où l'échec habituel du traitement employé 1) CIVIALE. — Trailé de l'affection calculeuse. Paris, 1858.
2) Paris. Octobre 1895.
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chez ces malades. L'histoire de cette affection est vraiment intéressante. Aussi n’avons-nous pas hésité à en faire le sujet de notre thèse inaugurale.
Nous exposerons d’abord tout ce que nous avons pu réunir qui ait été dit sur la question : nous avons cru devoir apporter un soin tout particulier à l'édification de cette partie de notre travail. Puis nous citerons trois observations, dont deux ont été publiées par M. le D' Lavaux. Ces observations nous permettront de tracer l'histoire clinique de l'affection et d'insister tout spécialement sur la pathogénie, l’étiologie et le traitement de la gravelle phosphatique primitive.
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