Murray et Smith, Catalogue of engraved gems, n
a également été interprétée sur un des plus admirables camées grecs du Cabinet des médailles. On sait que Poséidon avait confié à
Pélops quatre chevaux qui devaient le faire triompher, dans la course en chars, d'Œnomaûs, dont il ne pouvait qu'à ce prix épouser la fille Hippodamie. Le graveur a interprété un épisode des préparatifs de la course (fig. 85).
Voyez le jeune héros debout, courbé en avant, le pied sur le bord de l'abreuvoir orné de bucrânes où boivent ses coursiers; il s'entretient avec l'esclave Myrtile, l'aurige d'Œnomaûs, qui trahit son maître absent, pour procurer la victoire à Pélops. Telle est la légende
que nous avons sous les yeux , gravée avec une incomparablehabileté sur une agate dont les nuances laiteuses sont d'une douceur exquise.
Un autre
chef- d'œuvre
à cette époque la Grèce
Fig. 86.
de la glyptique du v*^ siècle,
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ne produit que des chefs-d'œuvre, — est celui-ci, du musée de TErmitage (fig. 86); il repre'sente Icarios inventant le jeu des ascolies, Pune des principales réjouissances des Grecs dans la saison des vendanges. Dans ce jeu champêtre, Poutre gonflée était enduite de savon ou d'huile ; le vin qu'elle renfermait était la récompense de celui qui s'y maintenait debout et sans glisser; la maladresse des autres était Pobjet des rires et des quolibets des spectateurs.
Quelques camées du musée de Vienne sont, eux aussi, d'un assez grand style pour n'être pas déplacés dans la seconde moitié du v" siècle. Tel est celui qui se rapporte au retour d'Ulysse à Ithaque (fig. 87) : on y reconnaît l'apprêt d'un de ces grands festins organisés
par les prétendants à la main de Pénélope.
L'un égorge un cochon, l'autre un bélier, tandis qu'un troisième, sans doute le méchant chevrier Mélanthée, verse du vin dans une coupe. Ulysse est là, déguisé en mendiant ; il subit, sans mot dire, le regard insultant d'Antinoiis, le plus audacieux de ceux qui voudraient usurper sa place au foyer conjugal. Pénélope, fixant avec persistance le faux mendiant, semble vaguement le reconnaître.
Fig. 87.
De tels bas-reliefs en miniature sont vraisemblablement la copie de sculptures ou de peintures célèbres. Comment en douter, lorsqu^on retrouve lemêmesujet, — le meurtre de Clytemnestre et d'Egiste par Oreste
et Pylade (fig. 88), — identiquement traité à la fois sur
un camée de Vienne et sur un relief sculptural^ ? La
statue de femme affligée, du musée du Vatican, qui
passe pour une œuvre de Técole attique
du v'^ siècle, paraît avoir inspiré Fauteur
de la gemme du Cabinet des médailles
(fig. 89), où une femme, désignée tour à
tour sous les noms de Pénélope, d'Electre
ou de Calpurnie, se présente avec le
même costume et dans la même atti- ^'^' ^^"
tude. Sur un chaton de bague trouvé à Kertch,
la Victoire, qui attache un bouclier à un trophée-,