Murray, Handbook of greek archœology, p. i53 et suiv
Fig. 90.
que par une petite gemme du Cabinet des médailles qui la reproduit (fig. go) ; le buste de Héra, type de l'un des plus beaux camées grecs de la même collection (fig. 91), est certainement inspiré de la statue qu'Argos devait à ce digne émule de Phidias ; une
Fig. 92.
cornaline du musée de TErmitage représente Hippolyte debout, armé de Pépieu de chasse et accompagné d'un Eros; le revers d'une monnaie de Trézène a le même type, et tout porte à croire que l'art monétaire et la glyptique se sont emparés d'une œuvre sculpturale de Polyclète ou de son école, qu'on voyait à Trézène.
Zeus Olympien, Athéna Promachos^ Athéna Par-
thénos, tantôt en buste, tantôt en pied, ici voisins du prototype cre'é par Phidias, là modifiés, altérés, méconnaissables, forment le thème le plus populaire qu'aient exploité les graveurs de tous les temps. Un merveilleux camée grec du Cabinet des médailles, sur une sardonyx à deux couches,. nous montre un buste d^Athéna, certainement inspiré de la Parthénos, bien que le graveur paraisse s^être éloigné comme à plaisir de son modèle (fig. 92) ; sous Auguste encore, nous rencontrerons, avec la signature d'Aspasios, la Parthénos de Phidias, mais cette fois fidèlement copiée (fig. 119). C'est aussi jusqu'au premier siècle de notre ère qu'il faut descendre pour retrouver, sur un camée du musée de Berlin, le type d'Eros en Hermès, qui fait son apparition dans l'histoire de l'art à l'époque de Phidias*.
Aucun nom d'artiste, nous l'avons dit, n'a encore été signalé sur les camées ou les intailles des trois premiers tiers du v® siècle. Mais dès avant l'an 400 commence à se constituer une longue suite de gemmes signées qui vont heureusement jalonner notre route et éclairer notre marche sans interruption jusqu'à la fin du I®'' siècle après Jésus-Christ. Sans nous arrêter à examiner les pierres dont l'authenticité est discutable ou qui portent des signatures ajoutées par des faussaires modernes, nous prendrons à tâche d'énumérer les artistes et leurs œuvres principales.
Athenadès. — Sur le chaton d'une bague trouvée à Kertch, dans un tombeau de femme, est intaillée rimage d'un Scythe assis, regardant attentivement
,1,1 Furtwœngler, Meisterwerke der griech. Plastik, p. loi.
Fig. 91.
une flèche; la signature A0HNAAH2 se lit dans le champ (fig. 93). Étant donnés la forme ionienne du nom, le lieu de la trouvaille et le style de la gravure, il est à croire qu'Athénadès travaillait à Panticapée vers la fin du v« siècle.
Phrygillos. — On lit ce nom sur une cornaline de Tancienne collection Blacas, qui représente un Éros agenouillé jouant aux osselets (fig. 94). La tête de ce génie rappelle celle du Doryphore de Polyclète, et on rencontre sur les bas-reliefs attiques de la seconde moitié du v« siècle des figures de même style 1. Enfin des monnaies de Syracuse de cette époque sont signées du même nom.
Phrygillos paraît donc avoir été un '^' ^'*' artiste sicilien de la fin du v'' siècle,
qui gravait à la fois des pierres fines et des monnaies, en s'inspirant particulièrement des œuvres de Polyclète. Dexamenos. — Cet artiste, originaire de Chios, florissait à la fin du v® et au commencement du iv^ siècle. Il nous est parvenu quatre de ses œuvres signées. La plus ancienne, par son style, est une calcédoine du Fitzwilliam Muséum, à Cambridge, sur laquelle on voit une femme à sa toilette; une servante lui présente le miroir. Outre la signature AEEAMEN02, on lit au génitif le nom de cette grande dame qui s'appelait Mica (fig. 95). Vient ensuite, semble-t-il, dans Tordre chro-
1. Furtwasngler, Studien ûber die Gemmen mit Kunstlerinschriften, dans le lahrbuch des kais. deut. archœol. Instituts, 1888, p. 197.
nologique, une agate trouvée dans un tombeau de Panticapée, sur laquelle sont gravés un héron et une sauterelle. Une autre tombe de Kertch a fourni une calcédoine (fig. 96) dont le type est un héron accompagné de rintéressante inscription AEZAMENOZ ETTOIE XI02 [œuvre de Dexamenos de Chios). Enfin, sur un jaspe rouge trouvé en Attique, un portrait d'homme ^'s- 9S- barbu est signé AEIAMENOZ EnOIE.
Pergamos, — Nous connaissons trois intailles avec ce nom. Cest d'abord un scarabée, trouvé à Kertch. Il représente une tête imberbe coiffée d'un bonnet phrygien qui rappelle la coiffure des cavaliers de la frise du Parthénon, et le type de monnaies frappées par les Carthaginois en Sicile. C'est, en second lieu, un nicolo du Cabinet des Médailles, '^" ^
signé TTEPrAM; le type est une tête coiffée d'un casque décoré d'un masque silénique ^ Enfin il existait, au siècle dernier, avec la même signature, une gemme dont le souvenir nous est conservé par une pâte de verre du musée de Florence : c'est un satyre dansant, le thyrse à la main, la nébride sur le bras.
Olympios. — Une cornaline du musée de Berlin représente Eros debout, bandant son arc. Dans le champ, le nom de l'artiste Olympios. M. Furtwaen-