I. Leturcq, Jacques Guay, p. 23, note
GUAY F. 1787, et une fleur de lis après la date. » L''explication donnée par le consciencieux biographe de Guay est la seule qui soit plausible. Ne pourrait-on pas appliquer un raisonnement analogue à certaines signatures gravées sur des gemmes grecques et romaines, regardées peut-être avec trop de précipitation comme œuvres de faussaires modernes?
On n^a pas de renseignements sur les dernières années de la vie de Jacques Guay : il mourut dans l'obscurité vers 1793. Sans doute, les événements politiques furent pour beaucoup dans l'état d'abandon et d'injuste oubli oti il parait être tombé sur la fin de sa carrière, mais il y eut aussi à cela une autre cause : c'est que Jacques Guay travailla presque isolément: il n'ouvrit pas d'école et ne forma aucun élève capable de soutenir après lui l'art qu'il avait su porter à un si haut degré de perfection. On cite bien un certain Michel qui aurait reçu des leçons de Guay; le précieux Catalogue des empreintes de Tassie, publié par Raspe, contient la description d'une prime d'émeraude signée Michel, qui représente le triomphe de Silène. Mais c'est là tout ce qu'on sait de ce graveur obscur.
Un artiste de talent du commencement de ce siècle, Mayer Simon, travailla aussi quelque temps sous les yeux de Guay ; mais nous verrons que le disciple fut loin d'égaler le maître. Enfin un autre élève de Guay fut M""^ de Pompadour elle-même. N'est-il pas intéressant de voir la célèbre marquise, si curieuse des choses de l'art, s'asseoir, dans l'intimité, devant l'éta'bli de l'artiste dont elle avait su deviner le génie, et apprendre de lui à mettre le touret en mouvement et à mani-
LE XIX-^ SIECLE
puler la bouterolle et la tarière? On connaît quelques pierres gravées qui portent la signature de M"^ de Pompadour; en voici la liste, sans que nous puissions deviner Jusqu'à quel point Jacques Guay a laissé sa puissante protectrice se livrer à son initiative et à sa seule expérience : i. Génie ailé de la musique. Signé : POMPADOUR F. 1572 (fig. 201. Cabinet des médailles). — 2. Deux têtes de fantaisie accolées. Camée signé ; P. (au musée de Berlin). — 3. Buste de Louis XV. Camée signé POM PADOU R (ancienne collection Leturcq). — 4. Génie militaire.
Intaille signée : POMPADOUR F.
(offerte au comte d'Argenson). — 5. La fidèle amitié. Intaille signée : Pompadour fecit (donnée au prince de Soubise). — Enfin, M"^^ de Pompadour aurait aussi gravé sur pierre fine le portrait de Fabbé de Bernisi.
Fie. 201.