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FIC. 6. JÉSUS SAUVEUR DU MONDE

Gravure en bois allemande (xve siècle).

ordre la série des épreuves et des perfectionnements. En Allemagne, tant que Gutenberg n'a pas trouvé le dernier

mot et popularisé les derniers secrets du procédé typographique, peintres, dessinateurs, graveurs, tous s'immobilisent dans la routine ; tous, depuis l'auteur du Saint Christophe jusqu'aux graveurs qui travaillent trente ans après lui, n'ont que des intentions et une pratique invariablement grossières. Heineken lui-même, le défenseur à outrance de la cause allemande contre les partisans de Goster qu'il appelle dédaigneusement « ce marguillier1 », Heineken, en parlant des « premiers livres allemands gravés en tables de bois», est obligé de convenir « que, lorsqu'on examine le dessin avec des yeux connaisseurs, on découvre qu'il y règne un goût lourd et gothique2 ». L'art allemand semble attendre pour prendre son essor que l'industrie lui ait donné l'exemple. Encore s'obstinera-t-il quelque temps dans sa barbarie première, après la révolution opérée à côté de lui. Les graveurs « tailleurs de bois » n'acquerront pas tout d'abord, tant s'en faut, la même habileté que les ouvriers typographes employés par Gutenberg et par Fûst. %

Dans les Pays-Bas, au contraire, c'est la régénération de l'art qui précède les perfectionnements mécaniques. Lorsque ceux-ci sont en voie de s'accomplir, et même lorsqu'une découverte suprême a eu pour effet de divulguer toutes les ressources, de fixer toutes les conditions de l'imprimerie, la gravure, au lieu de se subordonner comme en Allemagne aux progrès du nouveau

1. Le mot coster en langue hollandaise signifie gardien d'église, bedeau.

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