LA MANIÈRE NOIRE EN FRANCE
Hollandais les Cinq seîis , et l’on contrefait le célèbre Marchand de mortaux-rats de Visscher.
Au début du xyiii6 siècle, Gérard de Lairesse recommandait aux artistes, comme une distraction profitable, l'usage de la manière noire, et des praticiens même médiocres étaient en pleine possession de la technique.
Cependant, en Allemagne, la manière noire était pratiquée, au lendemain même de son origine, et dans les dernières années du xvne siècle, Elias Christophorus Heiss (1660-1731) signait à Augsbourg une suite infinie de portraits dont quelques-uns fort remarquables et comparables aux beaux produits du burin, celui de Jacques Bender (1696) entre autres.
111. En 1658, W. Vaillant de Lille, peintre du prince Rupert, vint en France; il divulgua le secret que possédait son maître. J. Van Somer qui, vers la même époque accomplit le même voyage, fit de semblables révélations. Ils réunirent peu d'adeptes parmi des artistes qu’hypnotisait la maîtrise de Nanteuil.
La contribution numérique de la France fut donc restreinte, mais, par la qualité de sa production, c'est elle néanmoins qui, dans cette période d'élaborations, a eu la meilleure part. Le jour où l'engouement dont bénéficient aujourd’hui les contemporains de Louis XV se reportera sur le xvne siècle, on recherchera les estampes de Sarrabat, de Barras, de Bouys, de Coussin,, de Bernard, d'autres encore qu’enveloppe un dédaigneux et injuste oubli.
Un collectionneur du Midi, Boyer d' Aiguille (1682 ?-l 709) , fit graver à Aix les principaux tableaux de sa galerie, dans le système nouveau et participa lui-même, non sans habileté, a cette entreprise. 11 rencontra, à Aix, dans la personne de S. Barras (1680-1710) un excellent collaborateur que recommandent d'habiles copies et de bons portraits.
Cependant à Paris, J. Van der Bruggen (1649-?) de Bruxelles gravait dès 1682 des portraits médiocres et, dans un œuvre inégal, signait de jolies pièces, telle la Fille à la fenêtre. Quelques artistes du second plan, J. Cotelle (1645-1708) qui avait aussi gravé à l'eau-forte, Elisabeth Boucher, les deux Maheux témoignaient, sinon d'un talent personnel, au moins de la possession du procédé. Au-dessus d’eux, des maîtres véritables.
Le premier en date, J. Sarrabat (1670- ?) peintre et graveur fit des compositions religieuses et de bons portraits. Coussin se livra à des travaux analogues. A. Bouys, élève de De Troy, publia des portraits remar-