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INFLUENCE DE REYNOLDS

analogue. Ils ont été reproduits moins souvent, et dans un style dont ils n’étaient pas les inspirateurs.

Pour mesurer la portée de l’intervention de Reynolds, il suffit d'examiner l'œuvre des deux premiers en date de ses traducteurs, J. Mac Ardell, et R. Houston.

Tous deux avaient gravé avant de le connaître; ils avaient tous deux fait des estampes honorables, de bonnes copies de portraits de Rembrandt, Mac Ardell (1710 ?-1765) plus sûr, R. Houston (1721 *?-177o) plus inégal. Ils abordent Reynolds et, aussitôt, ils appara'issentmétamorphosés. Ils ont une désinvolture, une grâce, un charme brillant qu'on n'aurait pas soupçonnés chez eux. Mac Ardell, d'une facture légère, distinguée, un peu grise, popularise les traits de Miss Homeck (1761), de la Comtesse de Waldgrave (1762) de Lady Fitzwilliam (1764), de la duchesse de Malbo rough (fi g. 100); il donne en 1757 le portrait de l’amiral Boscawen. R. Houston, parmi une série très nuancée de portraits de femmes, triomphe avec les Deux Waldgrave (1761).

Ce degré supérieur où s'élève ici la manière noire, cet éclat qu’elle a conquis, qu’elle va soutenir et développer encore, ne sont pas les résultats d’un perfectionnement technique. Le procédé était né parfait. Tout au plus a-t-on choisi pour le cuivre un grain plus serré, soigné les tirages, adopté des encres de nuance plus chaude, d’un noir tirant sur le roux. Le progrès est tout esthétique; il réside dans les intentions de l’esprit qui dirige la main.

Il faut l’ajouter : l'influence de Reynolds et le succès de ses traducteurs n’ont pas été sans entraîner quelques conséquences fort fâcheuses. La manière noire est demeurée un pur procédé de reproduction ; sans doute, elle avait, dès l’origine, pris ce caractère ; mais on aurait pu espérer qu'elle servirait un jour à traduire des conceptions personnelles. Ce jour n'est jamais venu. Bien plus, à se proposer un objet commun, un idéal unique, les artistes en sont arrivés à une uniformité d'exécution décevante. En énumérant les meilleurs d'entre eux, nous ne pouvons tenter de les caractériser parce que, pour la plupart et pour les plus habiles, ce serait un effort artificiel. Les amateurs qui ont une très grande- habitude de manier leurs estampes, parviennent à discerner les factures, mais c'est par des signes secondaires, fugitifs, des intuitions vagues:. Les plus experts ne sont garantis contre les méprises que par les signatures.

11 faut donc se résigner à dire, de tel maître qu’il fut excellent, de tel au tre-qu'il fut peu soigneux ou inégal. Les graveurs auraient, sans doute.

Fig. 114. — J. Grozer. A Lady and Child, d'après Reynolds (très réduit).

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