‹ La gravureChapitre 170 sur 278 · IX. — Dobson et Armstrong. Hogarth, in-f°, Londres · texte numérisé non relu

IX. — Dobson et Armstrong. Hogarth, in-f°, Londres

Benoît. Hogarth, in-8°, 1904.

J. Meyer-Graefe. Hogarth, in-8°, Berlin, 1907.

Fig. 121. — Bartolozzi. Lady Bail, d'après Cosway.

I. Prédominance de l'influence française. — II. Les pays germaniques. L’Allemagne depuis la fin du xvi° siècle. La Suisse. — III. L'Espagne. — IV. L’Italie. Le burin. L’eau-forte.

I. — Hors de France et d’ Angleterre , on rencontre encore au xvme siècle, des graveurs de talent ou de génie, mais, nulle part, on ne voit une école se développer avec ampleur et, partout, on retrouve l’influence française. Beaucoup d’artistes viennent étudier en France; souvent ils sont retenus par l’accueil qu’ils y reçoivent, travaillent dans notre pays, deviennent membres de l’Académie et ne retournent chez eux qu’à regret. Paris, qui fête le peintre suédois Roslin, le dessinateur suédois Lavreince, le dessinateur suisse Freudeberg, est hospitalier à l’Italien Porporati, à l’Allemand Schmidt, à l’Espagnol Garmona. Il est pourtant des artistes qui résistent à la fascination du goût français et cette indépendance, rare en Allemagne, est fréquente en Italie.

II. — L’Allemagne, dès la seconde moitié du xvie siècle, avait laissé s’éteindre la tradition nationale. Au siècle suivant, la production fut maté-

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riellement intense, esthétiquement secondaire et dénuée presque totalement de personnalité.

La famille belge des Sadeler vint s’établir en Bavière, puis à Prague, et se livra à la même industrie que les Wierix et les Galle dans les Flandres. Ils publièrent des estampes religieuses d’après des peintres allemands italianisés, des vignettes pour les évangiles, des suites allégo-

Fig. 123. — J. Umbach. Les poussins.

riques des mois ou des saisons, des pièces emblématiques et aussi des sujets mythologiques d’après Ovide. Tout cela d’un burin froid, sans accent. Le meilleur d’entre eux est Aegidius Sadeler (1570-1629) dont on pourra regarder quelques paysages d’après R. Savery et quelques portraits gravés sur ses propres dessins.

A Augsbourg Dom Gustos (1560-1612), d’origine anversoise et la famille des Kilian, Lucas (1579-1637) et ses fils Philippe et Bartholomaus (1630- 1690) firent un commerce analogue. Influencés d’abord parles Flandres, ils subirent ensuite l’action de la France. Barthol. Kilian, élève à Paris de François de Poilly, a laissé une suite de portraits assez personnels (1656). Les Sandrart, Joachim (1606-1688) et son neveu Jacob (1630-1706) furent des portraitistes féconds et médiocres.

Pour trouver, à cette époque, un maître buriniste, il faut pousser par

L’ALLEMAGNE AU XVIIe SIÈCLE

delà l’Allemagne jusqu’à la Pologne. Jeremias Falck (1609-1677) de Dantzig, avait d’ailleurs étudié en France, où il publia de curieuses images de Gandolin et de Guillot Gorjn , et en Hollande. Ce fut un portraitiste de premier ordre, chaud, coloré, vigoureux. Les portraits qu’il fit, à Stockolm d’apres différents peintres, de la reine Christine et des principaux nobles suédois soutiennent la comparaison avec les meilleures pages françaises.

L’Allemagne, au xvne siècle, compta aussi quelques aquafortistes ; Baur (1600 7-1642) dont la fantaisie sans accent fut inspirée par Callot; Johann Heinrich Roos (1631-1685) animalier, dominé par Berchem et Karel du Jardin et qui dessinait avec une ampleur et une sûreté un peu pesantes. Jonas Urnbach (1624-1700) dont l’œuvre rappelle singulièrement celui de C. Schut, et qui s’est, ainsi que son émule flamand, approprié les thèmes italiens, religieux (Vierges à l’enfant) et mythologiques, est intéressant surtout et spontané lorsqu’il esquisse, parmi tant d’autres, des Bacchanales ou des scènes familières (fi g, 123).

Mathieu Mérian (1593-1650) au milieu d’un œuvre énorme et fastidieux, offre quelques pièces importantes pour l’histoire des mœurs, par exemple le Carrousel de la -place Royale en 1612. Tl a gravé sinon avec agrément, du moins avec une exactitude remarquable, des vues de ville, des plans, des cartes géographiques et fourni ainsi, pour Paris, pour d’autres villes d’Kurope, d’inappréciables documents.

L’Allemagne du xvne siècle est, en somme, négligeable. Le seul artiste qui ait eu une action sur la suite de l’art est Adam Elsheimer (1578-1620). Il a fort peu gravé et d’une main malhabile, mais les contrastes qu’il poursuivait dans ces essais et surtout dans son œuvre peint, les jeux d’ombre et de lumière auxquels il se complaisait ont eu une influence énorme, sinon en Allemagne même, au moins dans les Pays-Bas. Il est à l’origine des recherches de Soutman, des graveurs de Rubens, de Van Dyck aquafortiste et de Rembrandt.

Un certain nombre d’artistes allemands allèrent s’établir à l’étranger, tels les Greuter qui manièrent le burin à Rome, ou W. Hollar que nous avons vu en Angleterre.

L’Allemagne, au xvme siècle, ne reprit pas conscience de ses destinées propres. Partagée auparavant entre les exemples des Flandres, de l’Italie et de la France, elle demanda désormais à la France seule des directions.

Nous avons rangé parmi les graveurs de l’école française Georges Wille, parce que venu tout jeune en France, il s’y établit et y demeura jusqu’à sa mort.

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Au moment où il venait chercher fortune à Paris, Wille s’était lié avec un de ses compatriotes, G. -F. Schmidt (1712-1575). Ce dernier, chassé de Berlin par la misère, travailla d’abord d’une façon obscure, puis lancé par Rigaud, il connut le succès. Ami de La Tour, reçu, bien que protestant, à l’Académie, on aurait pu croire qu’il se fixerait définitivement en France. Pourtant, en 1744, il retournait à Berlin, où il mourut en 1775, après avoir séjourné, de 1757 à 1762, à Saint-Pétersbourg. Schmidt, comme son ami Wille, fut un très habile et parfois fort ennuyeux buriniste. Il a surtout gravé des portraits, souvent d’après Bigaud, Tocqué ou Pesne, ou encorp sur son propre dessin.

La renommée de Wille attira en France plusieurs de ses jeunes compatriotes, et le brave homme ne se faisait pas faute de les accueillir, de leur donner ses conseils et au besoin de les aider de sa bourse. Il forma ainsi quelques graveurs honorables, Preisler (1757-1808), Schmutzer 1733-?) qui fut le premier directeur de l’Académie de gravure de Vienne; Bause (1738-1814), sans venir en France lui demanda, par lettres, une direction. En tous ces artistes rien d’original.

Les Allemands qui s’exercèrent à l’eau-forte ne montrèrent pas un talent plus spontané. J.-E. Ridinger (1695-1767) grava des estampes médiocres (ehasses — animaux). Ch. Dietrich (1712-1774) le peintre fournisseur attitré de Wille, se montra aussi plat copiste avec la pointe qu’avec le pinceau. Rode (1725-1797) s’inspira de Rubens, de Rembrandt, avec plus d’audace^ que de bonheur; son œuvre est ambitieux et détestable. Weirother (1720-1773), protégé par Wille, témoigna dans ses paysages sinon de la personnalité, car il s’appuyait toujours sur quelque maître, au moins une habileté légère.

L’Allemagne mériterait à peine de nous arrêter, si elle n’avait produit Daniel Chodowiecki (1726-1801). Polonais par sa naissance, allemand par sa vie et ses sentiments, Chodowiecki est le seul artiste du xvme siècle qui, hors de France, ait traité la vignette avec supériorité et esprit. Observateur très fin, dessinateur habile, Chodowiecki traçait lui-même les compositions qu’il gravait. Il maniait la pointe avec aisance, capable des effets les plus ténus, sinon de légèreté.

A comparer ses vignettes (fig. 124) avec les images françaises, on trouvera souvent que l’élégance en est quelque peu gauche, que les encadrements dessinés sont mornes, on leur désirera plus de vivacité, mais elles ont une bonne foi, une vérité qui les sauvent et surtout une pointe de sentimentalité très caractéristique.

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