CHAPITRE II
I. Le pointillé. — il. Le burin. L'école classique : Bén ie. L'évolution : Ilenriquel Dupont, s La libération : Gaillard. Le burin actuel. — III. Les limites du burin. H- IV. Le lavis. — V. La lithographie. — VI. Le bois. — VII. L’eau-forte. Causes de succès. Tendances complexes : virtuosité, mondanité, sévérité. Les spécialistes.
Comme aux époques antérieures, la gravure s'est employée dans la période contemporaine tantôt à reproduire des œuvres étrangères, tantôt à exprimer des pensées personnelles. Quelques artistes l’ont pratiquée sous ces deux formes; pourtant il est possible d'étudier successivement la gravure de reproduction et la gravure originale.
I. — La gravure de reproduction parut, vers le temps de la Révolution, dotée d’un instrument nouveau. Le pointillé était passé d'Angleterre en France. Il servit, nous l'avons déjà vu, pour des pièces de circonstance. Sa vogue fut considérable, mais il produisit peu d'estampes importantes et, tombé presque immédiatement dans le discrédit, il ne mériterait pas de nous occuper, s'il n’avait été supérieurement manié par Copia et Roger. Copia, dont la carrière fut très brève (1764-1799) et son élève Roger (1780-1840) eurent, il est vrai, une heureuse fortune. Ils se mirent au service de Prudbon et reproduisirent des œuvres que la froideur du burin aurait trahies. Pour conserver la grâce onctueuse, la iinesse légère et molle de cette main incomparable, le pointillé apparut un procédé d'élection. Les beaux dessins rehaussés de blanc sur papier teinté conservaient sous la transcription leur morbidezza. Prudbon ne se désintéressait pas des travaux de ses interprètes. Ceux-ci, sur une solide préparation à l'eau-forte, modelaient avec une suavité et une fermeté inusitées aux élèves de Rartolozzi : ils associaient d'ailleurs au pointillé pur l'usage du berceau et une variété intelligente de pro-