LE POINTILLÉ. LE BURIN
cédés. L’amour réduit à la raison gravé par Copia en 1793 et qui fit sensation, portait du premier coup à sa perfection le système. Prudhon v conserve toute sa fleur; les planches qui suivirent: la Vengeance de Gérés.
les vignettes pour F Art et aimer , ou pourla Nouvelle Héloïse sont aussi heureuses. On sait les chefs-d'œuvre incomparables que sont les en-têtes de lettres officielles, allégories exquises auquelles Prudhon a donné un développement exceptionnel dans sa Constitution française.
Les pièces gravées par Roger ne se distinguent guère de celles de son maître. Lui aussi a exécuté des allégories et de délicieuses vignettes (fîg. 139). Mais il faut reconnaître que la personnalité des interprètes disparaît derrière le maître qu’ils traduisent. Ils ont, au reste, besoin d'être soutenus par lui. Même entre leurs mains, le pointillé retombe, dès qu’ils s’éloignent de Prudhon. Us n’ont donc rien fondé de durable et, malgré leur réussite exceptionnelle, leur technique s’est discréditée après eux et a vite disparu.
IL — Le pointillé évincé, le champ resta libre au burin. La Révolution, nous l’avons dit, n’avait ruiné aucune forme traditionnelle de la gravure. Le burin même souffrit à peine de la crise. Au plus fort de la tourmente, les graveurs reculent, du moins, d’un gouvernement sans ressources, la commande d'en-têtes de lettres officielles et celle des assignats. Quelques burins furent exposés au Salon de 1793. Enfin, dès 1792, Pierre Laurent, préparant l’exécution d’un projet depuis longtemps caressé, passait avecdifférents graveurs des traités pour l’exécution de planches destinées au Musée français. Cette colossale entreprise qui devait embrasser la reproduction tle tous les tableaux, statues et bas-reliefs qui composent la collection nationale , sauva à elle seule le burin : elle donna, pendant de longues années, un travail, d’ailleurs fort bien payé, aux graveurs les plus habiles et permit d’attendre des temps moins troublés1.
1 Une publication analogue et de titre identique mais conçue sur un plan moins large et exécutée en plus petites dimensions lut dirigée par Filhol (1759-1812). Elle rendit des services