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L ESTAMPE ORIGINALE FRANÇAISE

I. La lithographie. Son invention. Ses débuts. Géricault. — II. Les lithographes romantiques. Delacroix. — 111. La vie populaire et la légende napoléonienne. Charlet. Raffet. — IV. La caricature. Daumier. Gavarni. — Y. La renaissance de Feau-forte. Romantiques et paysagistes. — VI. Le plein essor : M. Bracquemond, Méryon, Uaubigny. r— VU. La vogue; tendances complexes. — VIII. La crise. Buhot. L’eauforte actuelle. — IX. Le réveil de la lithographie. — X. Le bois original. — XL La gravure en couleur.

L’estampe de reproduction, sous ses formes diverses, a bénéficié en France, au xixe siècle, de l’appui de l’Etat ou de la faveur du public. L'Etat, l’Institut ont soutenu le burin de leurs commandes, de leurs distinctionsofficielles; la lithographie, le bois ou l’eau-forte ont été largement encouragés par les éditeurs.

L’estampe originale a eu des destinées moins faciles. Instrument admirable pour les artistes d’avant-garde, mode d’expression intime à travers lequel jaillit la pensée toute vive, elle a souvent rencontré l’hostiiité ou les dédains officiels; elle s’est heurtée à l’indifférence ou à rinintelligence des foules. Pourtant, quel qu’ait été le mérite des traducteurs — et l’on reconnaîtra que nous ne leur avons pas ménagé leséloges — leurs pages les plus amples, les plus brillantes cèdent le pasau moindre griffonnage librement tracé par le génie.

L’estampe originale a revêtu deux formes essentielles : lithographie,, eau-forte. La lithographie a triomphé dans la première partie du siècle; l'eau-forte s’est épanouie ensuite. Il convient donc de les étudier successivement.

I. — La lithographie fut découverte en 1796 par le Bavarois Aloys Senefelder (1772-1834). Acteur et auteur, en quête d’un procédé pour publier ses pièces à peu de frais, il imagina d’écrire avec une encre grasse sur

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