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DAUBIGNY

Jules Adeline, par M. Nicolle (le Vieux Rouen , 1880) ; Lyon a inspiré des pages prestigieuses à M. Drevet (le Lyon de nos pères , 1901); Jules Chevrier a célébré Chalon-sur-Saône pittoresque et démoli (1882) ; J. Queroy, le Vieux Moulins, le Vieux Vendôme, Rues et maisons du vieux Blois ; Léopold Lesigne, Reims [Reims à Veau-forte ). O. de Rochebrune (1824- 1900) parcourut, à partir de 1861, la France, dessinant les monuments historiques avec une exactitude scrupuleuse et un souci de présentation qui lui valurent une grande notoriété. Maxime Lalanne (1827-1886), fervent propagandiste de l’eau-forte, au milieu d'un œuvre très nombreux, fit souvent des paysages de villes.

Tandis que Bonvin, M. Bracquemond et Méryon pratiquaient l’eau-forte comme un art fécond et complexe, Daubigny demandait à la pointe la joie des improvisations savoureuses. Daubigny avait, à ses débuts, fait de la lithographie commerciale; il avait, depuis 1842, dessiné de nombreuses vignettes pour le bois, et, lorsqu’il publia le Cahier de 1851, il y avait plus de dix ans qu'il signait des eaux-fortes. Il avait publié des reproductions de ses propres tableaux1, gravé des vignettes pour les Chants et les chansons populaires de la France (1843), signé des pièces isolées. En tout cela, il avait déployé une imagination délicate, mais son écriture était d'une subtilité étroite; il s'interdisait non seulement tout hasard, mais toute abréviation. Tel morceau remarquable, le Petit parc à moutons [Henriet. 48] étaituntour de force depatience. Quelques pages exceptionnelles, la Mare aux cerfs [H. 45] ou Y Orage [H. 46] (1845) annonçaient seules un peu de liberté. Le Cahier de 1851 marqua une métamorphose véritable (fig. 156). La pointe avait couru sur la planche. L’effet surgissait par suggestion. Il y avait un bonheur de notation explétive, une vivacité joyeuse et subite. L q Lever de soleil [H. 61], les Chevaux de hàlage [H. 62], les Charettes de roulage [H. 70], les Vaches au marais [H. 76], la Plage de Villerville [H. 80], parmi d'autres pièces aussi belles, étaient de frais et sûrs instantanés.

Daubigny, dans les années suivantes, accentua ces tendances. Après les amusants croquis du Voyage en bateau (1862) dans lequel il narrait sa vie sur l’Oise, le Grand parc à moutons en 1863 [H. 86], les Vendanges en 1865 [H. 107] furent de vastes compositions fixées à grands traits presque frustes, le cuivre mordu sans ménagement, et Y Arbre aux corbeaux [H. 110] en 1867 fut une improvisation puissante et impatiente.

1 Saint Jérome [H. 10] dans l’Artiste, 1840 ; Environs de Choisy-le-Roi [H. 22] dans les Beaux- Arts, 1843.

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