SUCCÈS DE L’EAU-FORTE
les artistes qui gravaient eux-mêmes et ceux qui avaient pour l’eau-forte (le la sympathie, les illustres et les jeunes1. Par ses soins étaient publiés de 1863 à 1867 cinq albums, véritables monuments de l’eau-forte, auxquels Bracquemond, Daubigny, Jacquemart, Manet, Ribot collaborèrent par des pages capitales, près de Legros, de Fantin, de Jongkind ou de Seymour Haden. Quand cette publication fut interrompue, Y Illustration nouvelle lui succéda, qui parut de 1868 à 1880 et qui eut aussi des collaborations de premier ordre. De plus, à partir de 1874, Cadart édita un album annuel, Y Eau-forte en 187... Dans un esprit différent, Paris à V eauforte , revue littéraire, qui débuta en 1873 s’illustrait presque exclusivement par le procédé à la mode..
Cependant la Gazette des Beaux-Arts soutenait la cause des aquafortistes par l’hospitalité qu’elle leur offrait et par des articles de combat dont les meilleurs et les plus nombreux appartiennent à Philippe Burty. Esprit d’une extrême finesse et d’une clairvoyance presciente, Burty cataloguait dès 1863 l’œuvre de Méryon. Les préfaces qu’il donna à Y Eau-forte en 1874 et à Y Eau-forte en 1873 sont des morceaux achevés de critique et d’histoire.
Enfin, en 1866, Maxime Lalanne publiait un remarquable Traité de la gravure à ï eau-forte .
Un concours si favorable, permit aux artistes de se produire. 11 encouragea les vocations. Il attira vers l’eau-forte des maîtres qui y seraient demeurés étrangers. Des peintres, des sculpteurs sollicités par un éditeur ou une Revue se firent, pour un jour, aquafortistes. A leur tour les amateurs s’enhardirent; Jules de Concourt lit preuve d’un talent délicat.
Le nombre des artistes qu’elle avait attirés à elle devait rendre l’évolution de l’eau-forte plus complexe. Aucun de ces concours n’était négligeable absolument, et quelques maîtres ont eu, en passant, par quelques rares morceaux, une intluence-qui a manqué à de féconds professionnels. L’autorité du génie s’impose : on ne saurait oublier M. Rodin qui a gravé une demi-douzaine de pointes sèches et l’on omettra, sans dommage, tel
1 La liste des membres de la Société des aquafortistes en 1865 se trouve à la page 18 du catalogue de Cadart broché à la suite du Traité de la gravure à l’eau-forte de Lalanne. On y relève, par ordre alphabétique, les noms d’Appian, Bonvin, Boudin, Bracquemond, Brunet- Debaisnes, Chaplin, Chaigneau, Chifïlart, Corot, Courbet, Chauvel, Cham, Daubigny, Daumier, Desbrosses, Gustave Doré, Dufeu, Delatrc, Edwards, Fantin, Feyen-Perrin, Flameng. Gavarni, les Concourt, Gaucherel, Gérôme, Gigoux, A. Guérard, Gudin. Haden. Hédouin, Hervier. Jules Héreau, Paul Huet, Jacquemart, Jeanron, Jongkind, Lalanne, Lepic, Jules Laurens, Legros, Manet, Mcryon, Moyse, Puvis de Chavannes, Pissaro, Queyroy, Roybet, Rops. Ribot , Ridley, Rousseau, Stevens. Sellier. Saint-Marcel, Taiée, Yalerio, Yevrassat, Ziem, Whistleiy etc.