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L’ILLUSTRATION FRANÇAISE DU LIVRE

I. Décadence au début du'xix® siècle. La lithographie. — II. La transformation du bois. Les vignettes romantiques. — III. Le bois d'interprétation. — IVr. L’eau-forte. Y. La rénovation du bois et l’illustration contemporaine.

I. — Les débuts clu xixe siècle furent pour l’illustration du livre une période déplorable. La réforme davidienne avait été funeste. On avait perdu le sens de la richesse et de la décoration. Les vignettistes qui, formés avant la réaction, continuaient à produire semblèrent, en changeant de manière, avoir perdu leur talent ; quand ils s’éteignirent, ils ne trouvèrent pas de successeurs. Parmi les illustrateurs de ce temps on peut citer à peine le nom de Deseine. Ce n’est pas qu’on eût renoncé à publier de beaux livres. Mais Didot, lorsqu’il imprime son Racine (1801) ou Paul et Virginie (1806), a beau faire appel au concours des plus grands artistes, Gérard, Girodet, Prudhon ou Chaudet, le système esthétique régnant condamne leurs efforts à une froideur morne. Seules les vignettes de Prudhon, gravées par Roger ou Copia pour Daphnis et Chloé (an VIII-1800), Phrosine et Mélidor (1798), la Tribu indienne (an VII), la Nouvelle Héloïse ou YAminta du Tasse (1800), ont le don exquis de plaire. De plus, sous l’influence de l’Angleterre, la mode se répand des gravures sur acier ; plus résistantes pour un grand tirage elles ont une froideur grise, une correction sèche que l’on prend pour de la beauté ou du style.

La diffusion de la lithographie provoque le premier effort de renouvellement. On ne demande pas seulement au procédé nouveau des images plus rapides et moins coûteuses, on exploite les extraordinaires facilités qu’il présente pour tenter des illustrations d’un format auquel le cui\Te se serait mal prêté. La f ie de Napoléon d’Arnault, en 1822, est accompagnée d’un nombre prodigieux de lithographies in-folio et parmi

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