ITALIE. RENAISSANCE ET TEMPS MODERNES
Y. — Dès Ja fin du xiv° siècle, on cite à Florence le graveur Bern. Perruzzi. Les Italiens collectionnèrent des gemmes antiques. Paul II, Laurent de Médicis reunirent des dactyliothèques célèbres. Des artistes gravèrent parfois des sujets chrétiens, le plus souvent des sujets antiques. Il est possible que Donatello ait gravé. Les graveurs les plus réputés furent Domenico Compagni de Milan qui lit un portrait de Ludovic le More, Giovanni delle Corniole auteur d'une efûgie de Savonarole. Valerio Yicentini passa pour le maître le plus habile de son temps. Pier Maria de Pescia composa une intaille magnifique à laquelle l'admiration générale attribua le titre, d'ailleurs tout arbitraire, de cachet de Michel-Ange. Souvent les graveurs consacrèrent leur talent à retoucher les gemmes antiques pour les mettre au goût du jour ; parfois aussi ils crurent en relever le mérite en y ajoutant des signatures imaginaires et inaugurèrent une série de faux qui rendent fort ardue l'étude de la glyptique. Tous, ils conçurent à l'égard des modèles grecs et romains une admiration excessive, puisqu'elle les découragea des efforts originaux et les inclina au pastiche. La Renaissance, qui aurait dû donner à l'intaille un plein essor, aboutit ainsi au plus affligeant des résultats. Désormais et jusqu'à nos jours, il y aura des praticiens habiles, mais, sauf des exceptions toutà fait extraordinaires, il ne se produira que des imitations ou des contrefaçons de l'antique.
A la suite des guerres d'Italie, des graveurs italiens vinrent en France. Matteo del Nazarro fit le buste de François Ier (fi g. 174) ; il eut des élèves français auxquels il communiqua sa technique. On cite, sous Charles IX, Olivier Codoré, Julien de Fontenay et l'illustre médailleur Guillaume Dupré, qui grava sur pierre fine dans sa jeunesse.
VI. — La tradition de l'intaille, vivante encore sous Henri IY, s'éteignit sous Louis XIII. Gaston d’Orléans constitua une magnifique collection et Louis X1Y collectionna, à son tour, les gemmes. Le Cabinet des Médailles réunit aux médailles et monnaies, des camées et des intailles, mais il n'y avait plus d'artiste en France.
Au xvnie siècle se présente un artiste exceptionnel, le seul, peut-être, qui ait conquis la gloire comme graveur en pierres fines, un des rares que n'ait pas obsédés l'art ancien. C’est Jacques Guay (1711- après 1793). Jacques Guay, portraitiste, auteur de groupes allégoriques, de sujets mythologiques, s'apparente par ses tendances, par la facilité aimable, l'élégance de son génie aux meilleurs sculpteurs de son temps. Protégé par Mme de Pompadour qui grava à l'eau-forte d'après ses intailles, son
l’époque contemporaine
œuvre ne s’est pas dispersé et triomphe au Cabinet des Médailles (fig. 174).
Les praticiens habiles qui vécurent, à ce moment, en Italie ou en Allemagne, même les plus réputés d’entre eux, comme les Pichler de Naples, ne témoignèrent que de l’adresse et furent parfois des faussaires.
VIL — L’époque contemporaine nous réserve peu de joie. Les Simon ou Jeufïroy qui gravèrent en France, Calandrelli et Girometti, dont des œuvres furent remarquées à l’Exposition Universelle de 1855, méritent une mention historique, mais n’ont rien laissé de durable. Les règlements de l’École des Beaux-Arts, en unissant la gravure en pierres fines à la gravure en médailles, n ont pas eu l’heureuse influence qu’on en avait espéré. Nos usages modernes sont, de moins en moins, favorables à l’usage des cachets, et, si la camée a participé, de notre temps, à la résurrection des autres arts mineurs, l’intaillë n’en a guère bénéficié. Cette décadence, pour ancienne qu’elle soit, n’est peut-être pas irrémédiable. Les ressources de la mécanique moderne permettent d’abréger et de rendre moins coûteux le travail ingrat de la pierre. Les bijoux où M. Lalique enchâsse des plaques de cristal gravées font prévoir une adaptation et une application à la parure contemporaine d’un art que recommandent une antiquité extrême, des chefs-d’œuvre glorieux et dans lequel peuvent s’allier la richesse de la matière et l’inspiration du génie.
BIBLIOGRAPHIE
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Leturcq. Notice sur Jacques Guay, in-8°, Paris, 1874.
BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE
Aucune reproduction, si parfaite soit-elle, ne peut dispenser de l’examen des originaux. L’éducation de l’œil ne peut s’effectuer que parla pratique des gravures originales.
— Il n’est guère de Bibliothèque ou de Musée de province qui ne possède quelques estampes. Tout au moins est-il possible de feuilleter des livres ou des revues illustrés.
— A Paris, toute recherche doit s effectuer au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale. On visitera aussi le Petit-Palais, le Musee Carnavalet, la Bibliothèque historique de la Ville, les expositions temporaires organisées au Musée du Luxembourg, etc. Les differents Salons annuels, les expositions collectives faites par des Sociétés d’artistes, les expositions d’artistes isoles permettent de se tenir au courant du mouvement contemporain.