LE MOYEN AGE
l’art, lis continuèrent à graver des cachets et leur influence s’étendit à l’Orient. Les Par'the s firent des intaiiies remarquables : une pierre célébré représente l’empereur Valérien fait prisonnier par Sapor.
Les Arabes, respectueux des préceptes de Mahomet, ne gravèrent sur leurs gemmes que des inscriptions, auxquelles ils mêlèrent parfois des fleurs. Chez eux, les superstitions antiques se développèrent sans mesure : on sait le rôle que jouent, dans leurs légendes, les anneaux pourvus de propriétés miraculeuses et la puissance invincible du sceau de Salomon.
En Occident, les invasions barbares avaient, dès le ve siècle, ruiné la glyptique : mais les Germains recueillirent avidement les gemmes antiques : ils s’en servirent comme de parure, en firent des talismans, ou les utilisèrent comme cachets. Bientôt on consacra des pierres en ex-voto dans des églises : les reliures des évangéliaires portèrent en cabochons, parmi d’autres pierres précieuses, des intailles et des camées. Jusqu’au xvie siècle, des intailles antiques servirent aux rois et aux seigneurs de sceaux ou de contre-sceaux. La vénération populaire s’attacha aux gemmes exposées dans les églises. Des traités arabes, juifs ou latins divulguèrent les propriétés imaginaires des pierres. L’évêque de Reims, Marbode lit, au xie siècle, un De géinmis. Ces croyances forment un des chapitres les plus curieux des aberrations de l’esprit humain.
Pendant longtemps on a cru que le moyen âge n’avait rien produit par lui-même, et on attribuait aux Byzantins toutes les pierres gravées qu’il était impossible de revendiquer pour l’antiquité. Des documents incontestables démontrent, au contraire, que dès l’époque carolingienne, on grava, avec succès, en Occident (fig. 174, au bas). On utilisa surtout le cristal de roche ; une pierre d’une grandeur et d’un intérêt exceptionnels représente, en une suite d’épisodes, l’Histoire de Suzanne; elle porte cette mention qu elle a été faite pour Lothaire 11 (855-869). Des portraits de princes, des crucifixions attestent la valeur des artistes du ixe et du xe siècle.
Le pillage de Constantinople, en 1204, déversa dans les trésors et sur les marchés d’Occident d’admirables intailles. L’activité des graveurs en redoubla. Pour toute cette période, il convient d’étudier non seulement les pierres qui nous ont été conservées, mais aussi les empreintes sigillaires qui témoignent de l’existence et du caractère d’originaux disparus.
Dans la seconde moitié du xive siècle, sous l’impulsion de Charles Y et de ses frères, l’art prenait un essor brillant, de beaux portraits gravés étaient produits : les troubles de la guerre de Cent ans interrompirent ce mouvement, et la France s’effaça devant l’Italie.