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Fig. 28. — Albert Durer. Pirkheimer (1524) [B. 106].
d’un sens décoratif remarquable. En feuilletant son œuvre gravé en bois, on rencontre plus d’une page de premier ordre, d’amusantes allégories des vertus et des vices [B. 48-62], les trois bons juifs, païens, chrétiens
HANS BURGMAIR
[B. 64-69] — thème déjà ancien — affublés tous du costume germanique, que revêtent aussi à l'occasion les héros de l'antiquité, des saintes d'une jolie facture, un magnifique Saint Georges [B. 23}. Maximilien lui commanda successivement sa Généalogie [B. 79] pour laquelle Burgmair dessina 77 estampes, les Saints et les saintes [B. 82] de sa famille, 119 dessins, les illustrations du Weiss Kanig [B. 80], 237 planches pour lesquelles Burgmair eut probablement des collaborateurs, mais dont il signa tout au moins 92 de son monogramme, enfin un Triomphe [B. 81] pour lequel furent encore tracés 133 dessins.
Malheureusement pour Burgmair et pour l'art, Maximilien s'était avisé trop tardivement du rôle de mécène. Il mourut avant l'achèvement du Weiss Knnig et du Char de Triomphe. Charles-Quint ne s'en soucia pas et c'est seulement à la fin du xviilc siècle que, les planches gravées ayant été retrouvées, les deux ouvrages furent publiés. Jusqu’à cette époque on ne les connut, le premier que par quelques épreuves d’essai, le second par trois exemplaires, dont l’un, après avoir appartenu à Mariette, est au Cabinet des Estampes. Or Burgmair qui avait, dans la Généalogie et dans les Saints , usé sa verve d’une façon assez vaine à varier les effigies légendaires, problématiques ou lointaines des ancêtres de son protecteur, a déployé dans le Weiss Knnig le talent le plus pittoresque, ordonnant avec clarté, dignité ou ampleur, babillant bien ses personnages, vraiment à son aise dans l’art officiel, et ses dessins ont été traduits par des artisans particulièrement habiles qui ont donné au bois une délicatesse, une richesse de nuances nouvelles (fi g. 29) . Le Char Triomphal a toute la magnificence d'un cortège d’apparat ordonné pour un prince puissant: les équipages des chasses, les musiciens, les bouffons, les quadrilles interminables de chevaliers armés pour un tournoi, les délégués des pays vaincus, les porte-étendards des provinces se succèdent, lassant par leur nombre et leur splendeur, l'admiration du' spectateur, mais non pas la verve de l’artiste qui les a dessinés avec une même sûreté. Les 17 artisans graveurs dont les marques ou signatures ont été retrouvées au dos des planches originales, ne méritent pas un moindre éloge pour la beauté de leur travail.
Y. Au moment où s'exécutèrent ces chefs-d'œuvre, Holhein encore tout jeune venait de dessiner un encadrement de titre (1316) et une marque (1517) pour les Froben h
1 En 1532, Holbcin dessinait pour La Cité de Dieu de saint Augustin un frontispice d'une
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