INFLUENCE DE DURER
fut placé par ses contemporains au rang où la postérité l’a maintenu. Ses œuvres, copiées en Italie, en Allemagne, admirées par tous ceux qui manient un burin, même par ceux dont le goût est le plus opposé aux tendances germaniques, ont une portée classique et universelle.
IV. — Nous avons, tout à l'heure, fait allusion aux travaux commandés par Maximilien. Celui-ci voulut laisser à la postérité par les vers, la prose, par l'image, le souvenir d'un règne fort long, mais assez vide. Pour lui complaire, A. Dürer. dessina une gigantesque composition allégorique Y Arc triomphal , qui, gravée sur bois en 92 planches, constituait un ensemble de 3m,40 sur 2m,42. L’empereur et sa famille, les vertus du prince, les événements historiques de son règne s’y trouvaient figurés. Puis, sur un texte élaboré par Pirkheimer, A. Dürer dessina un Char triornphalopxi fut gravé en bois, en 1522, sans doute, par un des meilleurs artisans du temps, Jérôme Resch. Pour représenter Maximilien sur un char splendide traîné par des chevaux aux harnachements luxueux, pour figurer les vertus dont la liste fort longue avait été dressée par son ami, Dürer a déployé une imagination, une fantaisie, un sens décoratif exquis.
L'empereur cependant se croyait poète. Il composa, aidé de son secrétaire, un poème allégorique où il célébrait son propre mérite. Ce poème, le Theuerdanck, fut imprimé avec un soin typographique extrême et illustré de gravures en bois dessinées par Hans Schaüflein. Hans Schaüflein, ami et disciple de Dürer, était un artiste médiocre, très inégal et fort fécond. Il avait illustré plusieurs ouvrages religieux, composé des scènes de l'Ancien, du Nouveau Testament, de l'Apocalypse, propres surtout à faire ressortir le mérite de Dürer ; il n'était intéressant que lorsqu'ilreproduisait les personnages et costumes de son temps, ce qu’il faisait avec fidélité, sinon finesse. C'est le mérite qui recommande une suite : les Danseurs des noces [B. 103]. Dans le Theuerdanck , ses dessins, qui furent exécutés sur bois sans grand soin, offrent de naïfs paysages montueux de l'Allemagne du Sud, des scènes de cour, de tournois, de guerre, de duels, surtout des chasses de toutes sortes — c'était là, on le sait, la passion favorite de Maximilien. Tout cela, en somme, bien pauvre, sauf dans les exemplaires enluminés et dorés.
L’empereur rencontra un interprète d’autre envergure, lorsqu'il s'adressa à Burgmair pou r illustrer un ouvrage en prose: Der weiss Kunig, consacré encore à son inépuisable mérite. Burgmair, né à Augsbourgen 1473 et par