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LA DÉCADENCE

fois plus larges que hautes, coupe dont il sait tirer de très heureux partis, ainsi : la Décollation de saint Jean- Baptiste [B. 26]. 11 atteint souvent une clarté toute française. Illustrateur, il montre un talent pratique et simple ; quand il dessine des bois pour une Bible [B. 1], il leur garde l'aspect traditionnel et fruste; pour les Métamorphoses d' Ovide [B. 7], au contraire, destinées à un tout autre public, il veut des dessins plus finis, capables de plaire à des humanistes et ne dédaigne pas de les copier du lyonnais Bernard Salomon.

Jobst Ammann, de Zurich, qui vécut lui aussi à Nuremberg (1539- 1591), est loin d'avoir la même valeur artistique, mais c’est un inépuisable vignettiste et, si son talent italianisant offre peu d’intérêt, il a l'heur de porter les documents les plus précis et les plus variés sur la société de son temps. Sa virtuosité technique s'atteste par les entreprises énormes qu'il sut assumer. Il grava à l’eau-forte une suite de 80 princes de Bavière [B. 9], suite fort médiocre, sans aucun doute, mais qui témoigne de l'aisance qu’avait à ce moment acquise le métier. Il dessina pour le bois, avec plus de bonheur, une immense allégorie du commerce [B. 25]. Il survit par ses métiers [B. 8] et ses costumes [B. 6 et 7]. Tobias Stimmer (1534-1582), peintre et verrier, fit exécuter sur bois des dessins auxquels il avait donné, à défaut d'accent, une manière large et dont l’interprétation prouvait chez les praticiens des tendances de simplification et une sûreté remarquables.

Nulle période en apparence plus favorable pour la gravure allemande que la fin du xvie siècle. Les artistes disposaient d’un métier facile et varié : les événements se succédaient, passionnant la curiosité : guerres de Charles-Quint et de Philippe II, guerres de religion en France et dans les Pays-Bas et, par delà les mers, le monde agrandi, l'établissement des Européens en Amérique et dans les Indes. Malheureusement, d’une si riche matière l’on tira peu de profit, soit que le génie germanique fût épuisé, soit que l’intérêt des scènes représentées dispensât le public d’autres exigences. De grandes entreprises de librairie, comme Les villes du monde publiées à partir de 1572 par l’éditeur Lebrun, de Cologne, avec des planches au burin de François Hogenberg, les Guerres civiles gravées par ce même Hogenberg de 1559 à 1593, n’ont pas une autre valeur que n’en offrent nos revues illustrées. On ne trouvera pas d'autre mérite à la publication colossale des Grands et Petits voyages , commencée par Théodore de Bry (1528-1598), flamand établi à Francfort et poursuivie, avec des milliers de planches, jusqu'au cœur du xviT siècle. Plus intéres-

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