CHAPITRE IV
FLANDRES ET PAYS-BAS JUSQU’A LA FIN DU XVIIe SIÈCLE
J. Le Maître de 1480. — II. Lucas de Leyde. — III. Les praticiens. Goltzius. — IV. Les Flandres. Le burin. Les graveurs de Rubens. — V. L’eau-forte : Van Dyck. — VI. La Hollande. Le burin; Suyderhoef. Visscher. — VIL L’eau forte. Les paysagistes. Les animaliers. Les graveurs de marine. Le genre. — VIII. Rembrandt.
I. A l’heure où la gravure allemande inclinait vers une profonde décadence, dans les Flandres et les Pays-Bas, la gravure, riche déjà d’un passé glorieux, se préparait aux destinées les plus brillantes et les plus géniales. L’histoire de la gravure flamande et néerlandaise se dégage plus tardivement encore que celle de l’Allemagne des ténèbres où tâtonnent les érudits. Il est infiniment probable que les xylographies, ou du moins la plupart d’entre elles, sont d’origine néerlandaise, mais le fait n’est pas démontré. Les graveurs de Bocholt (Israël von Meckenen et Franz von Bocholt) peuvent être considérés comme Néerlandais. Le Maître du jardin d’amour , qui traduit par un métier âpre une civilisation raffinée, peut être revendiqué par Ja Bourgogne comme parles Flandres. En somme, le premier maître dont nous soyons assurés est Lucas de Leyde et celuici nous porte aux premières années du xvie siècle. Avant lui aucun jalon positif.
Un consentement unanime revendiquait jadis pour les Pays-Bas un artiste charmant dont les œuvres rarissimes ne se rencontrent qu’exceptionnellement dans les collections, sauf dans celles d’Amsterdam et que Fon dénomme pour cela le Maître du cabinet d’ Amsterdam , ou encore, sans raison bien établie, le Maître de 1480. Mais aujourd’hui Fon incline à chercher la patrie de cet artiste sur les bords du Rhin ou en Souabe, et Fon a même proposé de l’identifier avec Holbein l’Ancien. Comment expliquer cependant, s’il vécut en Allemagne, que le Maître de 1480